août 18, 2022

Le Transporteur III – Increvable

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Titre Original : Transporter 3

De : Olivier Megaton

Avec Jason Statham, Natalya Rudakova, Robert Knepper, François Berléand

Année : 2008

Pays : Angleterre, France

Genre : Action

Résumé :

Parce qu’il est le spécialiste incontesté des livraisons à haut risque, Frank Martin se voit contraint, sous la menace, de transporter deux sacs imposants et une jeune Ukrainienne depuis Marseille jusqu’à Odessa. Que contiennent les sacs ? Qui est cette fille? Pourquoi doit-il l’accompagner ? Quels enjeux se cachent derrière cette livraison ? Frank ne sait pas grand-chose, et surtout pas comment il va sortir de ce piège tendu par un adversaire bien plus redoutable que les précédents…

Avis :

Les journalistes sont devenus durs avec Luc Besson. Voilà ce que l’on peut lire ou entendre dans certains reportages sur le réalisateur devenu depuis longtemps producteur pour les films d’action français avec des acteurs étrangers. Seulement voilà, il faut savoir que Luc Besson a un peu cherché cette haine depuis qu’il ne fait plus du cinéma, mais de l’argent. En effet, on peut constater une facilité hallucinante à enchainer les films d’action aux scénarios similaires et à en plus faire des suites sur les métrages qui fonctionnent en salles. Si Taken en est l’exemple le plus flagrant aujourd’hui, il ne faut pas oublier qu’avant les années 2010, une autre trilogie avait surpris tout le monde, Le Transporteur. Car si le premier était plutôt sympathique, la suite est beaucoup moins reluisante.

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Faisant toujours son métier de transporteur à haut risque, Franck Martin va voir sa maison détruite par un chauffard. A l’intérieur de la voiture, un transporteur qu’il connait et une jeune femme. Il est alors piégé par un étranger avec un bracelet explosif et il doit apporter la jeune femme et deux colis à Budapest. Sur la route, il va rencontrer quelques ennemis et comprendre que le piège se referme sur lui et qu’à la fin de la livraison, il risque fort de mourir. Et derrière ce transport se cache un complot visant un ministre à accepter de signer pour l’abordage de huit bateaux contenant des déchets toxiques.

Après le méchant qui nage dans le trafic d’humains et le dangereux terroriste qui veut faire chanter un riche père de famille, Franck Martin se retrouve confronté à un home plus redoutable, plus malin et avec une technologie plus avancée. Après un premier volet assez sympathique qui trouvait un bon équilibre entre humour et action, le deuxième volet avait de quoi décevoir, partant complètement en vrille, avec des CGI désuets et surtout des moments complètement exagérés qui n’arrivait pas à rendre le film crédible et plaisant. D’autant plus que les touches d’humour étaient assez incongrues, rompant un équilibre déjà très fragile. Qu’en est-il de ce troisième opus ?

C’est un peu la même chose que pour le volet précédent. A une distinction près, le film recèle beaucoup moins d’humour et se veut un peu plus réaliste. Du moins dans la volonté d’Olivier Megaton, sortant d’une pléiade de courts-métrages, de spots publicitaires et d’un thriller à la faible réputation, La Sirène Rouge. Parce que dans les faits, le film est loin d’être réaliste et comprend son lot de scènes complètement bordéliques et improbables, en atteste le final dans le train avec la voiture qui arrive sur le toit d’un wagon en marche. Si cela aurait pu marcher sur un film qui s’assumait, il faut dire que là, c’est un peu la douche froide et le réalisateur se laisse aller pour u spectaculaire en oubliant finalement le divertissement. Certes, c’est costaud, mais cela ne colle pas à l’image sérieuse que veut insuffler le cinéaste.

D’autant plus que les touches d’humour sont une fois de plus en trop, représentées par Tarconi (François Berléand que l’on sent fatigué par ce film) qui en fait des caisses, avec des piques mal placées ou complètement à côté de la plaque. Il est question d’un équilibre que le réalisateur ne trouve jamais, oscillant entre un réalisme voulu pour plus de dramatisation et un aspect décalé qui tranche trop avec la première volonté d’Olivier Megaton. Et bizarrement, c’est avec ce film que l’on va réévaluer le deuxième métrage, qui laissait trop ce sentiment de « what the fuck », mais qui s’assumait pleinement, contrairement au dernier film de la trilogie.

Alors bien évidemment, le film contient tout de même son lot de bons moments, notamment dans les combats, où Jason Statham brille par son physique impressionnant et les chorégraphies de Corey Yuen sont plutôt sympathiques, bien qu’elles manquent encore d’idées contrairement au premier film. On regrettera surtout la réalisation de Megaton dans ces moments-là. En effet, si Louis Leterrier avait l’œil pour filmer ces passages, Megaton use et abuse d’effets clipesques, de shaky cam et de coupures incongrues, laissant libre cours aux moindres faux raccords. Et il en est de même pour les intermèdes entre deux scènes, montrant deux ou trois paysages en vitesse accélérée sur une musique électro imbuvable.

Mais quoi qu’on en dise, le film reste tout de même agréable, notamment grâce à ses enjeux dramatiques, mais aussi et surtout sur le changement de tempérament du héros. Enfin, il lève le rideau sur ses émotions et se met en danger en acceptant l’amour. Il affiche ainsi ses faiblesses et devient moins le monstre indestructible qui n’a rien à perdre. Bon, Megaton compare le film à Die Hard, on en est à des années-lumière mais le principe du héros qui devient un peu plus humain est plutôt agréable et bien vu.

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Au final, Le Transporteur III n’est ni bon, ni mauvais, mais il correspond bien à l’image de cinéma fast-food que produit Luc Besson chaque année. Privilégiant le sérieux à l’ubuesque, mais en gardant une touche humoristique incongrue, le film perd de sa vitalité et marche sur un équilibre de plus n plus précaire. Pas désagréable car divertissant, il reste tout de même un film mineur qui a la chance d’avoir Jason Statham, brillant d’une aura salvatrice et sauvant le film d’une catastrophe annoncée.

Note : 11/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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