octobre 27, 2020

L’Horloger de Saint Paul

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De: Bertrand Tavernier

Avec Philippe Noiret, Jean Rochefort, Jacques Denis, Julien Bertheau

Année: 1974

Pays: France

Genre: Drame

Résumé:

Abandonné par sa femme, Michel Descombes, horloger à Lyon, élève seul son fils, Bernard. Un jour, la police vient faire une perquisition à son domicile. Surpris, le père apprend que son fils est en fuite avec sa compagne car il a tué un des gardiens d’une usine. Michel se rend alors à l’évidence, il ne connaît pas vraiment Bernard. Lorsque ce dernier se fait arrêter, Mr Descombes met tout en œuvre pour créer une véritable relation avec lui.

Avis:

Bertrand Tavernier, c’est plus de cinquante ans d’une carrière très riche avec plus d’une trentaine de longs-métrages. Si je connais bien les films qu’il a réalisés depuis les années 2000, je n’avais encore jamais été faire un tour du côté de ses premiers. Et c’est d’autant plus lamentable de ma part, car en jetant un coup d’œil à sa filmographie, le réalisateur a de sacrés titres qui pour certains sont même de véritables classiques du cinéma français. J’ai donc décidé de m’arrêter sur « L’Horloger de Saint-Paul« .

Sorti en 1974, « L’Horloger de Saint-Paul » est le troisième film du réalisateur, mais aussi son premier qu’il réalise tout seul. C’est le film qui lança en grande partie la carrière de Jean Rochefort. L’acteur le considère même comme le film qui changea son regard et son jeu face à la caméra. Très beau succès en salle à l’époque, « L’Horloger de Saint-Paul » est un film très intéressant à découvrir encore aujourd’hui. Et même si le personnage joué par Philippe Noiret m’a quelque peu agacé par son émotion, je reste ravi d’avoir découvert ce film, devant lequel j’ai passé un bon moment.

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Michel Descombes élève son fils unique seul. Horloger aimé de Lyon, il mène une vie sans histoire. Mais un matin, il voit la police débarquer chez lui. Ils lui demandent de les suivre sans faire d’histoires, chose que Michel fait. Surpris, il ne va pas tarder à apprendre que son fils est en fuite et qu’il a tué un homme. C’est avec désarrois que Michel se rend compte qu’il ne connaît pas vraiment son fils. D’un coup, alors qu’il était un homme sans histoire, Michel se retrouve sous le feu des projecteurs. Espérant revoir son fils et peut être comprendre son geste, il va devoir faire face à la pression des journalistes et aux jugements des habitants. L’histoire va prendre de l’ampleur et Michel devra réagir en conséquence.

« L’Horloger de Saint-Paul » fut un petit plaisir à découvrir, ainsi qu’une surprise. À la lecture du synopsis, je m’attendais à une enquête et « L’Horloger de Saint-Paul » s’est révélé être un film qui parle et analyse les rapports entre un père et son fils. Je trouve que le crime qu’a commis le fils de Philippe Noiret est ici un prétexte à l’histoire, comme pour son réalisateur pour nous toucher avec ce père qui va se rendre compte que son fils est presque devenu un parfait inconnu.

L’histoire est belle, très simple et touchante, car elle peut arriver à n’importe qui, et on peut facilement se projeter dans l’incompréhension de ce père de famille. J’ai beaucoup aimé comment elle fait se rapprocher petit à petit les deux personnages. C’est tout en finesse et en subtilité que le film avance, pour aller vers une dernière scène juste et sincère. Le seul petit souci que j’ai à la découverte de ce film, c’est, surtout au début, les réactions quasi-inexistantes de ce père. Quand on lui demande de suivre la police, quand on lui annonce que son fils a tué quelqu’un, ou encore les premiers temps, quand ce dernier est en cavale, j’ai trouvé qu’il ne se passe rien en cet homme. Ses réactions, ou le manque de réaction, m’ont laissé perplexe au départ et j’ai eu un peu de mal à entrer dedans à cause de ça, car du coup, j’y trouvais un manque de crédibilité, un peu comme si le personnage était éteint. À la rigueur, pendant un bon moment, on a l’impression que c’est le flic, joué par Jean Rochefort, qui est plus touché et ému par le meurtre improbable de ce garçon sans histoire. L’inspecteur cherche à comprendre le pourquoi de ce meurtre. C’est son métier, vous allez me dire, mais on a vraiment l’impression que ça va plus loin et c’est ce que j’attendais de ce père. Mais l’amour finalement incontestable de ce père reprend le dessus et c’est avec quelques maladresses, voulues pour certaines, que le film m’a finalement touché. Alors bien sûr, il faut remettre le film dans son époque, avec ses mentalités, qui sont loin d’être aussi expressives qu’aujourd’hui, et même si après réflexion, je comprends très bien le portrait de ce père et que je le trouve très beau, il n’en reste pas moins qu’au départ, ça m’a dérangé.

Autre côté très plaisant au film, comme l’intrigue se déroule à Lyon ou ses alentours, j’ai trouvé très sympa de découvrir le charme du Lyon des années 70. La caméra de Bertrand Tavernier se pose un peu comme le témoin d’une époque et d’un charme. Et comme Tavernier jouit déjà d’un très beau talent de metteur en scène, ce sera d’autant plus plaisant, car c’est très joliment filmé avec de beaux plans bien construits.

Le film est tenu par deux excellents acteurs, Philippe Noiret et Jean Rochefort. Comme vous l’aurez compris, malgré une présence éclatante, j’ai eu un peu de mal à accrocher avec le personnage de Philippe Noiret au début, mais le charme, et surtout la subtilité du comédien, a peu à peu eu raison de mes aprioris de départ. Quant à Jean Rochefort, il est comme toujours, excellentissime.

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Pour son premier film, Bertrand Tavernier a donc réalisé un bon premier essai. Si on peut trouver le rythme lent, ou encore avoir quelques petits soucis avec certains personnages, au final, le film trouve son charme, et son histoire séduit et nous fait passer un bon moment. Même si je ne l’ai pas autant aimé que je l’aurais voulu, je reste très content de l’avoir découvert, car « L’Horloger de Saint-Paul » est un bon et beau film.

Note: 14/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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