octobre 28, 2020

Gosford Park

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De : Robert Altman

Avec Maggie Smith, Kelly MacDonald, Michael Gambon, Kristin Scott Thomas

Année: 2001

Pays: Angleterre, Etats-Unis, Italie

Genre: Policier

Résumé:

Au début des années trente, dans une Angleterre fortement marquée par les inégalités de classe, une famille d’aristocrates avec à sa tête la maîtresse de maison, Lady Sylvia McCordle, organise une partie de chasse au cours de laquelle son mari Sir William McCordle est retrouvé poignardé. Cet assassinat va bouleverser l’ordre établi et révéler la complexité des liens entre les maîtres et leurs serviteurs. L’inspecteur Thompson mène l’enquête.

Avis :

Pendant très longtemps, le cinéma de Robert Altman a été synonyme pour moi d’ennui. Alors que d’ordinaire, je suis de nature à ne jamais faire de conclusions trop hâtives, le seul film que j’avais vu d’Altman m’avait fermé les portes de son cinéma pendant une bonne dizaine d’années. Et il aura fallu l’envie de découvrir des rôles moins connus de Kenneth Branagh pour je découvre « The Gingerbread Man« , un petit thriller signé Altman et sorti en 1998. Sans que ce soit un film exceptionnel, « The Gingerbread Man » m’a fait découvrir un autre aspect de la filmographie du réalisateur américain et c’est ainsi qu’il m’a donné envie de me lancer dans les quelques films que j’ai de lui chez moi.

Cela faisait un petit bout de temps que « Gosford Park » me titillait l’œil, faut dire que le film avait des arguments de choc. À commercer par ce style britannique que j’affectionne tant. Un style qui me rappelle la très chic série « Downton Abbey« . « Gosford Park » sera un peu comme si « Downton Abbey » avait croisé « Cluedo« , le tout dans une ambiance très bon chic bon genre. Robert Altman nous emmène partout dans cette grande demeure, présentant parfaitement chaque condition et tout le monde sera suspect, dans ce tableau presque parfait de cette vieille Angleterre.

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Une immense demeure, un weekend de chasse qui s’annonce passionnant. Des invités tous plus prestigieux les uns que les autres. Des soirées mondaines où la bienséance cache en réalité les commérages les plus extravagants. Puis dans l’ombre, les gens de maison qui s’affairent pour que tout se passe au mieux. Une soirée quelque peu agitée, des réflexions faites au dîner. Un des convives qui joue au piano pour détendre quelque peu l’atmosphère et soudain un hurlement. Le maître de maison est retrouvé mort dans la bibliothèque… Le weekend tourne au drame et tout le monde ou presque est suspect.

C’est avec beaucoup de précision que le réalisateur de « Short Cut » va nous faire arpenter les couloirs de cette grande demeure qu’on pourrait très facilement comparer à une fourmilière, tant elle grouille de personnages. Si au départ, on peut se sentir perdu, tant il y a du monde dans cette maison et que chacun s’affaire à la tâche qu’il lui est dédié, très vite, avec la maîtrise de Robert Altman, on va prendre nos marques, nos repères et au bout d’une bonne demie heure, on sera vite comme chez nous dans ces longs couloirs, ou ces chambres et cette cuisine qui seront, en toute discrétion, les témoins de rumeurs les plus croustillantes.

Ce qui est terrible dans ce film, c’est tout le travail fourni par Robert Altman. Si on regarde bien son histoire, dans les grandes lignes, elle reste très basique, voire même banale. On peut la résumer à un weekend, une grande maison, des invités, un crime, un coupable… Et des films avec cette trame, plus ou moins bons, je pourrais en citer beaucoup. Mais là où naît la différence avec les autres, c’est dans l’ambition de montrer, de parler et de finalement critiquer ce mode de vie. Plus qu’une enquête sur un crime, qui arrive bien tard dans le film, c’est surtout de la lutte des classes et du quotidien que le réalisateur va nous parler. Peu à peu, il va peindre un tableau très amer et très amusant en même temps. Jouant en permanence sur le paraître, j’ai trouvé que le film était des plus intéressant et parfois même touchant. En particulier avec l’intrigue qui est faite autour du personnage d’Helen Mirren, qui m’a même ému, dans son rôle de la domestique parfaite. Le scénario est un petit bijou d’écriture. Les relations entre les personnages sont excellentes. Que ce soit entre les employeurs et leurs gens, parfois assez ambigus, comme celle entre Maggie Smith et Kelly Macdonald. La langue de bois est la reine-mère, l’opportunisme est plus que bienvenu, l’envie de l’autre présent à tout moment et les petites confrontations quel que soit la classe, sont toujours de rigueur. Avec autant de soins dans les détails et le tout emballé dans cette ambiance, « Gosford Park » mérite son Oscar du meilleur scénario cette année-là.

Si « Gosford Park » est aussi British, c’est aussi grâce avec cette incroyable casting on ne peut plus britannique. D’ailleurs, on a bien dû mal à se dire comment le réalisateur aurait pu faire plus anglais que celui-là. Au grès des couloirs, des salons, des chambres et de la cuisine, vous pourrez y croiser tout le gratin du cinéma anglais. Maggie Smith, Michael Gambon, Charles Dance, Kristin Scott Thomas, Eileen Atkins, Derek Jacobi, Helen Mirren , Emily Watson, Kelly Macdonald, Stephen Fry, Richard E. Grant, Tom Hollander, Clive Owen, et tant d’autres, ce casting est aussi parfait qu’interminable.

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Je suis très content d’avoir accepté cette invitation pour ce weekend de détente. Robert Altman a réussi à me captiver pendant tout son film, alors même qu’il ne s’y passe pas grand-chose, mais le portrait qu’il y peint, ses personnages et surtout cette mise en scène flamboyante m’ont vraiment fait passer un très bon moment dans cette Angleterre des années 30. Je ne pense pas que ce soit son meilleur film, mais pourtant, c’est le meilleur que j’ai vu de lui. Alors si l’Angleterre bourgeoise et les ambiances feutrées vous attirent, « Gosford Park » est fait pour vous.

Note : 15/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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