juin 21, 2024

Wolfenstein – The New Order

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Résumé :

 

L’Allemagne nazie a remporté la guerre et domine le monde. Le capitaine William « B.J. » Blazkowicz va donc joindre la résistance et tenter de renverser le régime en semant la chaos parmi les troupes ennemies.

 

Avis :

Les FPS prenant pied dans la Seconde Guerre mondiale ont connu un âge d’or désormais révolu. Concept largement exploité par des concurrents aux dents longues, il demeure néanmoins certaines exceptions qui persistent envers et contre tout. On pourrait reprocher à certaines d’entre elles d’arriver trop tard. Toutefois, lorsque le titre en question se nomme Wolfenstein, le précurseur du FPS, on est enclin à être plus ouvert, et ce, malgré un dernier volet très décrié. Cet opus intitulé The new order apporte-t-il une quelconque nouveauté ou se contente-t-il de ses acquis ?

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L’intrigue débute en 1946 et… la guerre est loin d’être terminée. Pire, les Allemands disposent d’une technologie qui leur confère un avantage non négligeable. Les prémices laissent poindre un énorme clin d’œil aux précédents jeux tout en posant les bases d’un scénario parfaitement assumé. Malgré un contexte historique présent, on s’en détache rapidement pour basculer dans la science-fiction, plus particulièrement dans une uchronie où les nazis ont réussi à imposer leur idéologie au monde entier. On se retrouve donc emporté au début des années 1960 pour tenter de changer le cours des événements.

En cela, on devine des inspirations flagrantes tout en les détournant avec une subtilité non moins évidente. Car, s’il est perclus de clichés bien appuyés sur le IIIe Reich, leurs expériences et leur goût immodéré pour l’ésotérisme, l’ensemble est parfaitement assumé. Toute la difficulté réside dans un dosage équilibré entre autodérision et traitement « sérieux » pour ne pas sombrer dans la parodie ou l’apologie des idéologies nazies. Force est de reconnaître que les équipes de Bethesda s’en sortent admirablement, et ce, grâce à une réalisation de premier ordre qui tend davantage vers le cinéma que l’industrie vidéoludique.

Si le jeu est un trait d’union entre l’ancienne et la nouvelle génération de consoles, il demeure inspiré à plus d’un titre. Le level design privilégie les architectures grandiloquentes en donnant vie aux fantasmes mégalomaniaques d’Hitler. Les projets et travaux d’Albert Speer sur des monuments titanesques, de cités de béton aseptisé, sont en première ligne de mire. On a également droit à des environnements plus sombres et crasseux, tels des tunnels, des égouts ou une version modernisée des camps de concentration. Chaque niveau est l’occasion de découvrir une facette différente de cet univers parallèle.

On a beau avoir pléthore de protagonistes et d’antagonistes caricaturaux, des tenants et des aboutissants prévisibles, l’alchimie fonctionne. Vous l’aurez compris, l’atmosphère travaillée permet de s’immerger sans heurt dans ce contexte délétère. Ce n’est pas pour autant qu’il faille en oublier le plaisir de jeu. De ce côté, le gameplay se montre efficace avec des mécaniques bien connues des amateurs de FPS tout en proposant une part d’infiltration. Ce dernier point peut faire l’objet d’une approche furtive dans la plupart des situations ; exception faite de certains passages où l’on demande de foncer dans le tas sans se poser de questions.

Toujours est-il que notre héros de guerre dispose d’une multitude de capacités déblocables via certaines actions exigées (ex : effectuer cinq attaques furtives pour débloquer le lancer de couteau). Pour en connaître la teneur, il convient d’explorer le menu afin de dénicher l’arborescence des aptitudes. Ainsi, le personnage évolue selon la façon de jouer. On peut très bien privilégier l’aspect « rentre-dedans » ou se montrer plus timoré en tentant des exécutions rapides et brutales au possible. Si cela reste plaisant, ce dernier point trahit trop facilement une intelligence artificielle peu poussée. Il suffit de s’accroupir et d’avancer avec nonchalance pour assassiner tout aussi tranquillement.

Car s’il est bien fichu et soigné, The new order n’en demeure pas moins un FPS très classique dans ces fondamentaux. Si l’on vous offre plusieurs chemins pour parvenir au même point, ce n’est que pour mieux découvrir des secrets, des items de santé ou des munitions. Pas forcément linéaire, la progression reste tout de même en vase clos avec énormément de couloirs et d’intérieurs à parcourir et des extérieurs finalement peu présents ou trop restreints. Ce n’est pas vraiment l’objectif premier du genre, mais un peu de liberté aurait permis d’apprécier pleinement le travail accompli sur cette réalité alternative.

En revanche, le titre prévaut par une durée de vie conséquente. Malgré son statut de FPS solo, l’aventure principale compte pas moins de 16 chapitres qui vous demanderont une petite quinzaine d’heures pour en venir à bout. À cela s’ajoute une seconde version (avec un autre personnage) et surtout des bonus en pagailles. Codes secrets, lettres de correspondance, trésors, artbooks, amélioration de santé… Chaque mission fait l’objet d’une recherche acharnée pour découvrir ce qu’il recèle, mais nous permet d’en apprendre plus sur le contexte via des articles de journaux disséminés dans le décor. Avec ses cinq niveaux de difficulté, des statistiques exhaustives sur vos exploits et votre manière de jouer au rang mondial ou entre amis, le contenu est des plus appréciables.

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S’il ne révolutionne en rien le domaine du FPS (ce dont on peut présager venant de la part d’un précurseur du genre), Wolfenstein – The new order se révèle efficace en dépit de mécaniques par trop classiques. On pourrait lui reprocher un manque d’ambitions sur le fond, il n’en demeure pas moins que le titre de Bethesda propose un univers uchronique saisissant tant il démontre sur bien des aspects ce que notre civilisation aurait pu devenir sous le joug du IIIe Reich. Entre un traitement décomplexé où les clichés sont parfaitement assumés (la trame, les protagonistes…) et une approche plus pragmatique des horreurs de la guerre (torture, pertes humaines…), The new order trouve un équilibre délicat. À l’instar des exécutions furtives ou d’un rentre-dedans de circonstance, il parvient à contenter deux types de public. Un épisode charnière entre deux générations de console soigné, même si peu surprenant.

Note : 15/20

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Par Dante

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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