décembre 7, 2021

Assassin’s Creed Tome 2 Brotherhood – Oliver Bowden

assassins creed

Auteur : Oliver Bowden

Editeur : Milady

Genre : Aventure

Résumé:

Ezio, légendaire Maître Assassin, mène un combat acharné contre le puissant Ordre des Templiers. Pour porter un coup fatal à l’ennemi, Ezio doit se rendre dans la plus grande ville d’Italie : Rome. Un lieu de pouvoir, d’avidité et de corruption. Pour triompher des tyrans corrompus qui s’y terrent, Ezio devra non seulement montrer qu’il est un puissant combattant, mais aussi un meneur d’hommes : une Confrérie entière sera placée sous ses ordres. Ce n’est qu’en travaillant ensemble que les Assassins vaincront leurs ennemis jurés.

Avis :

Le premier volet de la novellisation d’Assassin’ s Creed (qui reprenait la trame de l’épisode 2) s’était avéré honnête à plus d’un titre. À la fois fidèle au jeu vidéo (parfois un peu trop) et doté d’une ambiance respectueuse, Oliver Bowden nous offrait un roman divertissant et sans grande prétention si ce n’est de contenter le noyau d’irréductibles gamers qui ont pu explorer la saga en long, en large et en travers. Il paraissait donc inévitable qu’un second tome soit mis en chantier pour coïncider avec la sortie de Brotherhood en 2010. Un second volume qui, on l’espère, est aussi sympathique que son prédécesseur. Alors, un livre distrayant ou un coup de marketing qui s’essouffle au bout de seulement deux ouvrages ?

L’histoire débute exactement là où s’arrêtait Renaissance ; à savoir sur la découverte de la fameuse pomme et du combat avec le pape Alexandre VI dans la crypte de la chapelle Sixtine. Dès lors, l’entame se montre dynamique et immersive au possible avec une continuité sans heurt. Le scénario dispose de suffisamment d’intérêt pour justifier une nouvelle aventure au sein de l’Italie au temps de la Renaissance. En cela, Brotherhood n’étonnera guère les lecteurs/gamers qui ont pu s’essayer à son homologue vidéoludique. Des surprises absentes certes, mais là n’est pas le principal reproche que l’on incombera à ce second tome.

En effet, l’on remarquera que l’auteur continue à se montrer trop fidèle au matériau de base auquel il manque un travail d’adaptation pour obtenir une transition naturelle entre les deux supports culturels. On se souvient que le jeu vidéo proposait de créer sa guilde d’assassins via des recrutements, des formations et des missions à travers l’Europe. Au lieu de transformer cet aspect ou l’occulter s’il ne trouvait pas vraiment sa place au sein de l’intrigue, Oliver Bowden l’incorpore comme si on avait la manette en main. De fait, le rythme pâtit de ces passages qui ne peuvent être considérés comme des longueurs, mais plutôt comme des anachronismes ou des objets de curiosité.

D’ailleurs, les assassins susnommés se rapprochent davantage d’un décor de fonds plutôt que de personnages à part entière. Ils ne parlent pas, soutiennent aveuglément Ezio en lui obéissant comme des esclaves. Un traitement basique au possible que l’on retrouve dans l’amélioration et la rénovation de différents commerces. On nous inflige des sauts dans le temps inappropriés, ainsi que des ellipses qui cassent la progression. Pour se faire une image de la narration, imaginez une montagne russe avec ses fulgurances, le calme à son sommet et un grand frisson lorsque l’on dévale la pente suivante. L’ennui n’est pas de rigueur, mais l’on aurait aimé une tension plus homogène.

Le nombre de chapitres a été revu à la hausse (60 contre une vingtaine pour le précédent ouvrage), mais ils ne sont pas forcément bien équilibrés, tout comme la structure divisée en trois parties (très) inégales. Encore une fois, cela ne nuit pas au travail de fonds, mais un soin apporté sur ce plan aurait permis de mettre en valeur les qualités générales. Nous ne sommes pas en présence de grande littérature, mais l’environnement est suffisamment évocateur pour voyager dans le temps. Entre le faste du Vatican et les ruelles crasseuses de Rome, deux mondes s’opposent dans lesquels Ezio s’aventure et nous offre un aperçu peu glorieux de la Renaissance.

Autre point qui gagne en maturité : les protagonistes. Que vous soyez familier du jeu ou du premier tome, les personnages ont vieilli et se sont bonifiés avec le temps. Davantage réfléchi et pragmatique, il n’en demeure pas moins que les doutes subsistent sur les intentions des uns et la loyauté des autres. Une ambivalence qui n’est pas pour déplaire et permet des rebondissements opportuns et crédibles au sein de l’intrigue. Les rôles secondaires semblent également avoir pris plus d’importances (sauf les assassins recrutés) pour se faire une place aux côtés d’Ezio et de ses proches. En somme, une évolution mesurée et réaliste qui est sans nul doute l’atout principal de cet ouvrage.

Au final, Assassin’s Creed – Brotherhood se révèle d’une qualité similaire à son prédécesseur. Ni pire ni meilleur, on retrouve les mêmes errances qu’auparavant avec, en sus, de gros problèmes de fluidité au niveau de la structure narrative et un cruel manque d’initiative en regard du matériau de base. Toutefois, le récit se montre plaisant à plus d’un titre avec un lien évident entre l’histoire (avec quelques libertés) et le premier tome. On notera un travail tout particulier sur la caractérisation et des affrontements toujours aussi maîtrisés dans l’exercice du combat et de la plume. Perfectible, il n’en demeure pas moins une novellisation honnête et distrayante bien que basique.

Note : 12/20

Par Dante

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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