mai 25, 2024

Au Nom du Père

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Titre Original: In the Name of the Father

De : Jim Sheridan

Avec Daniel Day-Lewis, Pete Postlethwaite, Emma Thompson, Beatie Edney

Année: 1993

Pays: Irlande, Angleterre

Genre: Drame

Résumé:

En 1975, Gerry Conlon, jeune délinquant originaire de Belfast, est arrêté par la police londonienne qui l’accuse d’être l’instigateur des attentats terroristes à Guildford pour le compte de l’IRA. Sous la pression des policiers, Gerry signe des aveux fabriqués de toutes pièces qui non seulement le mettent en cause mais également Pau Hill son ami d’enfance, un couple d’amis hippies, ainsi que plusieurs membres de sa famille dont son propre père.

Avis:

Jim Sheridan est un grand réalisateur. Sa belle carrière ne compte que très peu de faux pas, de tous les films que j’ai vu de lui, seul « Dreamhouse » ne m’avait pas convaincu du tout. Les autres étant de très bons films. Jim Sheridan, c’est l’homme à qui l’on doit « In America » ou le remake réussi « Brothers » avec Jake Gyllenhaal et Natalie Portman. Mais de tous ceux que j’ai vu de lui, je trouve crois que je viens de voir son meilleur, celui que je préfère et que j’ai pris plaisir à découvrir, car « Au nom du père » est un film bouleversant et passionnant. un film d’une force émotionnelle rare, avec un sujet dur et sensible, un film remarquablement interprété aussi. Ce « Au nom du père » m’a bouleversé, mais pourquoi n’ai-je pas vu ce film plutôt ?

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1974, Belfast est à feu et à sang. Le conflit qui règne entre l’Angleterre et l’Irlande bat son plein. C’est dans ce chaos que vit Gerry Conlon, un jeune qui essaie de survivre tant bien que mal en volant à droit et à gauche.

Son père craint pour son avenir et décide de l’envoyer à Londres chez sa tante, pour lui offrir une nouvelle vie. Mais à Londres rien ne change vraiment et la vague d’attentats menée par l’IRA sur la capitale n’arrange pas les choses. Après une incartade avec un anglais, Gerry prend la décision de rentrer à Belfast. Mais la veille de son départ un attentat a lieu dans un pub à Guildford .

Les agents britanniques qui mènent l’enquête sont bien décidés à trouver les coupables. D’une source, ils apprennent que Gerry et l’un de ces amis, nommé Paul Hill, étaient dans le quartier de l’explosion. Pour les autorités britanniques, il n’en faut pas plus et ils arrêtent sur le champ Gerry et Paul. Accusé à tort et sous le poids d’un interrogatoire musclé, Gerry et Paul commettent l’irréparable et avouent un acte terroriste pour lequel ils sont innocents.

Touchant, bouleversant, extraordinaire, injuste, triste, révoltant (je me suis énervé tout seul devant ma télé), sont autant de mots qui peuvent qualifier le film de Jim Sheridan.

C’est malheureux à dire, mais Gerry Conlon a eu une vie exceptionnelle et il est normal qu’on eut envie de porter sa vie sur le grand écran. Et Jim Sheridan nous offre un grand film. « Au nom du père » est pour moi un vrai coup de cœur. Ce titre qui résonne comme une prière est bien le meilleur film de la carrière presque irréprochable de son réalisateur.

Comment prouver son innocence quand on a dit être coupable ?

Comment prouver son innocence face à un pays qui veut absolument voir le visage d’un coupable, d’une menace et d’une guerre.

Comment prouver son innocence quand on est seul contre tous et enfin comment se résigner face à cette justice aveugle et injuste ?

Voici ce que « Au nom du père » nous réserve sur un peu plus deux heures qu’on ne verra pas passer.

Jim Sheridan peint avec ce film le portrait d’une génération qui n’en peut plus de ce conflit interminable. Il peint aussi le portrait d’un homme que la vie va endurcir injustement.

Le film nous raconte comment plusieurs innocents, sous le coup de la haine, ont vu leur vie brisée pour satisfaire l’opinion. Du Belfast dévasté au Londres sous les attentats, des salles d’audiences, aux prisons de l’Angleterre, on va suivre avec émotion le parcours de Gerry Conlon, l’irlandais qui fut au mauvais endroit, au mauvais moment.

Le scénario de Jim Sheridan c’est du béton armé. Le film est parfait de bout en bout. Son personnage principal est tellement attachant. On frissonne pour lui, on a peur pour lui, on espère avec lui, c’est vraiment très bon. J’ai vraiment eu un gros coup de cœur pour ce film.

La réalisation de Sheridan est tout aussi merveilleuse. Elle vibre en nous, comme une ballade irlandaise, avec de grands moments forts, où la puissance des images parle toute seule et d’autres malgré l’horreur de la situation sont plus légères. Le réalisateur a très bien su nous raconter son histoire. Son film est aussi bon à suivre que beau à regarder. La réalisation apporte mystère et suspens. Les scènes d’interrogatoire sont atroces, les scènes de procès brillantes, quant à la fin, j’en avais des frissons partout, tellement c’était intense et émouvant.

Généralement, je ne sais pas pour vous, mais moi, quand je vois Daniel Day-Lewis au générique d’un film, je sais de suite que le film risque d’être très bon. Le comédien est un gage de qualité à lui seul. Il tourne peu, mais toujours très bien et l’on ne lui connait presque aucune fausse note dans sa carrière.

Ici l’acteur nous offre encore une fois une prestation fabuleuse, une de celles dont il est le seul à connaitre la recette. L’acteur est génial et mérite toutes les récompenses du monde. Il m’a bouleversé, aussi bien par l’histoire de son personnage que par son jeu, juste et plein de rage, de colère et d’injustice.

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Les seconds rôles ne sont pas oubliés. C’est avec plaisir qu’on trouve le grand et regretté Pete Postlethwaite qui trouve là un rôle des plus touchants. Emma Thompson apparaît peu, mais il suffit d’une scène, celle du procès pour qu’on s’en souvienne. Elle m’a donnée des frissons partout. Enfin, pour conclure ce casting, on retrouvera John Lynch, Tom Wilkinson et Gerard McSorley entre autres.

« Au nom du père » est bel et bien le chef-d’œuvre dont on me parlait depuis bien longtemps. C’est un film qui m’a pris aux tripes, qui m’a fait bondir de mon fauteuil, devant lequel je me suis insurgé et enfin au final j’ai terminé les yeux humides avec ce sentiment réjouissant d’avoir vu un putain de grand film !!!

Note : 20/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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