juillet 15, 2024

Horse Soldiers – Dans la Fadeur de la Guerre

Titre Original : 12 Strong

De : Nicolai Fuglsig

Avec Chris Hemsworth, Michael Shannon, Michael Pena, Navid Negahban

Année : 2018

Pays : Etats-Unis

Genre : Guerre

Résumé :

Le capitaine Mitch Nelson est le chef de l’unité des Forces Spéciales qui a été choisie pour une périlleuse mission secrète. Son détachement et lui sont envoyés en Afghanistan, en plein conflit armé, pour apporter leur aide aux Afghans dans leur lutte contre les talibans. 

Avis :

Si de nombreux films de guerre se concentrent sur les deux conflits mondiaux, on trouve de plus en plus de longs-métrages qui s’attardent sur d’autres batailles, plus contemporaines. Cela permet de mettre en évidence des opérations armées impressionnantes et de mettre sur le devant de la scène des héros de guerre inconnus qui méritent une certaine reconnaissance. Et en ce sens, Horse Soldiers vaut le coup d’œil juste pour son aspect historique. Premier film de Nicolai Fuglsig, le film raconte l’histoire de douze G.I. qui vont partir en Afghanistan après les attentats du 11 Septembre afin de reprendre des villes stratégiques aux talibans et d’aider quelques groupuscules afghans à combattre les terroristes. Petite particularité, comme le terrain était escarpé, il a fallu que les soldats américains apprennent à monter à chevaux et combattent sur ceux-ci. Mais ce combat suffit-il à en faire un bon film ?

Le film débute avec des images d’archive qui évoquent la montée progressive du terrorisme islamique dans les années 90, jusqu’aux attentats du 11 Septembre. Dès lors, on va suivre Chris Hemsworth qui veut repartir au combat au plus vite pour venger son pays et décimer l’armée talibane. Après quelques exercices bureaucratiques, il arrive à reconstituer son équipe de douze hommes, et à partir pour l’Afghanistan. Le scénario s’épanche alors subrepticement sur trois soldats qui vont dire au revoir à leur femme et enfant, avec des réactions diverses et variées, comme l’abnégation, la colère ou la résignation. Rien de bien folichon, et surtout, cela n’apportera aucune caution sentimentale à l’ensemble. On reste sur quelque chose de plat et de déjà-vu, mais il ne faut pas oublier que le film se base sur des faits réels et donc des personnes qui ont réellement existé, et qui ont peut-être vécu des situations similaires.

« Une stratégie qui ne s’adapte que très mal au cinéma. »

Malheureusement, le côté émotif ne sera jamais présent, bien au contraire. Une fois sur place, le film se livre à une sorte de guerre froide entre un chef d’armée afghan et les soldats américains, qui vont devoir se faire confiance pour prendre d’assaut une ville stratège de l’armée talibane. On aura droit à quelques dialogues vaniteux, à des personnages têtus et à la seule originalité de l’histoire, le fait d’utiliser des chevaux pour se déplacer dans les montagnes. Si cela est parfois mis en avant lors des combats, ce sera une note d’intention au sein du récit, où les soldats américains, n’ayant jamais monté, s’avèrent être de preux chevaliers, luttant avec armes à dos de canasson sans trop de problème. Il est dommage de promettre quelque chose qui finalement n’a que peu d’intérêt au sein du récit. Un récit qui s’articule surtout sur la stratégie.

Une stratégie qui ne s’adapte que très mal au cinéma. Ici, les soldats américains possèdent le ciel et peuvent balancer des bombardements destructeurs. Mais pour être plus précis dans les frappes, il faut se rapprocher de la ville et donc de l’armée ennemie. Cela donne alors des situations ultra redondantes, où il se passe constamment la même chose. On étudie une carte, on s’avance et on se met en danger, ça bombarde et ça termine en fusillade. Et c’est ça trois fois de suite, avec quelques lignes de dialogues pour combler les vides et expliquer les stratégies militaires aux spectateurs encore lucides. La mise en scène se veut finalement peut explosive, mais elle loup aussi tout ce qui touche à l’intime, ne présentant que trois soldats sur douze, et les montrant sous un jour lambda, n’arrivant jamais à créer une quelconque émotion, ou un sentiment d’empathie.

« Il manque à Horse Soldiers ce côté viscéral. »

On se retrouve donc à suivre ces soldats dans des situations qui nous dépassent un peu, et dont le traitement reste relativement hagiographique. A un tel point que l’on sombre rapidement dans la caricature du taliban de base, qui torture des petites filles, tue des femmes instruites et brûle des livres. En fait, on nage en plein délire américain, qui se focalise sur les récits d’un soldat, tout en l’adaptant pour en faire un film un petit peu impressionnant. Mais ça ne marche jamais. Si on ne ressent pas d’empathie pour les personnages, comment être touché et se sentir proche d’eux, proche du danger ? Il manque à Horse Soldiers ce côté viscéral qui met en danger n’importe quelle personne au sein d’un conflit guerrier. On reste trop en surface et jamais on ne craint pour l’un d’entre eux. 

Et ce n’est pas faute d’avoir un bon casting. Chris Hemsworth croit dur comme fer à son personnage et il fait tout pour lui donner vie. Malheureusement, il reste très lisse et ne parvient jamais à montrer sa détermination ou son amour pour sa femme et sa fille. De même, Michael Shannon est plutôt bon, mais il s’efface petit à petit pour ne plus qu’apparaître comme un dommage collatéral, point d’orgue du film, qui se loupe complètement dans la gestion de son émotion. Et puis il y a Michael Pena qui s’éloigne de son rôle de rigolo pour être un peu plus grave, mais c’est un échec, et il n’a absolument aucun intérêt. Et puis que dire du gentil afghan à l’égo démesuré, caricature surfaite qui devra faire un point sur son caractère pour revenir sur la fin afin d’aider les gentils. Bref, c’est cliché au possible.

Au final, Horse Soldiers est un film de guerre relativement timide qui n’arrive jamais à se faire touchant ou même intéressant. Alors il y a quelques passages pas trop mal filmés, mais le réalisateur venant du clip et de la pub, c’est presque normal, et le casting est plutôt plaisant, mais globalement, on reste dans l’attente que le film décolle, chose qui n’arrivera qu’à la toute fin, et encore, ça reste un petit pet sans génie. Bref, Horse Soldiers est un film fragile et sans doute trop éloigné de nous pour que l’on ressente la moindre chose sur ces soldats et sur cette parenthèse dans le conflit entre les Etats-Unis et l’Amérique.

Note : 11/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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