juillet 15, 2024

Sick Nurses – Un Film de Petite Thaï

Titre Original : Suay Laak Sai

De : Piraphan Laoyont et Thodsapol Siriwiwat

Avec Ase Wang, Dollaros Dachapratumwan, Wichan Jarujinda, Chidjan Rujiphun

Année : 2007

Pays : Thaïlande

Genre : Horreur

Résumé :

Le docteur Taa et sept infirmières à ses ordres revendent des cadavres de patients. Les sentiments des infirmières envers le docteur ne faisant qu’augmenter avec le temps, la jalousie fait éclater le petit groupe et elles décident de tuer l’une d’entre-elles. Bien sûr, le corps de la défunte sera revendu. A moins qu’elle ne revienne hanter le cabinet et les responsables de son malheur…

Avis :

À l’image d’autres pays asiatiques, la Thaïlande est particulièrement appréciée et reconnue pour ses films d’horreur. Au cours des années 2000, on a eu droit à Shutter, Alone, P (Possédée), 13 jeux de mort et Le Pensionnat. Autant d’occurrences intéressantes qui ont bénéficié des succès internationaux de leurs homologues nippons et coréens lors de cette période. Fort de cette notoriété, le pays du Sourire a produit également des métrages anecdotiques, voire médiocres. Avec Sick Nurses, on s’insinue dans un cinéma d’exploitation opportuniste et outrancier, sans autre ambition que de maximiser le retour sur investissement à brève échéance.

Avec ses infirmières larguées dans un hôpital désert, Sick Nurses s’arroge les prétextes d’un film pornographique de bas étage. De décolletés généreux en tenues légères, on passe aussi par des positions lascives pour mieux apprécier leur plastique. Inutile d’entrapercevoir un semblant de personnalité où chaque intervenante confère aux clichés de bimbo sans cervelle. Malgré une réalisation médiocre, le caméraman fait l’effort de se concentrer sur les formes féminines avec une certaine appétence. On peut néanmoins s’amuser de la séquence où l’une des jeunes femmes se douche habillée ! Au regard de ce qui attend le spectateur par la suite, il s’agit d’une invraisemblance mineure.

« On peut même évoquer une absence totale de scénario. « 

À vrai dire, il n’y a aucune continuité dans l’histoire. Sans trop de risque, on peut même évoquer une absence totale de scénario. Sur un intervalle de temps identique, le montage foireux tente d’exposer les évènements sous différents points de vue. Au-delà de cet aspect décousu et redondant, les séquences sont mal amenées et pathétiques au possible, y compris pour avancer les exactions d’un spectre vengeur à la noirceur ostensible. Ce dernier constitue un piètre antagoniste qui semble avoir abusé du maquillage corporel. C’est bien simple, on ne sursaute à aucun moment. Pour cela, il aurait fallu prévoir des jump-scares de circonstances, voire des manifestations davantage suggestives.

Rapidement, le film s’oriente vers un traitement excentrique, dont la légèreté s’accommode très mal du sujet, comme du propos initial. Dès lors, cette vengeance d’outre-tombe de pacotilles va déployer des trésors d’absurdités pour trouver les confrontations et les mises à mort les plus ridicules qui soient. Entre l’une des infirmières à tête de sac à main, l’attaque de la brosse à dents, le démembrement dans un bac de nettoyage ou l’étouffement par un fœtus ressuscité et bondissant hors de son bocal, on ne sait pas ce qui peut paraître le plus grotesque dans ce chapelet d’inepties. Peut-être la séquence de l’accouchement ou l’attaque au test de grossesse dans la cage d’escalier face à une horde d’infirmières chevelues…

« Sick Nurses est un film autant pénible qu’affligeant. »

Une frange du public pourrait trouver dans cette incongruité un caractère fun et décomplexé. Or, il n’en ressort qu’un constat plein de perplexité quant aux conditions de tournage ou à la psyché des scénaristes. Pour parfaire le tableau, le cadre hospitalier n’est jamais exploité à sa juste valeur. Il faut simplement se contenter de corridors éclairés avec un goût aussi douteux qu’une discothèque. On déplore également des lieux aménagés avec trois pièces de mobilier, grossiers symboles du milieu médical. Mention spéciale à cette fuite éperdue où l’une des infirmières courent dans une portion de couloir restreinte et pousse la même porte, sans variation aucune pour flouer la distance ou l’évolution de l’environnement.

Au final, Sick Nurses est un film autant pénible qu’affligeant. Sous couvert du physique avantageux de ses actrices, le métrage de Piraphan Laoyont et Thodsapol Siriwiwat constitue une itération à la fois incohérente et insensée. Sans clairement afficher un registre comico-horrifique, on s’empêtre dans des séquences gores gratuites et surréalistes. À l’appui, on a droit à des effets numériques hideux dont l’enchaînement et l’intégration sont catastrophiques, sans oublier des trucages classiques tout aussi lamentables. Sur fond d’une romance polygame menée en vase clos, il en ressort une histoire de vengeance moins sombre que le faciès du spectre frustré. Une production qui joue la carte de l’extravagance, sans pour autant se montrer décalée dans le bon sens du terme. D’une nullité et d’une inconsistance effroyables.

Note : 04/20

Par Dante

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