juin 24, 2024

Screamking – Tyranny of the Sea

Avis :

Dans tout domaine culturel qui se respecte, il y a de bons côtés et de mauvais côtés. Il y a les œuvres qui deviendront des chefs-d’œuvre, celles qui seront d’excellente facture, celles qui seront tout juste moyennes, et puis il y a les mauvaises. Et là-dedans, on va trouver celles qui sont mauvaises de façon non voulue, et les nanars, les trucs faits de manière ringarde pour susciter les regards et les moqueries. Si on peut croire que cela ne cantonne uniquement au cinéma, on se met le doigt dans l’œil, puisque l’on retrouve cela dans toutes les formes d’art, jusqu’à la musique. La preuve en est avec le groupe de Heavy américain Screamking. Fondé en 2011 à Michigan City, le groupe continue aujourd’hui de tourner et de proposer des albums, mais de façon indépendante. Et on comprend vite pourquoi.

Tyranny of the Sea est le deuxième album du groupe, sorti en 2017, et il fait suite à Evilibrium paru en 2013. Cela signifie que la formation a eu quatre années pour écrire et tenter de trouver des fonds afin d’enregistrer cette nouvelle galette, et on ne peut que rester perplexe. Outre le fait que la production soit inexistante, que les clips soient d’une ringardise à couper le souffle à Uwe Boll, Screamking est quand même un groupe qui n’a absolument rien pour lui. Mais quand on dit rien, c’est rien de chez rien. Il est d’ailleurs très difficile de passer la première écoute tant tout est foiré au sein de cet effort qui pue la merde. Oui, les mots sont forts, mais à ce stade, sortir et surtout vendre un cd pareil, c’est clairement du foutage de gueule. Et la douille, on la sent dès le premier morceau.

Cannibals of Sacrifice ouvre donc le bal d’un long, très long (plus de 52 minutes), calvaire. Si on pourrait croire que la batterie va être de bon aloi, on va vite déchanter dès que le chanteur ouvre sa bouche. Non seulement c’est faux, mais en plus de cela, il y a une sorte de reverb absolument dégueulasse qui dégouline dans les refrains. Le rythme est inconstant au possible et on se retrouve avec des passages totalement décousus qui font mal aux oreilles. Même le solo, qui parait sympathique au départ, se saborde tout seul au bout d’un moment. On sent qu’il n’y a aucune production derrière ce projet, mais aussi aucune direction artistique acceptable. Et si on peut croire à une erreur de parcours, le deuxième morceau va nous conforter dans la nullité de l’ensemble. I am a Viking commence comme un vieux projet Nu-Métal tout pété.

Les riffs n’ont aucun sens, si ce n’est d’avoir l’impression que deux guitaristes avec un Parkinson sévère se sont emparés des grattes du groupe, et certaines ruptures sont incompréhensibles. Et que dire du refrain avec le chanteur qui imite le cri du corbeau. Bref, le morceau est un enfer, pire que le précédent. La coupe commence à vraiment être pleine lorsque War Horse débute et que le groupe fait de l’appropriation culturelle en faisant un chant chamanique indien. Ça la fout un peu mal lorsque l’on est un ricain pure souche. Le titre sera quant à lui complètement à la masse, avec encore des petits bruitages de corbeau insupportables. Instrument of Death noie un peu le poisson, avec un démarrage presque sympathique. Mais le chant transformé avec du vocoder, c’est tout simplement imbitable, et le titre est ultra répétitif dans sa rythmique, n’apportant jamais rien de bien.

Au milieu de ce grand bordel (car clairement, aucun des morceaux n’est travaillé), rien ne viendra sauver l’album d’une noyade en mer des oublis. Halo of Fear est long à un point que ça en est inutile. Puis Faith Weapon se la joue raciste avec un chant arabe au début, à grands renforts d’Allah Akbar. Embrace the Hate débute de la pire des façons, avec un chant faux, un batteur qui semble monté sur pile et des guitaristes qui doivent avoir des moignons. En fait, c’est tellement nul que ça en est magistral. On se demande comment un groupe, avec cinq membres, peut valider de telles daubes. A la rigueur, ce serait un one man band, le gars se tape un délire sous cocaïne, pourquoi pas. Mais là, il n’y a pas un membre qui a dit que leur musique, c’était de la merde…

Au final, Tyranny of the Sea, le deuxième album de Screamking, est une purge monumentale. C’est clairement un album qui fait partie des pires choses à entendre dans sa vie. Il n’y a aucune rythmique, aucun sens musical, le chanteur chante faux, avec en prime des modulations vocales, et les guitaristes se contentent de frotter les cordes comme des malades. Bref, dans l’alambic musical des découvertes métal un peu underground, celle-ci, on s’en serait bien passée…

  • Cannibals of Sacrifice
  • I am a Viking
  • War Horse
  • Instrument of Death
  • Halo of Fear
  • Faith Weapon
  • Embrace the Hate
  • Shadow of the Horn
  • Feeding on the Predator
  • Tyranny of the Sea
  • Bloodstains
  • End of the World

Note : 01/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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