mars 3, 2024

Fire Bridge – Almost a Distant Memory

Avis :

Avec la multiplication des plateformes d’écoutes en ligne, il devient de plus en plus facile de partager sa musique, mais de plus en plus dur de se faire connaître. La preuve en est avec Fire Bridge, dont la recherche d’informations est devenue rapidement un casse-tête, juste pour savoir la provenance du groupe. Après moults farfouillages infructueux, il s’est avéré que Fire Bridge est un groupe de Hard Rock, parfois Rock, en provenance de Chine, ce qui est un fait assez rare. Lorgnant aussi bien du côté Desert que d’une musique plus populaire (parfois, on dirait du Téléphone), le groupe chinois essaye de se faire une petite place dans un genre qui n’est pas assez mis en avant sur les ondes radios. Et le pari est compliqué, surtout quand on fait de l’autoproduction, et que l’on possède un nom finalement assez générique. Bref…

Almost a Distant Memory est logiquement le premier album du groupe, et le moins que l’on puisse dire, c’est que la formation s’essaye à un peu tous les genres, et brasse de nombreux sous-genres en l’espace de seulement neuf morceaux. L’album est court, mais cela permet aussi de bien analyser chaque titre, et de ne pas sombrer dans une démonstration trop gourmande de technique. De ce fait, on rentre dans le vif du sujet avec Fire Bridge, qui est le premier titre de l’album. Les premiers riffs sont bien lourds, on sent une belle présence, et le groupe ne cherche pas à faire impressionnant, il veut juste à imposer une certaine masse. Et ça fonctionne, puisqu’on ressent bien la puissance dégagée, et le seul bémol proviendra dès lors du chant, qui se veut profond, mais qui montre tout de même une certaine fragilité. Un constat que l’on fera plus tard.

A Little Bit Louder va être un titre sympathique, mais il va surtout montrer toutes les faiblesses du groupe. Si on peut louer la volonté d’avoir une sonorité très basse et de jouer un maximum autour de la basse, la rythmique va en prendre un coup, et le chant ne va jamais bien suivre cela. L’ensemble manque d’envergure, d’ampleur, d’une production avec des reins plus solides. En soi, ce n’est pas pénible, mais on sent que c’est un premier album qui aurait eu besoin d’un peu plus d’argent. (Don’t) Try va plus vers un Hard Rock assez calme d’un point de vue tempo, et là aussi, ça manque cruellement de résonnance. La batterie est mise en avant, mais elle manque de rondeur, et globalement, on s’ennuie un peu autour de ce morceau. Encore une fois, ce n’est pas mauvais, mais ça reste plutôt commun avec plein de petits défauts.

Et comme il s’agit d’un premier skeud, il faut aussi que le groupe passe par des passages obligés, à l’image de ballades plus que dispensables. Broken Roses enfonce des portes ouvertes et ne suscitera qu’un ennui poli, au lieu d’émotions touchantes. Et le titre est bien trop long pour ce qu’il a à proposer. C’est peut-être pour ça que derrière, See the Truth se veut plus court et beaucoup plus dynamique. Là, on flirte avec un aspect Punk assez inattendu, mais qui pêche par le chant qui n’a aucune tonalité particulière. Le chanteur chante juste, mais il n’a pas de tessiture intéressante, et son chant reste assez monolithique. Ici, par exemple, il n’arrive pas à donner de l’ampleur au titre, ou tout du moins un surplus d’énergie. C’est du Punk finalement assez calme, qui brille, heureusement, par son petit solo de gratte et la jolie technique des musiciens.

I Wanna Rock, Rock n’Roll est un morceau sympatoche, dont les paroles n’ont que peu d’intérêt, et les guitares aussi. On aura bien droit à un joli solo, mais la rythmique ne suit jamais vraiment, essayant un petit côté bluesy, mais ça ne marche qu’à moitié. Bref, ce n’est pas désagréable, mais ce n’est pas la panacée. Quand on évoquait la faiblesse du chant, Shadows en est un exemple flagrant, avec un démarrage un peu foiré quasiment a capella. Si le titre est agréable par la suite, et flirte toujours dans cette limite Rock/Hard, on restera focalisé sur cette voix qui manque de chaleur et de maîtrise. Through the Years fera penser à un vieux morceau de Téléphone (et on n’aime pas Téléphone ici), et le moment sera assez pénible, en plus d’aborder un mid-tempo dégoûtant. Heureusement, Man in the Box renouera assez un riff plus lourd.

Au final, Almost a Distant Memory, le premier album de Fire Bridge, a tous les atours d’un premier skeud autoproduit, avec ses faiblesses et ses quelques bonnes surprises. Cette volonté de servir des riffs lourds est plaisant, tout comme les quelques solos bien sentis. Il est juste dommage que la voix ne suive pas vraiment, et que certains titres pêchent par un mid-tempo pénible et remuglent le passage obligé, à l’image de ces deux ballades largement dispensables.

  • Fire Bridge
  • A Little Bit Louder
  • (Don’t) Try
  • Broken Roses
  • See the Truth
  • I Wanna Rock, Rock n’Roll
  • Shadows
  • Through the Years
  • Man in the Box

Note : 11/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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