juillet 19, 2024

Atreyu – The Beautiful Dark of Life

Avis :

Fondé en 1998 sous le nom de Retribution, Atreyu fait un peu figure de proue du Metalcore américain. Cependant, la vie du groupe n’a jamais été simple, et après des changements de line-up, ainsi qu’un hiatus de 2011 à 2014, les américains semblent le plus décrocher et avoir trouver un certain équilibre. Pour dire, depuis leur reformation, on a droit à un album tous les trois ans, sauf en ce qui concerne The Beautiful Dark of Life, qui nous préoccupe aujourd’hui, puisqu’il n’est séparé de son aîné que de deux années. Mais ce neuvième album est assez particulier, car il part d’un projet étrange, celui de compiler trois EPs qui sont sortis coup sur coup en cette année 2023. Un choix plus ou moins intéressant pour ceux qui ne s’intéressent pas aux formats courts, mais qui détient peu d’intérêt pour les fans du groupe, qui connaissent déjà les morceaux.

Mais qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse, Atreyu semble bien décidé à remuer les chaumières et à faire headbanger dans tous les sens. Ce neuvième effort studio essaye de brosser toutes les étapes d’une vie, et les différentes émotions par lesquelles on peut passer. Un concept louable, qui donne du sens à l’album. Malheureusement pour nous, si sur le papier, c’est plutôt malin, à l’oreille, c’est une toute autre histoire, et le groupe californien s’enlise dans un Metalcore qui devient une caricature de lui-même, et n’arrive jamais à construire des titres solides. D’ailleurs, dès le démarrage, on va avoir du mal. Drowning n’arrive pas aux trois minutes et se contente d’un gros riff rapide et d’un refrain efficace pour espérer marquer les esprits. La voix du chanteur est excellente, mais il manque une profondeur dans la production et on reste bien trop en surface.

Par la suite, on va se rendre compte que l’album n’est qu’une succession de titres relativement courts, qui ne visent que l’efficacité, mais qui ne parviennent qu’à être une suite sans vraiment de cohérence. Preuve en est avec Insomnia qui reprend des bouts de paroles du morceau précédent. Et il ne suffit pas de caler un peu de violoncelle en introduction et des ajouts numériques pour vraiment se différencier de la masse. Encore une fois, Atreyu fait un choix presque « Pop » dans sa structure, et l’ensemble de prise de risque. Il ne suffit pas non plus de faire un couplet en « rap » pour se démarquer. On a la sensation que le groupe se cherche et il manque clairement de finesse. Capital F aurait pu être sympathique, notamment avec son gros riff qui donne envie de se détacher la nuque, mais ça reste trop simpliste.

Et quand on se tape quinze titres dans le même moule, le temps parait assez long. Car même si chaque morceau peut se détacher de l’autre avec quelques effets qui noient le poisson, on reste sur des schémas d’écriture similaires qui ennuient à la longue. God/Devil et ses fulgurances électros ne vaut le détour que pour son refrain, mais qui est très court. Watch me Burn peine à convaincre et ne laisse pas une empreinte indélébile. Good Enough est carrément oubliable avec son aspect Nu Metal des années 2000. C’est dur à dire, mais on la sensation qu’Atreyu a voulu se faire un petit Revival et cela ne marche pas vraiment. Alors oui, c’est loin d’être mauvais, c’est juste que ça n’imprime pas et ne marque pas. Dancing With my Demons peut se targuer d’avoir de gros riffs un peu sales, mais c’est très timide.

Le pire dans tout ça, c’est que certains titres ne restent pas en tête, et on est obligé de les réécouter pour qu’ils restent un petit temps dans notre cerveau. C’est le cas de Gone qui pointe des élans un peu Punk californiens. Heureusement pour nous, I Don’t Wanna Die et ses relents Pop viendront nous cueillir avec une guitare pleureuse et un refrain catchy qui restera, lui, un long moment dans notre tête. Puis Immortal vient faire retomber le soufflé avec un titre inutile et sans aucune anicroche. Reste alors (i) et son côté Bring me the Horizon qui tape un peu, mais le morceau arrive bien trop tard. Puis par la suite, on va avoir droit à quelques moments calmes, mais complètement aseptisé comme Death or Glory ou encore Forevermore. Rien de bien intéressant, et les titres s’enchainent très vite sans jamais marquer.

Au final, The Beautiful Dark of Life, le dernier album d’Atreyu, déçoit de par sa non prise de risque et sa panoplie de morceaux interchangeables. Le groupe propose un concept qui ne tient pas vraiment la route, avec une succession de titres qui manquent cruellement d’identité et ne restent jamais vraiment en tête. C’est dommage, car le chanteur a une belle voix qu’il n’exploite que trop rarement, et les musiciens n’insistent pas sur leur technique, évitant tout solo qui viendrait nourrir cet effort. Bref, un truc de feignasse.

  • Drowning
  • Insomnia
  • Capital F
  • God/Devil
  • Watch me Brun
  • Good Enough
  • Dancing With my Demons
  • Gone
  • I Don’t Wanna Die
  • Immortal
  • (i)
  • Death or Glory feat Sierra Deaton
  • Forevermore
  • Come Down
  • The Beautiful Dark of Life

Note : 11/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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