mars 3, 2024

Metalbeast

Titre Original : Project : Metalbeast

De : Alessandro de Gaetano

Avec Brioni Farrell, Diaunte, Barry Bostwick, Kane Hodder

Année : 1995

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Avec la percée médicale d’une peau à base de métal synthétique, appelé « bio-ferron » la perspective de guérison pour les victimes de brûlures et les cancéreux semble pouvoir se produire mais pour le scientifique en charge des recherches c’est une occasion de réactiver un projet classé, le projet Métal beast…

Avis :

Au même titre que les vampires, on ne compte plus les films de loups-garous. Entre les adaptations traditionnelles, les incursions historiques rocambolesques ou les bévues contemporaines sur fond de romance mielleuse, la créature est passée par tous les stades d’évolution et de régression. Des blockbusters aux séries Z, le lycanthrope constitue une source inépuisable d’exploitation pour des producteurs peu scrupuleux. Avec Metalbeast, on tient là un objet qui relève de la bêtise sinon humaine. Entre trois scénaristes incapables d’amorcer un semblant d’intrigue, un réalisateur incompétent et un casting autant perdu que pitoyable, le métrage d’Alessandro de Gaetano s’annonce comme une pénible itération horrifique.

Au vu du pitch de départ, on entame les hostilités au cours des années 1970, où l’ingérence des services secrets américains va traquer du loup-garou jusqu’en Europe de l’Est. Au-delà du concept farfelu, on assiste à l’assaut d’un château médiéval où se terre le monstre. D’emblée, l’approche est aussi pathétique que caricaturale. Quelques justifications vaseuses plus tard, l’intrigue s’oriente vers des expérimentations clandestines, ainsi qu’une ellipse temporelle d’une vingtaine d’années. Un choix qui laisse à supposer une maturation avariée des idées douteuses dans la cervelle des trois scénaristes. Sur ce point, il est vrai que l’absurdité du propos est l’unique aspect qui persiste dans cette nullité intrinsèque.

« D’emblée, l’approche est aussi pathétique que caricaturale. »

La seconde partie amorce une nouvelle introduction, d’autres intervenants et leur quotidien au sein d’un laboratoire secret. De conversations creuses en réparties illogiques, les séquences plates et inutiles s’enchaînent, non sans insuffler un caractère faussement comique à l’exercice. Cela tient à l’absence de conviction dans l’interprétation, des échanges qui tombent à plat ou à l’atmosphère miséreuse qui suinte de ces salles et corridors d’une austérité tout ostentatoire. Afin de dynamiser à minima la progression, les protagonistes s’affublent d’une incompétence de circonstances. Cela vaut pour les motivations de leur travail, l’étendue de leur bêtise ou les protocoles de sécurité délaissés dans une note de service poussiéreuse.

Dès lors, on entrevoit un schéma où l’histoire passe par différentes phases. Des prémices qui laissaient augurer un film de loup-garou « classique », s’ensuit un traitement propre à la science-fiction horrifique. La créature devient un terrain d’expérimentations sur le transhumanisme, si tant est que le terme ait un sens dans ces circonstances. Les plaques de métal sont censées lui conférer l’invulnérabilité d’un cyborg. Sauf que… le raccourci scénaristique avançait au préalable des greffes de peau. Comme si les idées n’étaient pas aussi navrantes que confuses, l’échappée belle du bestiau sous-tend quelques relents de slashers. Sans doute est-ce dû à la présence de Kane Hodder.

« Metalbeast est une effroyable série Z. »

Toujours est-il que les intervenants s’arrogent quelques poncifs propres à la fuite d’un psychopathe, réactions idiotes à l’appui. Mention spéciale au principal antagoniste humain qui ne manque pas de se recoiffer entre deux coups de griffes qui l’éviscèrent. À ce stade, le fait de trouver un bazooka et du matériel pour produire des ogives en argent n’interpelle même plus le spectateur. Quant à la créature, il faut se contenter du gabarit imposant de l’acteur qui élude la vélocité du loup-garou. Le design s’inspire du Predator au niveau du corps, tandis que le faciès est un amalgame entre un lycanthrope et un délire cyberpunk pour sa crinière.

Au final, Metalbeast est une effroyable série Z. Sans fond ni intérêt, le film d’Alessandro de Gaetano malmène le mythe du loup-garou, comme rarement à l’écran. Entre les expériences d’hybridation, les bévues d’un agent secret pour contracter la lycanthropie, sa stase cryogénique et son réveil colérique, on évoque tout et n’importe quoi, quitte à sombrer dans la parodie. Preuve en est avec certaines mises à mort, l’impavidité des personnages face à la menace ou la stupidité de leurs échanges. Il faut aussi compter sur des exécutions vite expédiées et des trucages peu ragoûtants. Le genre de métrage aberrant qui se révèle une perte de temps et de neurones pour son public. Misérable en tout point.

Note : 01/20

Par Dante

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