mars 3, 2024

Fighter in the Wind

Titre Original : Baramui Paiteo

De : Yang Yun-Ho

Avec Yang Dong-Geun, Masaya Katô, Aya Hirayama, Jung Tae-Woo

Année : 2005

Pays : Corée du Sud

Genre : Action

Résumé :

Une histoire vraie inspirée des mémoires de Choi Bae-dal, un Coréen émigré au Japon qui est devenu un des plus respectés karatekas au monde en créant une nouvelle forme d’arts martiaux, le Kyokushin karate.

Avis :

Le monde des arts martiaux possède de nombreuses personnalités qui, dans leur discipline respective, se sont autant imposées par leurs techniques que par leur philosophie de vie. On songe notamment à Yip Man, Jigorō Kanō ou encore Morihei Ueshiba. À l’image de ces deux derniers, de grands maîtres sont également connus comme les fondateurs d’un style ou d’une variante à part entière. Au cours du XXe siècle, c’est aussi le cas de Choi Bae-Dal (ou Masutatsu Ōyama), fondateur du karaté kyokushin. Véritable célébrité, l’homme a inspiré des histoires fictives (sous forme de BD), ainsi que la trilogie de Kazuhiko Yamaguchi avec Sonny Chiba dans le rôle principal.

De prime abord, Fighter in the Wind s’avance comme un biopic. En effet, le film de Yun-ho Yang se propose de retracer l’exil du protagoniste et de ses premières années en tant qu’immigrant au Japon. On assiste alors à un portrait qui privilégie l’aspect humain du personnage, sa perfectibilité, ainsi que ses failles psychologiques. Preuve en est avec ses heurts face aux yakuzas ou son refus de devenir kamikaze pour l’école d’aviation nippone. La première partie du métrage s’axe autour d’épreuves, de déconvenues et de désillusions. En cela, l’ensemble offre une exposition mesurée et méticuleuse. Ce qui permet d’intégrer les protagonistes dans le contexte post-Seconde Guerre mondiale et de l’occupation américaine.

« On devine une intrigue romancée. »

Certes, on devine une intrigue romancée et, à de nombreux égards, on peut s’interroger sur la véracité de son parcours. Le présent métrage prend en effet certaines libertés, mais s’attache néanmoins à dépeindre un portrait réaliste qui amène à mieux considérer ses aspirations pour les arts martiaux. Cependant, on n’échappe pas à quelques clichés, comme le fidèle ami comique de service ou la geisha qui veut s’éloigner de sa condition. On notera que ces intervenants sont purement fictifs. De même, il reste difficile de faire preuve de rigueur avec des éléments biographiques aux sources partielles, subjectives, voire contradictoires.

Par la suite, le film s’écarte de ses ambitions initiales pour s’orienter vers un traitement autrement plus spectaculaire. De l’évocation de la vie de Choi Bae-Dal, le récit évolue vers une vision fantasmée, davantage proche du mythe qui gravite autour de lui. On songe à sa retraite dans la montagne, son entraînement sur la base des écrits de Miyamoto Musashi, sans oublier ses innombrables défis face aux plus grands maîtres de l’archipel nippon. Une partie de ces éléments sont vérifiables, d’autres non. Ici, le réalisateur (et scénariste) amalgame les faits avérés avec des rumeurs, des légendes et des séquences imaginées pour les besoins de la production.

« À l’écran, le résultat fonctionne sur le plan de la distraction. »

À l’écran, le résultat fonctionne sur le plan de la distraction. On apprécie aussi la variété des situations et des environnements propres aux combats. En l’occurrence, il ne s’agit pas de prolonger les confrontations à outrance, mais de démontrer l’efficacité des techniques martiales face à l’ennemi. Ainsi, un coup bien porté permet de s’imposer. Ce qui est la base même du karaté kyokushin. En cela, les chorégraphies sont maîtrisées et donnent lieu à des affrontements où les rapports de force semblent déséquilibrés. En effet, l’une des caractéristiques est de ne pas s’attarder sur le gabarit ou le nombre d’adversaires. Il en ressort des séquences intenses à l’esthétique travaillée.

Au final, Fighter in the Wind demeure un film d’arts martiaux intéressant si l’on ne se focalise pas trop sur la véracité des faits évoqués. Le biopic amorcé dans les premiers moments lorgne rapidement vers une intrigue romancée, voire fantasmée, quitte à user de poncifs pour traduire les états d’âme du protagoniste. S’il vient contredire ses propres ambitions, Yun-ho Yang propose un portrait iconique, plus proche du mythe que de l’homme. Cela vaut, entre autres, pour cette ultime scène inutile, aux effets spéciaux calamiteux et à la nécessité douteuse. Il subsiste néanmoins des combats réalistes, chorégraphiés avec soin, ainsi qu’un parcours et un personnage qui retiennent l’attention.

Note : 14/20

Par Dante

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