mars 3, 2024

La Tresse – L’Émotion Forcée

De : Laetitia Colombani

Avec Kim Raver, Fotini Peluso, Mia Maelzer, Sajda Pathan

Année : 2023

Pays : France, Italie, Canada, Belgique

Genre : Drame

Résumé :

Inde. Smita est une Intouchable. Elle rêve de voir sa fille échapper à sa condition misérable et entrer à l’école.
Italie. Giulia travaille dans l’atelier de son père. Lorsqu’il est victime d’un accident, elle découvre que l’entreprise familiale est ruinée.
Canada. Sarah, avocate réputée, va être promue à la tête de son cabinet quand elle apprend qu’elle est malade.
Trois vies, trois femmes, trois continents. Trois combats à mener. Si elles ne se connaissent pas, Smita, Giulia et Sarah sont liées sans le savoir par ce qu’elles ont de plus intime et de plus singulier.

Avis :

Réalisatrice, actrice, scénariste, et écrivaine française, Laetitia Colombani est de celles qui ne font pas vraiment de bruit et qui mènent une jolie carrière. Après un diplôme de cinéma en 1998, elle se lance d’emblée dans la réalisation de courts-métrages. Puis entre temps, elle oscille entre l’acting et l’écriture. En 2002, elle réalise son premier long, « A la folie … Pas du tout« , avec Audrey Tautou et Samuel Le Bihan. Si sa carrière dans le cinéma ne fait pas vraiment d’éclats (et ce n’est pas son deuxième long qui dira le contraire), c’est dans l’écriture qu’elle va trouver un nouvel essor. 2015, alors qu’elle accompagne une amie chez un perruquier, une idée lui vient en tête. Enfin, plutôt une histoire, qui très vite va peindre les destins croisés de trois femmes à travers le monde. Cette idée donnera le roman « La tresse« , et avec deux millions d’exemplaires vendus rien que chez nous, et une traduction dans une quarantaine de langues, Laetitia Colombani tient son premier grand succès.

Et après une telle réussite, l’écrivaine s’est lancée dans la réalisation de son troisième long-métrage. Un long-métrage forcément bien plus ambitieux et complexe que ses deux premiers films, puisque l’histoire de cette « … tresse » va peindre le parcours de trois femmes, dans trois pays différents, aux antipodes les unes des autres.

« C’est un joli film choral que nous offre là la réalisatrice de « Mes stars et moi« . »

Pour ma part, je dois dire que j’ai passé un joli moment de cinéma devant le film de Laetitia Colombani, même si je dois dire aussi que j’ai eu du mal à entrer dans le film. Enfin, non, je dirais que j’ai eu plus de mal à me laisser porter par l’émotion (peut-être biaisée par son affiche qui scande fièrement que nous allons être ému aux larmes). Mais finalement, après ces trois beaux destins, et ces trois comédiennes fabuleuses, « La tresse » aura fait son œuvre, et oui, l’émotion aura bel et bien été là.

En Inde, Smita rêve de voir sa fille s’élever et ne pas être comme elle, alors pour échapper à un destin qui lui est tout tracé, Smita fuit son village, pour aller chez des cousins à l’autre bout du pays.

En Italie, Guilia travaille avec son père dans une petite entreprise tenue par sa famille depuis une centaine d’années. Après que son père ait eu un accident qui le laisse dans le coma, Guilia découvre que l’entreprise est sur endettée.

Au Canada, à Montréal, Sarah est une avocate réputée qui a donné quinze années de sa vie au cabinet qui l’emploie. Alors que l’associé principal songe à elle pour lui succéder, Sarah apprend qu’elle est gravement malade.

C’est un joli film choral que nous offre là la réalisatrice de « Mes stars et moi« . Adapté de son propre roman, « La tresse » est un film qui peint les destins de trois femmes à travers le monde. Trois femmes de cultures et de milieux on ne peut plus différents, avec dans un premier temps, une intouchable, sorte d’esclave sans vraiment le dire, puis une jeune femme qui, par la force des choses, va se retrouver à tenir l’atelier familial, et enfin, dans un milieu bien plus bourgeois, on va suivre la chute d’une grande avocate. Telle une tresse qui est faite de trois mèches de cheveux qui s’entremêlent pour finir par se relier à la fin, Laetitia Colombani va joliment raconter ces portraits de femmes, et avec elles, leur univers, et pourquoi pas, leur pays.

« Laetitia Colombani a choisi trois excellentes comédiennes. »

Passant avec aisance de l’une à l’autre, dès les premières minutes, le film est vraiment intéressant. On se plaît à suivre des femmes, et l’on est transporté dans chacune de ces vies. Très bien monté, « La tresse » offre comme de bons chapitrages, creusant toujours un peu plus ses personnages. Puis avec ça, Laetitia Colombani nous offre un côté évasion avec ce parcours d’une mère et sa fille à travers l’Inde. Puis le film tient aussi un côté romance, avec ce portrait en Italie, avant de nous offrir un joli drame, avec cette femme, qui se voit petit à petit « tout perdre ».

Si le film est bon, et si l’émotion m’aura vraiment pris dans sa dernière demi-heure, je dois dire que pendant un bon bout de temps, je suis comme resté à côté du film, attendant que son histoire me prenne vraiment. Il y avait quelque chose qui manquait à cette « … tresse« , comme si tout était trop parfait, et au-delà de ça, il y avait cette idée que forcément, avec ces trois destins, il était impossible de ne pas être pris dedans, notamment avec sa très belle BO, mais quelque peu envahissante et qui pousse à l’émotion. Puis avec des histoires qui s’entremêlent bien, il y avait quelque chose qui sonnait presque comme trop académique finalement, pour se faire passionnant.

Mais voilà, comme je l’ai dit plus haut, petit à petit, « La tresse » aura fait son œuvre et finalement, ces destins et cette histoire auront visé juste et l’émotion aura bel et bien été là, et cette « … tresse » se posera comme le meilleur film de sa cinéaste.

Pour mener ces trois histoires et le portrait de ces trois personnages, Laetitia Colombani a choisi trois excellentes comédiennes. Trois actrices qui, dans des rôles totalement différents, arrivent à se retrouver et à se faire écho. Ces trois comédiennes, ce sont Kim Raver, Fotinì Peluso et Mia Maelzer, et elles sont toutes plus impeccables les unes que les autres.

Même si le film aura mis du temps avant de m’emporter, il aura finalement réussi à le faire et au final, ces femmes, ces portraits de femmes, ces combats, ces « univers », ces pays, son côté social, ces comédiennes, ou encore ce fil conducteur qu’on devine facilement, auront fait que ce troisième film de Laetitia Colombani se pose comme joli et très émouvant, et finalement, le seul regret que j’ai face à ce film, c’est l’entêtement de certaines salles de cinéma à ne pas jouer ces films en VO, car avec trois femmes, dans trois pays différents, forcément, la VO apporte bien plus.

Note : 14/20

Par Cinéted

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