avril 13, 2024

Ronnie Atkins – One Shot

Avis :

Le monde du métal est tellement immense qu’il est bien impossible de connaître tout et tout le monde. En atteste Ronnie Atkins, chanteur danois qui, en 1981, a fondé le groupe de Heavy Pretty Maids, qui semble très connu. Tout du moins, assez connu pour que le chanteur (et auteur compositeur) s’amuse à faire, à partir de 2021, un projet solo, dont One Shot est le premier album à sortir. Un album qui n’était pas voué à exister, mais les choses se sont précipitées pour Atkins lorsqu’on lui a détecté un cancer des poumons en même temps qu’une santé déclinante. Un effort qui semble être fait dans la précipitation afin que le chanteur passe à la postérité, mais force est de constater que ce n’est pas avec ça qu’il marquera les esprits. Car oui, One Shot est un album mou du gland et bien trop sirupeux.

Pourtant, les choses commençaient plutôt bien avec Real. On est dans une sorte de Heavy tout calme, mais qui possède de jolis élans techniques, notamment dans un solo de gratte qui fait plaisir. Cependant, on commence déjà à voir des atours un peu mous, et des thèmes autour de l’amour qui risquent de nous faire friser la moustache. Au bout d’un moment, à plus de soixante balais, il faut arrêter de raconter ses exploits sexuels avec un côté romantique qui flirte constamment avec le mauvais goût. Et encore que Scorpio trompe un peu l’auditeur, avec un titre assez nerveux, plutôt pêchu au niveau des riffs, mais qui se saborde avec un refrain pénible qui n’était ni fait, ni à faire. Surtout au niveau de la transformation vocale, mais on pardonne cela grâce à un riff qui surgit et démontre une capacité à être plus nerveux.

Puis par la suite, on plonge tête baissée dans une suite de morceaux tous plus pénibles les uns que les autres. One Shot débute avec des paroles que l’on veut vite oublier (il s’est passé quelque chose de magique dans cette chambre ce soir… au secours !) et un piano qui rend l’ensemble écœurant. Il n’y a que le refrain qui essaye de se faire plus puissant, mais ça reste surfait et sans aucune originalité. Subjugated est un titre totalement transparent qui essaye de se faire fédérateur dans son refrain, mais qui n’arrive qu’à nous énerver par son aspect tape-à-l’œil et sans réel idée novatrice. Alors oui, pour un type qui a un cancer des poumons, d’un point de vue vocal, c’est pas si mal que ça, mais c’est desservi par un Heavy tout mollasson et quelques solos qui ne marquent pas.

Et encore une fois, les thèmes sirupeux, c’est vite insupportable. Frequency of Love fait partie de ces titres qui ne restent pas un seul instant en tête. Et heureusement qu’au milieu de tout ça, on retrouve Before the Rise of an Empire, le seul morceau vraiment Heavy qui va taper fort. Ici, Ronnie Atkins se décide enfin à pousser les guitares au maximum, avec une rythmique rapide et bien plus entreprenante. De plus, il y a une vraie épaisseur autour de ce titre, qui bénéficie de plusieurs couches afin de former un ensemble solide et compact. Mais rapidement, le chanteur retombe dans ses travers et propose avec Miles Away un retour à quelque chose de tendre, mais sans être touchant. Et c’est ça le pire dans cet album, cette incapacité à rendre les ballades touchantes, faisant quelque chose de déjà entendu mille fois.

Picture Yourself sera un calvaire à écouter avec sa mélodie sans saveur. Puis I Prophesize essayera d’aller un peu plus loin. Il s’agit-là d’un morceau un peu plus sympathique que le reste, même si on reste dans le tout-venant du Heavy. Il manque vraiment de la nouveauté dans le titre pour pleinement nous convaincre. Là, on est sur quelque chose de pas vraiment emballant, même si ça s’écoute. One by One leurrera tout le monde au départ, avec un bon riffing, puis le morceau plonge dans un truc sirupeux et pas vraiment agréable. Enfin, When Dreams are not Enough clôture l’effort de la pire des façons. On est toujours sur un thème amoureux, et globalement, il ne donne pas envie de refaire un tour de piste. Et c’est assez terrible de finir un album sur un morceau qui scelle clairement le sort d’un effort fait sans réel génie.

Au final, One Shot, le premier album solo de Ronnie Atkins, n’est pas vraiment intéressant. On baigne dans un Heavy à la guimauve, où le chanteur souhaite évoquer ses amours passées, mais le tout est servi dans un mélo qui flirte tout le temps avec le mauvais goût. De ce fait, on s’ennuie assez vite autour de cet album qui manque de nerf, d’énergie et d’envie de secouer les gens. Et même si le pauvre bougre essaye de passer à la postérité avant de décéder, ce n’est pas avec ça qu’il y arrivera…

  • Real
  • Scorpio
  • One Shot
  • Subjugated
  • Frequency of Love
  • Before the Rise of an Empire
  • Miles Away
  • Picture Yourself
  • I Prophesize
  • One by One
  • When Dreams are not Enough

Note : 10/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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