avril 17, 2024

Yéti

Titre Original : Yeti : Curse of the Snow Demon

De : Paul Ziller

Avec Peter DeLuise, Josh Emerson, Yan-Kay Crystal Lowe, Elfina Luk

Année : 2008

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Un avion se crashe dans la montagne. Les quelques survivants vont devoir faire face à une menace beaucoup plus dangereuse que le froid ou la faim : un monstrueux Yéti tueur d’humains…

Avis :

Parfois, une carrière se joue à rien du tout. Un film manqué, une descente aux enfers, des choix hasardeux, la vie d’un comédien ou d’un réalisateur peut basculer en un rien de temps. Et de temps à autre, certains se contentent de leur médiocrité et vont là où le vent les mène. C’est le cas de Paul Ziller, un réalisateur de « cinéma » qui n’a jamais fait de bruit, et on comprend aisément cela. Sa filmographie débute dans les années 90 avec des films d’action qui ont dû faire les beaux jours des vidéo clubs. Par la suite, durant les années 2000, c’est vers le film catastrophe lowcost qu’il se tourne, enchainant les nanars insupportables aux images de synthèse improbables et les téléfilms dégueulasses. Il décide, vers la fin de cette décennie-là et le début des années 2010, de rentrer de plein fouet dans le film d’horreur.

C’est là que l’on va découvrir des longs-métrages improbables qui, rien qu’au titre, donnent envie de se faire sauter le caisson. Réputé pour être un nanar qui ne s’assume qu’à moitié, Yéti pourrait faire penser à une énième itération de chez Asylum, avec un abominable homme des neiges en images numériques immondes. Et à quelque part, c’est un peu ce qu’il est, mais pas totalement. Privilégiant une approche plus artisanale avec un vilain costume en latex, Paul Ziller va tout de même manquer le coche en nous prenant plusieurs fois pour des imbéciles. Dès lors, difficile d’accorder le moindre crédit à l’entreprise, qui papillonne de mauvaise idée en mauvaise idée, essayant vainement de créer de la tension autour d’un groupe de jeunes adultes qui doivent survivre au froid, et au vilain singe blanc.

« Le film devient rapidement ridicule. »

En vrai, le scénario aurait pu être louable. Plutôt que de foncer tête baissée dans un survival qui arrache les yeux, le réalisateur va tenter de présenter son petit monde lors de la balade en avion. On y découvre alors un joueur talentueux mais favorisé par la place de son père, un gros dragueur lourdingue, ou encore le comique de service. Bien entendu, tout ce petit monde va se retrouver après le crash, survivant malgré eux, et se découvrant alors que les heures défilent. Le cinéaste tombe alors dans la facilité, avec tous les clichés du genre. Le dragueur pataud devient un héros salvateur au grand cœur, conquérant alors le cœur de sa belle. Le comique devient un vrai salaud qui fait les coups en douce, et le fils à papa va faire cavalier seul avant de mourir de façon… inopinée.

Outre ces personnages fonctions qui ne sont que pour mourir ou se mettre sur la tronche lors d’un désaccord, le film va prendre le temps de faire déambuler son yéti dans la montagne. On va le voir piquer des corps, boulotter quelques bouts de cadavre, avant de vraiment lancer son offensive après de trop longues minutes. Le film devient rapidement ridicule, avec des manigances de la part des humains qui sont stupides, puis un yéti qui s’avère bien débile. Le film patauge rapidement dans la semoule, ne sachant trop quoi raconter sans tomber dans une misère visuelle. Le costume en latex est moche, mais ce n’est rien comparé aux effets spéciaux numériques qui sont tout simplement imbuvables. Dès qu’il faut faire courir le monstre, ou le faire sauter, c’est une catastrophe. Mais ce n’est pas la seule chose qui pose réellement souci ici.

« Le film nous prend tout de même bien pour des cons. »

Si le film a dû bénéficier d’un budget riquiqui, il nous prend tout de même bien pour des cons. On nous balance que nous sommes à plus de 5000m d’altitude, mais on a des sapins (on sait tout qu’à partir de 2000m, il n’y a plus d’arbres, mais des alpages), les personnages ne meurent pas spécialement de froid, et comble du comble, on voit, en arrière-plan, d’autres montagnes. Comment peut-on alors accorder le moindre crédit à tout ça ? Et que dire de ce couple de sauveteurs, qui repèrent les jeunes en détresse, mais mettent trois jours pour monter sans éprouver la moindre fatigue. On est vraiment dans une production qui se fichent de la crédibilité et surtout, qui fait un gros doigt d’honneur au spectateur. Un irrespect qui ne se traduit pas forcément dans l’image.

Car oui, c’est mal filmé, c’est un fait, c’est indéniable. Il n’y a aucun effort de fait sur la lumière, les éclairages, ou même la photographie. Les acteurs sont en roue libre, et globalement, tout cela pue la merde. Mais, on peut tout de même sauver deux petites choses. En premier lieu, les décors sont naturels, et on s’éloigne d’un studio tout moche, avec comme ligne d’horizon un mur peint dégueulasse. Là, il y a un effort de fourni. Ensuite, d’un point de vue gore, même si ce n’est pas la panacée, il y a tout de même de quoi faire. Certes, ce n’est pas assez déluré, pas assez glauque, la faute, encore une fois, à une réalisation caduque et générique, mais certains passages sont plutôt drôles et on sent que Paul Ziller aimerait se lâcher plus, mais qu’il sait pertinemment qu’au niveau de son budget, ce sera infaisable.

Au final, Yéti est un très mauvais film qui ne doit son existence qu’à la plateforme poubelle qu’est Prime Video, mais aussi à un dvd que l’on peut trouver pour moins d’un euro. Est-ce que cela vaut le coup ? Toujours pas, mais il faut tout de même reconnaître que dans le monde du navet horripilant, celui-ci est peut-être moins pire que certains, essayant d’avoir un semblant de mise en scène. Bref, c’est nul, et heureusement pour nous, Paul Ziller est aujourd’hui un grand cinéaste de… téléfilms de Noël !

Note : 03/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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