novembre 30, 2021

Batman No Man’s Land

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Auteurs : Bob Gale, Devin Grayson, Greg Rucka, Ian Edginton

Editeur : Urban Comics

Genre : Super-Héros

Résumé :

Une succession de catastrophes trouva son point culminant avec un gigantesque séisme qui détruisit les infrastructures et coupa Gotham du reste des États-Unis. Bruce Wayne tenta d’user de son poids financier et politique pour demander au niveau fédéral une aide conséquente, mais celle-ci lui fut refusée. Pendant ce temps, les habitants de Gotham fuyaient les ruines de leur ancienne cité et les haines et tensions furent attisées par Nicolas Scracth, une rock-star au pouvoir hypnotique surhumain. Scratch réussit à convaincre le gouvernement d’ordonner une mise en quarantaine de Gotham, déclarée No Man’s Land.
Et depuis, plus personne n’a aperçu la silhouette de l’Homme Chauve-Souris…

Avis :

Il est bien loin le temps où Batman n’était qu’un simple détective au flair sensible et au physique musculeux. Depuis les années 60, où Batman avait déjà subi des transformations pour reconquérir son public, le chevalier noir n’a cessé d’évoluer et de devenir de plus en plus sombre. Mais à force de tirer la corde de la tragédie, notre super-héros finit par devenir assez terne et un poil trop dépressif et à ce stade, il est difficile d’oser renouveler le genre. Alors une solution s’impose presque d’elle-même, changer la ville de Gotham. Lui faire subir des transformations inédites afin de changer les perceptions des méchants mais aussi des gentils comme le commissaire Gordon ou Batman. Et c’est exactement ce que va proposer Batman No Man’s Land, recueil de plusieurs aventures de l’homme-chauve-souris alors que Gotham vient de subir un séisme sans précédent et que la majorité de la population a quitté le navire pour échapper aux survivants de l’asile d’Arkham. Coupée du monde, la ville devient un quadrillage de ghettos où les bandes rivales s’affrontent à mort, suivant des chefs charismatiques et souvent fous.

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Le premier tome se divise en six histoires dont deux qui sont relativement longues et quatre autres qui oscillent entre le one shot et deux épisodes.

La première histoire se nomme Ni Loi Ni Ordre et elle est là pour poser les bases du No Man’s Land. On va y suivre les pensées de l’Oracle qui a réussi à sauvegarder le peu d’internet et d’électricité disponible, le commissaire Gordon qui a créé une bande avec tous les flics qui sont restés et qui essaye tant bien que mal de faire régner l’ordre ou encore une étrange femme déguisée en chauve-souris qui essaye de supplanter Batman qui a disparu des écrans radar. On va comprendre ce qui s’est passé, et comment les grands méchants de l’univers de Batman se sont répartis dans ce nouveau Gotham. L’histoire s’intéressera d’ailleurs davantage au Ventriloque et à sa poupée Scarface et comment Batman va revenir sur le devant de la scène, apprenant à maîtrise le langage des tags, nouveau code pour marquer son territoire. Tout cela reste fort sympathique, notamment grâce au dessin d’Alex Maleev, mais aussi avec le changement imposé à tous ces personnages. L’univers est assez sombre, et notre héros va devoir devenir encore plus violent pour faire régner la justice et remettre de l’ordre dans le chaos.

La deuxième histoire est un one shot très court (Le Diable tout en Bas) mettant en scène Azrael et le méchant Scratch. On va voir que pour accéder au No Man’s Land, Scratch utilise l’hypnose et Azrael va réussir à y pénétrer en se faisant discret. Bien entendu, l’affrontement n’aura pas lieu, Azrael devant sauver la vie d’une jeune fille des griffes d’un psychopathe bodybuildé. On sent les premières faiblesses de l’univers. En effet, à force de forcer le trait des psychopathes, on tombe dans une caricature abusive et dans quelque chose qui n’est pas forcément passionnant, d’autant plus que l’on connait la fin à l’avance. Le dessin n’est pas toujours à la hauteur alors que les couleurs sont correctes. Bref, une histoire courte qui ne mérite pas vraiment une rallonge.

Heureusement, l’histoire longue suivante est beaucoup mieux, et c’est d’ailleurs la meilleure histoire du recueil. La Peur de la Foi met en scène Huntress qui essaye comme Batman de faire régner la justice et l’Epouvantail. Le père Chris tient une paroisse où il accueille tout le monde pour les aider et former une communauté pacifiste. Il accueille même l’Epouvantail. Mis en porte à faux par le Pingouin qui force le père Chris à garder des armes, ce dernier va mettre en danger la communauté car les hommes de Black Mask veulent récupérer ces armes. L’Epouvantail en profite pour semer le doute dans les têtes des réfugiés afin de créer une guerre et le chaos. Huntress va appeler Batman à l’aide. Véritable thriller psychologique, on va voir tout l’art de l’Epouvantail pour dresser les gens les uns contre les autres. Prenant et bien foutu, l’ensemble est renforcé par un dessin sublime.

Du Pain et des Jeux sera par contre le maillon faible du recueil. Doté d’un design horrible qui ne sied absolument pas au Dark Knight, on va voir le Pingouin se faire fracasser par un Batman surpuissant qui latte des méchants dans une arène. Binaire et prévisible, c’est surtout les dessins qui sont à contresens total par rapport à l’univers.

Mosaïque est bien plus intéressante, notamment grâce à un design très noir qui colle parfaitement à l’univers du No Man’s Land. On y retrouve les doutes de l’Oracle ainsi que ceux du commissaire Gordon. Le Batman devient violent et tient une place très intrigante dans l’histoire puisqu’il récupère les méchants et les donne à deux tueurs relativement bizarres. La fin est ouverte et demeure d’un grand nihilisme, ce qui n’est pas pour déplaire au fan du chevalier noir.

Enfin, Deux Pour la Route clôt ce recueil avec un design plus cartoon, plus enfantin, présentant un Double-Face étrange et presque gentil. Difficile de se faire un avis sur cette histoire puisque la fin tombe assez abruptement et que le dessin ne colle pas du tout à l’ambiance voulue. Néanmoins, elle a le mérite de mettre en avant un méchant sous un autre jour et c’est assez intéressant.

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Au final, No Man’s Land n’est pas une tuerie comme Gotham Central ou Amère Victoire ou encore Année Un, mais il s’agit d’un recueil assez plaisant et qui explore des phases dans un Gotham totalement chamboulé. Si on note des faiblesses, notamment au niveau des histoires courtes, les deux histoires un peu plus longues valent leur coup d’œil et le changement de dessin peut amuser comme énerver.

Note : 15/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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