juillet 15, 2024

La Voie Royale – Dans l’Enfer des Grandes Écoles

De : Frédéric Mermoud

Avec Suzanne Jouannet, Marie Colomb, Maud Wyler, Marilyne Canto

Année : 2023

Pays : France, Suisse

Genre : Drame

Résumé :

Sophie est une lycéenne brillante. Encouragée par son professeur de mathématiques, elle quitte la ferme familiale pour suivre une classe préparatoire scientifique. Au fil de rencontres, de succès et d’échecs, face à une compétition acharnée, Sophie réalise que son rêve, intégrer Polytechnique, représente plus qu’un concours… un vrai défi d’ascension sociale.

Avis :

Réalisateur suisse qui exerce beaucoup chez nous, Frédéric Mermoud a commencé à réaliser à la fin des années 90. Pendant une dizaine d’années, il met en scène plusieurs courts-métrages qui vont être primés, avant de réaliser « Complices« , son premier film qui sort en 2010 sur les écrans et qui lui aussi sera primé.

Depuis ce premier essai, Frédéric Mermoud a tendance à se faire rare, puisqu’en treize ans, il ne va réaliser que deux films, « La voie royale » inclus. Pour retrouver le cinéaste, il va falloir se tourner vers la télévision et les plateformes, Frédéric Mermoud travaillant sur des séries telles que « Les revenants« , « Criminal : France » ou encore « L’île aux trente cercueils« .

Après avoir évoqué les relations amoureuses dans « Complices« , puis s’être jeté dans le thriller psychologique avec l’excellent « Moka« , Frédéric Mermoud est de retour dans les salles obscures pour cette fois-ci évoquer un parcours initiatique, celui d’une jeune fille qui se lance dans une prépa pour intégrer les grandes écoles du pays.

« Intéressant, loin des clichés et des caricatures, social et sociétal. »

Intéressant, loin des clichés et des caricatures, social et sociétal, parfois un peu trop appuyé lorsqu’il évoque certains sujets, sur l’ensemble, même si cette « … voie royale » est moins fort que « Moka« , il n’en reste pas moins un petit film intéressant et très bien tenu par ses acteurs, enfin, surtout ses actrices, avec la confirmation de Suzanne Jouannet, et la révélation de Marie Colomb.

Sophie est fille d’éleveurs. Sophie a un don, les maths, qui sont pour elle d’une facilité déconcertante. Poussée par l’un de ses professeurs, alors qu’elle voulait faire une école d’agro, Sophie se lance finalement dans une classe préparatoire scientifique. Pour cela, la jeune fille quitte sa famille et s’installe au sein de l’école de Lyon. Mais la réalité est bien plus dure qu’elle ne l’imaginait, car là où dans son lycée, Sophie brillait, ici, elle a à peine le niveau et doit redoubler d’efforts et de travail si elle veut pouvoir intégré Polytechnique dans deux ans…

Troisième long-métrage de Frédéric Mermoud, « La voie royale » est une des jolies sorties de cette semaine. Si le film est moins prenant et qu’il tient un côté déjà-vu, dans le sens où des films qui abordent des étudiants, on en a déjà vu, cela ne l’empêchera pas de nous offrir un bon moment de cinéma, notamment grâce à son casting qui est à l’image de son titre.

« Ici, il va être question de pression, d’assiduité, d’engagements, de sacrifices, et l’ambiance lourde est très bien rendue. »

Pour nous emporter au sein de cette grande école, Frédéric Mermoud a réuni un très bon casting d’où se démarquent deux actrices merveilleuses, Suzanne Jouannet, qu’on avait remarquée chez Yvan Attal, et qui brille ici en étudiante larguée et tenace à la fois. Avec elle, on ne peut passer à côté de Marie Colomb, sorte de Béatrice Dalle jeune, qui irradie l’écran de sa présence. L’actrice, qui incarne la meilleure amie, est tout aussi excellente, et le duo, venant de deux milieux sociaux, soulève de bonnes questions.

D’ailleurs, « La voie royale » tient de bons sujets au travers de sa trame. Ici, Frédéric Mermoud questionne aussi bien les différences sociales en faisant cohabiter des élèves venus d’horizons différents, qu’il questionne aussi la ténacité et les études, avec la difficulté et l’exigence de l’école, tout comme la somme de travail folle demandée aux élèves.

Avec cela, le film se pose aussi comme un parcours initiatique, avec cette jeune fille qui quitte le domicile familial pour se construire un avenir. Ici, il va être question de pression, d’assiduité, d’engagements, de sacrifices, et l’ambiance lourde est très bien rendue par Frédéric Mermoud qui nous entraîne dans un film qui va très vite et qui est l’image de ses élèves, c’est-à-dire qu’il ne laisse que très peu de repos. Enfin, toujours dans ce scénario, le film questionnera aussi le choix des élèves et le pourquoi faire de grandes études.

« Il lui manque clairement quelque chose pour briller et s’imposer. »

D’ailleurs, de ce côté-là, le film se fait assez sombre et pointe du doigt le capitalisme et la façon de construire des esprits qui ont envie d’argent et de faire de l’argent. Et c’est peut-être de ce côté-là où le film n’est pas toujours très juste, car on sent qu’il prend parti et qu’il a parfois des discours qui sont maladroitement introduits, à l’image d’une petite discussion autour des gilets jaunes, ou encore sur les anciens élèves de grandes écoles.

Du côté de sa réalisation, Frédéric Mermoud livre un beau film qui arrive à capturer une ambiance, une alchimie entre ses personnages et avec ça, il arrive aussi à capturer le stress et l’exigence de cette école. Le rythme est soutenu, et jamais le réalisateur ne se perd, tenant toujours de quoi nous intéresser, et le tout en évitant les clichés, même s’il restera quand même le côté déjà-vu. Et d’ailleurs, c’est peut-être ça qui fait du mal à cette « … voie royale« , car si l’on est pris dedans, jamais le film ne se fait surprenant, et il n’arrive jamais vraiment à passer au-dessus du lot, ce qui est dommage, car il tient un bon sujet et de bons personnages. Ainsi, il lui manque clairement quelque chose pour briller et s’imposer.

Je ressors donc partagé de ce nouveau film de Frédéric Mermoud, qui est loin d’être mauvais. Sur l’ensemble, j’ai passé un bon moment, et entre son scénario qui est travaillé et ses actrices et acteurs qui sont excellents, « La voie royale » m’a fait passé un bon moment, mais voilà, face à la précédente réalisation de son réalisateur, cette « … voie royale » se fait moins marquante et c’est dommage. Après, toutefois, je ne regrette pas de m’y être arrêté, car sur l’ensemble, je le redis, j’ai passé un bon et intéressant moment de cinéma.

Note : 13,5/20

Par Cinéted

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