mai 25, 2024

Oppenheimer

De : Christopher Nolan

Avec Cillian Murphy, Robert Downey Jr., Emily Blunt, Matt Damon

Année : 2023

Pays : Etats-Unis

Genre : Biopic

Résumé :

En 1942, convaincus que l’Allemagne nazie est en train de développer une arme nucléaire, les États-Unis initient, dans le plus grand secret, le « Projet Manhattan » destiné à mettre au point la première bombe atomique de l’histoire. Pour piloter ce dispositif, le gouvernement engage J. Robert Oppenheimer, brillant physicien, qui sera bientôt surnommé « le père de la bombe atomique ». C’est dans le laboratoire ultra-secret de Los Alamos, au cœur du désert du Nouveau-Mexique, que le scientifique et son équipe mettent au point une arme révolutionnaire dont les conséquences, vertigineuses, continuent de peser sur le monde actuel…

Avis :

« Oppenheimer » est un personnage qui fascine par son histoire, et par le personnage en lui-même. Au milieu des années 2000, à la suite de la sortie de la biographie « Robert Oppenheimer : Triomphe et tragédie d’un génie« , le réalisateur Sam Mendes se dit très intéressé pour porter Oppenheimer à l’écran. Mais le film ne se fera jamais, et les auteurs du livre se montrent pessimistes quant aux perspectives de voir un jour se réaliser ce projet.

Après des années dans un tiroir, c’est en 2019, à la sortie de production de « Tenet« , que le projet va être, entre guillemets, relancé par Robert Pattinson, qui va alors offrir le livre à Christopher Nolan, et dans ce dernier, on y trouve un discours d’Oppenheimer. Dès lors, Nolan se montre particulièrement intéressé pour mettre en scène ce destin, qui tient en lui toutes les obsessions de son réalisateur.

Film complexe, récit incroyable qui s’étale sur trois heures de métrage, « Oppenheimer » est un bout d’histoire qui se révèle être follement intéressant. Ici, Christopher Nolan dresse le portrait du père de la bombe atomique, et derrière ça, il en profite aussi pour faire un film critique et sombre, qui tape sur les politiques ingrats et opportunistes. Très long, trop long même, parfois faussement compliqué, avec plusieurs temporalités qui s’entrecroisent pour livrer le même résultat, il n’empêche que derrière ça, le nouveau Christopher Nolan reste un sacré bout de cinéma, aussi intéressant dans ce qu’il raconte, que visuellement superbe.

« Christopher Nolan se lance dans un biopic qui raconte l’histoire d’un physicien aux idées hors normes. »

1942, au cœur de la guerre, l’Amérique est persuadée que l’Allemagne de Hitler est en train de fabriquer une bombe dévastatrice. Pour contrer les nazis, en secret, le gouvernement et l’armée engagent les plus grands scientifiques pour créer avant tout le monde l’arme qui mettrait fin à toute guerre. À la tête de ce projet, un professeur et physicien de l’université de Berkeley, J. Robert Oppenheimer.

Christopher Nolan est un cinéaste qui aime jouer avec le temps. Chacun de ses films, ou presque, approche la notion du temps et il était presque logique qu’il s’attaque à Oppenheimer, car au sein de la vie du physicien, là encore, une notion de temps, à un moment donné, s’est trouvée très importante. Le temps de construire la bombe H avant les autres pour arrêter la Seconde Guerre mondiale. Cette idée de temps est d’ailleurs bien tenue pendant la partie sur la construction de la bombe H.

Mais derrière ça, « Oppenheimer » est bien plus que ça, puisque Christopher Nolan se lance dans un biopic qui raconte l’histoire d’un physicien aux idées hors normes. Un physicien au parcours intéressant, de ses études à Cambridge à voyage à travers l’Europe pour gagner en connaissances et en rencontres, à son retour aux États-Unis pour enseigner, en passant évidemment par ces petits faits qui vont l’amener à diriger ce centre « de recherche pour créer la bombe », sans oublier tout ce qui se passera après les réussites, avec procès, chute, jalousie de parts et d’autres… Bref, la vie d’Oppenheimer est passionnante, et le scénario, ainsi que le film de Christopher Nolan, le sont tout autant.

« Le scénario est complet, il est passionnant, même si parfois, il se complique la trame pour finalement pas grand-chose. »

Après, une fois que j’ai dit cela, je dois toutefois avouer que ce nouveau Christopher Nolan ne m’a pas autant transporté que je l’aurais cru, car beaucoup d’éléments, qui sont pourtant le cœur du cinéma de Christopher Nolan, sont venus me gêner. Le premier élément, c’est la complexité de son scénario qui mélange alors plusieurs timelines en même temps, avec d’un côté la vie de Robert Oppenheimer, déroulée de manière chronologique, et de l’autre, deux sortes de procès, avec d’une part celui d’Oppenheimer, et de l’autre, celui d’un politicien qui cherche à entrer au gouvernement. D’ailleurs, ce dernier procès est filmé en noir et blanc et s’il est sublime, je trouve qu’il n’apporte pas grand-chose à l’histoire, si ce n’est un sentiment de compliquer encore un peu plus l’intrigue, alors même qu’elle n’en avait pas besoin.

Alors bien sûr, ces différentes « histoires » dans l’histoire ont une logique et se posent comme des pièces d’un puzzle qui se rassemble à la fin pour livrer une belle conclusion, mais il m’aura fallu du temps avant qu’ »Oppenheimer » ne m’emporte.

Heureusement, face à cela, « Oppenheimer » est encore plus que ça, car au travers de la vie de son personnage et ce par quoi passe le film, « Oppenheimer » est aussi un film qui évoque la géopolitique, avec cette dernière qui est jalouse, opportuniste, et même ingrate, se servant des gens à ses propres fins. Et plus loin encore, face à un Oppenheimer tout en regrets, qui prend conscience de l’arme créée et de son pouvoir, la politique va y être décrite comme avide de pouvoir, en voulant toujours plus. Le film parlera aussi de cette chasse aux communistes, des balbutiements de la guerre froide, ou encore, de manière plus intime, la vie d’Oppenheimer dans son couple ou dans son rôle de parent. Bref, le scénario est complet et comme je le disais, il est passionnant, même si parfois, il se complique la trame pour finalement pas grand-chose.

«  »Oppenheimer » est un beau et bon cru pour son réalisateur. »

« Oppenheimer » est aussi un film parfaitement « Christopher Nolanien » dans l’image, avec ces couleurs, ce sens du montage décousu, ce score superbe signé Ludwig Göranson, cette façon de créer des images hallucinantes avec le moins d’effets numériques possibles, la retranscription de l’essai de la bombe sur le sol américain résonne comme l’enfer sur Terre. Si, comme je le disais, c’est parfois beaucoup trop long, au point que l’on sent passer les trois heures, sur l’ensemble, « Oppenheimer » est un beau et bon cru pour son réalisateur. De plus, on appréciera l’ambiance parfois parano, avec des complots de toutes parts, ou encore un sacré manque de confiance envers certains personnages.

Et lorsqu’on parle de personnages, il est impossible de passer à côté de ce casting impérial, où tous les comédiens sont plus bons les uns que les autres, avec une mention, bien sûr, pour Cillian Murphy qui tient le haut de l’affiche avec charisme, intérêt et un soupçon de mystère. Mention aussi à Robert Downey Jr. qui est de retour autrement qu’en « Iron Man » et qu’est ce qu’il est bon.

En conclusion, ce douzième film de Christopher Nolan est assurément un bon cru et un excellent moment de cinéma, et ça, malgré sa longueur presque interminable. En dressant le portrait d’ »Oppenheimer« , Christopher Nolan livre un film qui aborde tout un tas de thématiques (Le temps, la construction d’un projet, la seconde guerre, la physique, la politique, les complots…) qui, au sein de cette histoire-là, rendent le film passionnant. Demeure néanmoins que Christopher Nolan complique sa trame pour finalement pas grand-chose, et si on ajoute à cela les trois heures que dure « Oppenheimer« , le film apparaît comme difficile d’accès et c’est dommage.

Note : 14,5/20

Par Cinéted

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