septembre 26, 2023

Wrathblade – God of the Deep Unleashed

Avis :

Si la Grèce n’est pas le premier pays vers lequel on se tourne pour écouter du Métal, elle possède néanmoins quelques groupes cultes, qui frappent bien et fort. En tête de liste, on peut évoquer Septicflesh et son gros Death à tendance atmosphérique qui tache. Aujourd’hui, on s’attarde un peu sur Wrathblade, un groupe qui fait du Epic Heavy Metal et qui est domicilié à Athènes. Fondé en 2003, le groupe va avoir du mal à se faire entendre à ses débuts. Malgré un single sorti en 2006, ce n’est que cinq ans plus tard qu’une démo pointe le bout de son nez, pour aboutir à un premier LP en 2012 avec Into the Netherworld’s Realm, signé chez Eat Metal Records, un petit label grec fondé en 2000. Il faudra attendre cinq années pour voir débouler un second opus avec God of the Deep Unleashed.

Qui dit petit label, dit production qui n’est pas forcément au top. C’est un peu le cas ici, où l’on va ressentir toutes les faiblesses d’une production minime pour un groupe qui veut pourtant faire quelque chose d’épique. Dès le premier morceau, Sheer Vengeance Will Out Upon Thee (God of War Pt. II), on va ressentir ce manque de profondeur dans les compositions et une basse qui manque cruellement de rondeur. Pour autant, on prend un malin plaisir à l’écoute, notamment pour sa dynamique et cette volonté d’être efficace. Techniquement, c’est bon, mais le gros bémol viendra du chanteur qui manque de tessiture. On a la sensation que parfois, c’est faux, et tout cela manque de modulation, avec un chant qui reste très monolithique. Pour du Doom, ça irait, mais pour du Heavy, ça reste un peu trop juste, et cela porte préjudice à l’ensemble.

Enter the Warrior’s Guild (Doomopolis Pt. II) (oui, parce que les deux premiers morceaux sont des suites de deux titres du premier effort du groupe) reprend les mêmes bases que le morceau précédent. C’est-à-dire qu’on a la sensation d’entendre les mêmes riffs, la même rythmique, et on sent un petit relent de redondance. Encore une fois, si techniquement, c’est impeccable, il y a quelques répétitions et un manque de profondeur. Par exemple, il n’y a pas d‘orchestration épique derrière, qui aurait pu amener quelque chose de plus grandiloquent. Le constat se fera sur l’entièreté de l’album, qui n’arrive pas vraiment à nous convaincre. Castration of Uranus possède un peu une introduction théâtrale, mais c’est noyé dans les riffs et la batterie qui va taper dans tous les sens. Alors oui, le titre change un peu par rapport aux deux précédents, mais on a toujours cette sensation de tâtonnement.

Puis en milieu d’album, on va avoir un petit ventre mou avec quelques titres courts qui ne marqueront pas vraiment, la faute à une absence de refrain entêtant ou de mélodies intéressantes. No Dole for the Blest porte ces stigmates, offrant un titre sans génie et sans passage gratifiant. Vaunted Pride va dépasser les cinq minutes, et il aura un côté épique avec son début qui peut se voir comme une narration d’histoire, mais globalement, par la suite, le morceau sombre dans un mid-tempo qui manque d’énergie et d’envie d’en découdre. C’est du Epic Heavy que l’on écoute assis dans son rocking-chair avec une tasse de camomille à la main. Alor Valiancy, Virtue, Victory va redorer un peu le blason du groupe. Le titre est pertinent, monte crescendo et offre un moment plaisant qui serait parfait en introduction de concert. Et la voix du chanteur s’accorde parfaitement au rythme.

Malheureusement, le groupe retombe ensuite dans ses travers, avec des morceaux trop courts, et qui manquent d’ampleur, de souffle. Cthonian Echoes Devour Then Wane se veut rapide et percutant, mais il manque tellement d’un son plus rond que finalement, on s’y ennuie assez vite. Seules ruptures sont intéressantes, mais elles ne sont pas assez mises en avant. Transcendent Essence sera carrément un titre transparent qui manque cruellement d’éléments mémorables. Il s’agit-là d’un morceau que l’on oublie assez vite après écoute, et qui ne reste jamais en tête. Enfin, le groupe conclut avec Submersion, le titre le plus long de l’album, mais qui pêche par la voix du chanteur qui manque de tonalité, et une mélodie très basique qui ne prend jamais dans nos têtes.

Au final, God of the Deep Unleashed, le dernier album en date de Wrathblade, manque d’une production digne de ce nom pour être intéressant. En moins de quarante minutes, ce qui est rare pour ce genre de métal, les grecs n’arrivent pas vraiment à nous convaincre, la faute à un manque de profondeur dans les orchestrations, et un manque cruel d’orchestration pour épaissir le son. Cela n’empêche pas le groupe de montrer des prestations techniques impeccables, mais pas suffisamment pour nous marquer et nous convaincre…

  • Sheer Vengeance Will Out Upon Thee (God of War Pt. II)
  • Enter the Warrior’s Guild (Doomopolis Pt. II)
  • Castration of Uranus
  • No Dole for the Blest
  • Vaunted Pride
  • Valiancy, Virtue, Victory
  • Cthonian Echoes Devour Then Wane
  • Transcendent Essence
  • Submersion

Note : 11/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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