mai 29, 2024

Antagonism – World on Disease

Avis :

On le dit quasiment à chaque chronique qui concerne du Métal français, mais c’est un état de fait assez alarmant, il devient très compliqué de « percer » dans le milieu de cette musique lorsque l’on vient de l’hexagone. Les raisons sont diverses et variées, mais cela provient principalement d’un manque de mise en avant, de maisons de disques frileuses sur ce style, et d’une absence du genre sur les ondes radiophoniques. De ce fait, il ne reste que le bouche à oreille et les méandres du net pour trouver quelques pépites françaises. Antagonism fait partie de ces groupe indépendants qui essayent de faire quelque chose de qualité, tout en restant éloigné de productions solides faute, certainement, à une absence de proposition de contrat de ces dernières. Pour autant, avec World on Disease, les français font étalage d’une technique imparable et d’un Thrash de haute volée.

Originaire de Toulon, le groupe se forme grâce au regroupement de deux autres bandes, Zinthar et Speed Hammer. Sans mentir sur son style, les français proposent un pur Thrash, et ce premier album va faire étalage de tout leur talent et de leur envie de marquer les esprits dans des compos old school mais puissantes et malines. Ce n’est pas Eve of Decadence qui va nous faire mentir, puisque ce long premier morceau (plus de six minutes) met en place tous les ingrédients qui vont constituer le sel de l’album. C’est nerveux, rapide, on n’est pas là pour rigoler, et d’un point de vue technique, c’est impressionnant. Seul petit bémol à apporter, certaines liaisons entre les grattes et la batterie ne se sont pas de façon lisses, et on peut y trouver quelques accrocs. Rien de bien grave, car cela n’entache pas l’écoute, et montre bien l’aspect indépendant de l’album.

Mais le groupe arrive néanmoins à fournir un premier titre dont la qualité d’écoute est tout à fait honorable. On sent qu’il y a du soin apporter à la petite production, et on est loin d’un truc enregistré dans un vieux garage à l’acoustique dégueulasse. Ghoulish Mind va marcher sur les pas du titre précédent, en gardant cette violence inhérente au Thrash, tout en y apportant des éléments plus ou mou moins nouveaux, avec des passages qui vont penser à du Slayer, toutes proportions gardées. Mais le break est puissant, et on a bien envie de se faire à la nuque sur les riffs du morceau. Uncensored Nightmare sera un peu plus bancal sur son introduction, avec une basse qui manque un peu de rondeur, mais par la suite, le titre tient bien la route et renoue avec une énergie puissante et vivace.

En abordant World on Disease, on va tout de même s’apercevoir d’un petit défaut, celui d’une redondance dans les rythmiques et les riffs. Si le morceau est intéressant et reste dans ce que le groupe sait faire, il ressemble un peu à ce que l’on a écouté juste avant, et de ce fait, il devient moins percutant. Mais Antagonism rebondit sur le titre suivant avec A Page was Turned qui va faire écho à Metallica. Là aussi, toutes proportions gardées, puisqu’il est difficile de rivaliser avec les américains, mais les français offrent un excellent titre qui reste bien en tête. Et Toxic Wasteland de nous rappeler au bon souvenir que dans le Thrash, on peut aussi faire dans la douceur, notamment dans les introductions qui permettent de s’exprimer librement. Par la suite, le groupe frappe fort, mais prouve que l’on peut faire une belle histoire avec un début doux.

Technological War n’est pas là pour faire dans la dentelle, et malgré sa longue durée, on ne va jamais ressentir de l’ennui. Cela est en partie dû à un solo de guitare incroyable, où les deux grattes sont se répondre dans un enchainement nerveux et véloce qui démontre tout le talent technique du groupe. Et on ne peut que féliciter le groupe qui, avec peu de moyens, délivre un titre maous qui frappe fort. Il est difficile de passer derrière ce gros morceau, et il est vrai que Blood and Bones ou encore Afterlife peuvent parfois manquer d’épaisseur ou d’identité. Néanmoins, les deux titres sont très bons. Mais c’est avec Remember What You Are que les toulonnais exultent, avec huit minutes de bonheur et de talent. Une pièce maîtresse placée à la fin, qui vient nous redonner envie d’une autre écoute. Et cela malgré Forsake, une outro mélancolique au départ, puis qui part dans un délire final un peu incongru.

Au final, World on Disease, le premier album d’Antagonism, est une belle réussite, malgré quelques anicroches. Des choses qui sont imputables au côté indépendant de l’album, mais qui n’entache en rien le talent technique des musiciens, ni même le plaisir d’écoute. Les toulonnais ont du talent à revendre et ne se fixent pas vraiment de limite en proposant un premier effort long (plus de 56 minutes) et inspiré, où les références fusent sans pour autant faire dans la redite. Bref, un groupe qui mérite plus d’attention et de succès.

  • Eve of Decadence
  • Ghoulish Mind
  • Uncensored Nightmare
  • World on Disease
  • A Page was Turned
  • Toxic Wasteland
  • Technological War
  • Blood and Bones
  • Afterlife
  • Remember What You Are
  • Forsake

Note : 16/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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