février 23, 2024

Alpha Souls – Carousel of Emotions

Avis :

Quand on pense à la musique rock ou métal, l’Espagne n’est pas un pays qui nous vient directement en tête. Contrairement à l’Angleterre, l’Allemagne ou encore l’Italie, peu de groupes de Rock/Hard/Métal ibériques ont réussi à s’imposer sur la scène européenne et mondiale. Pourtant, il y a d’excellents groupes, à l’image d’Angelus Apatrida ou encore de Diabulus in Musica. Provenant des îles Canaries, Alpha Souls espère bien redistribuer les cartes avec son premier album, Carousel of Emotions. Et tout y est, du moins dans le marketing, avec un nom anglais, des titres en anglais, et une volonté de ressembler à un groupe de Hard anglais ou américain. Cependant, il est toujours compliqué de s’imposer dans un genre qui passe peu à la radio et dans un style qui parfois, singe des aînés qui sont en Terre Sainte, à l’image de Def Leppard ou même AC/DC.

Le premier titre pose les bases d’Alpha Souls. Nous sommes face à un Hard parfaitement calibré, qui sait exactement jouer avec les codes du genre. On a une introduction qui titille, un gros démarrage avec de bons riffs, puis un chanteur qui va avoir un joli grain de voix, permettant alors de pleinement plonger dans un style un peu rugueux. Climb of the Top contient tous ces éléments en plus d’une jolie production, qui surprend pour un premier album. Même le solo est intéressant et permet d’avoir envie d’écouter la suite. King of the Road sera alors du même acabit, même si la rythmique sera bien plus rapide, nouant avec un Hard décomplexé qui donne immédiatement envie d’hocher la tête d’avant en arrière avec énergie. Le groupe est malin de commencer avec ces deux titres, qui sont particulièrement efficaces. Le seul bémol, un emploi du clavier qui gâche le refrain.

Live to the Full poursuivra cette excellente première impression, avec un solo d’entrée de jeu et une sorte de jovialité qui se dégage de l’ensemble. Si on peut pester contre un clavier trop présent, et certains riffs qui se terminent toujours de façon aigue sur la fin, on est sur un morceau qui fonctionne bien. Silent Days va tenter de ralentir un petit peu la chose. Plus simple dans son approche, le groupe essaye de proposer un morceau plus Rock et plus doux, mais l’ensemble manque d’identité. Le chanteur, d’origine grecque, cherche à faire le lover dans les couplets, et c’est souvent trop surjoué. Words Unspoken va aussi montrer les limites du groupe. C’est là que l’on voit qu’il manque une production digne de ce nom, avec une volonté de rendre le tout un peu sirupeux, mais tout cela manque de back-up et de reverb. C’est dommage.

Mais la formation s’enfonce un petit peu dans le mauvais goût avec Dreamer in the Night. Si en soi, ce n’est pas mauvais, le clavier vient rendre l’ensemble très pénible à écouter, et les couplets sont mous, sans avoir une réelle patte pertinente. On aurait aimé en avoir plus, ou tout du moins des riffs un peu plus incisifs. Mais Never-Ending viendra remonter un peu la pente. Si on retrouve toujours un clavier qui vient tout gâcher, on a tout de même un bon refrain et un riff qui tape bien. How Well you Think you Know Me brouille les pistes en jouant sur des effets qui font penser à une ballade. Mais il n’en est rien, puisqu’il s’agit d’un morceau qui monte crescendo et qui va offrir un joli refrain puissant et entrainant. Etrangement, là-dessus, la production est nickel, notamment quand il n’y a pas de clavier intempestif.

La fin de l’album reste tout de même un poil en deçà du reste. Il faut dire que le groupe aime aussi l’AOR, un genre de Hard Rock mélodique pénible et commercial, qui manque cruellement de nervosité. Believe ira pile dans ce sous-genre, et on verra qu’Alpha Souls a bien du mal à nous embarquer dans son délire. Where Your Heart Belongs sera le pompon avec un riffing apathique et une mélodie qui semble provenir des années 80, mais sans jamais rien apporter de plus. C’est très décevant. The Turning viendra redorer le blason du groupe, avec un titre qui fait écho à de la Folk/Country américaine, et de belle manière. Puis Six Minutes to Heaven parviendra à nous cueillir avec ses gros riffs bien Hard. Quant à Bring it On, c’est plutôt pas mal, même si très impersonnel. On aurait aimé une plus grosse prise de risque.

Au final, Carousel of Emotions, le premier album d’Alpha Souls, n’est pas un désagréable moment, et c’est même plutôt une bonne surprise. Si on retrouve des pistes moins bonnes que d’autres, avec un goût trop prononcé pour l’AOR, d’autres titres valent vraiment le détour, avec une vraie envie de Hard et de partitions rythmiques relevées. La guitare est bien évidemment mise en avant, et c’est un plus, tant d’un point de vue technique, la groupe assure. Bref, un premier effort qui donne envie d’écouter la suite, si un jour il y a.

  • Climb of the Top
  • King of the Road
  • Live to the Full
  • Silent Days
  • Words Unspoken
  • Dreamer in the Night
  • Never-Ending
  • How Well you Think you Know Me
  • Believe
  • Where Your Heart Belongs
  • The Turning
  • Six Minutes to Heaven
  • Bring It On

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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