juin 8, 2023

Le Parfum Vert – Douce Fragrance

De : Nicolas Pariser

Avec Sandrine Kiberlain, Vincent Lacoste, Rüdiger Vogler, Léonie Simaga

Année : 2022

Pays : France

Genre : Comédie, Policier

Résumé :

En pleine représentation, devant un public médusé, un comédien de la Comédie-Française est assassiné par empoisonnement. Martin un des comédiens de la troupe, témoin direct de cet assassinat est bientôt soupçonné par la police et pourchassé par la mystérieuse organisation qui a commandité le meurtre. Aidé par une dessinatrice de bandes dessinées, Claire, Martin cherchera à élucider le mystère de cette mort violente au cours d’un voyage très mouvementé en Europe.

Avis :

Après des études d’arts, de philosophie et de cinéma, Nicolas Pariser s’approche du monde du cinéma par le biais de l’écriture, étant critique de cinéma pour le magazine Sofa. Vers la fin des années 2000, il commence à réaliser de petits films, et il se fait assez vite remarquer, notamment avec son deuxième court en 2009 qui décroche le Prix Jean-Vigo. Après un premier long qui est moyennement reçu, Nicolas Pariser trouve le succès avec « Alice et le Maire« , film qui réunit entre autres, Fabrice Luchini et Anaïs Demoustier, à la Mairie de Lyon. Le film offrira même son premier César de la meilleure actrice à la jeune comédienne.

Alors qu’il a fait jusqu’à maintenant des films qui s’aventuraient dans la politique, pour son troisième long-métrage, Nicolas Pariser s’aventure ailleurs et tente autre chose. Ainsi, « Le parfum vert » est un drame teinté de comédie, qui emprunte les sentiers du polar habillé de noir. Rappelant certains films de Jean-Pierre Mocky, conjuguant avec talent film noir, enquête et film d’infiltration, « Le parfum vert » se fait original, cool et l’on se plaît à suivre les mésaventures de ce duo de personnages, parfaitement accordés. Avec ce troisième film, qui tient en lui un petit côté politique, Nicolas Pariser signe assurément son meilleur film.

« Pour son nouveau film, le réalisateur voit plus grand, plus loin et force est de constater que ce « … parfum vert » fonctionne bien, très bien. »

Un soir comme un autre à la Comédie-Française, alors qu’une pièce se joue, un comédien est assassiné par empoisonnement sur la scène. C’est Martin Rémi, un jeune comédien, qui a recueilli les dernières paroles de l’homme qui vient de mourir. Ce dernier lui a dit : « – On m’a assassiné… Le parfum vert… « . Plus tard, dans la soirée, Martin va être enlevé, et cette disparition soudaine pose alors tous les soupçons sur lui. Relâché, Martin, aidé par Claire, une autrice à la vie chaotique, va mener l’enquête pour trouver l’assassin de son ami, et derrière ça, s’innocenter.

Après avoir sondé la mairie de Lyon, Nicolas Pariser revient avec un film différent. Un film noir, où il est question d’assassinat, de complot, de traque, de filature, de voyage, le tout offert avec un fond de complotisme, de politique internationale et d’influence sur l’équilibre du monde. Oui, oui, carrément ! Pour son nouveau film, le réalisateur voit plus grand, plus loin et force est de constater que ce « … parfum vert » fonctionne bien, très bien.

Tenu par un scénario aussi prenant qu’il est intrigant, et même amusant, notamment grâce à la mesure avec laquelle le cinéaste gère son duo de personnages, aussi mal accordés qu’ils en sont amusants et attachants, « Le parfum vert » nous entraîne dans une enquête intrigante, qui va se dévoiler petit à petit. Nicolas Pariser s’amuse avec cette histoire originale (ne serait-ce que cette idée de meurtre à la Comédie-Française) en tirant plusieurs cordes toutes très différentes et le metteur en scène arrive très bien à les faire se marier.

« Nicolas Pariser, qui adapte-là une bande-dessinée, fait preuve de minutie dans son écriture. »

Ainsi, « Le parfum vert » est autant un film d’espionnage qu’un film policier, un film de duo qu’un film d’enquête. En chef d’orchestre, Nicolas Pariser sait où aller dans cette histoire et comment y aller, et toutes ses cordes ne forment aucun nœud, même s’il peut y avoir quelques facilités, et même quelques mystères cachés, notamment la taupe au sein de la Comédie-Française qui se démasque presque instantanément. Mais bon, sur l’ensemble, « Le parfum vert » se déguste avec plaisir et régal.

Nicolas Pariser, qui adapte-là une bande-dessinée, fait preuve de minutie dans son écriture. Le réalisateur sait parfaitement mener cette enquête, même si on pourra toutefois lui reprocher quelques séquences en trop. Des séquences qui certes nous en apprennent beaucoup sur ces personnages, mais le film aurait parfaitement pu exister sans, l’intrigue n’aurait pas été différente, et derrière ça, ces séquences ralentissent le film, qui avait, avant et après, un bon rythme.

Si « Le parfum vert » fonctionne bien, c’est qu’en plus d’avoir une bonne idée de départ, et une bonne enquête, Nicolas Pariser a réuni un casting savoureux. Un casting assez improbable dans un sens, pour son duo de personnages et c’est ce qui en fait tout son charme. C’est Vincent Lacoste et Sandrine Kiberlain qui tiennent la tête de l’affiche de cette enquête en eaux troubles, et le duo se fait attachant, et dans la peau de ces enquêteurs en herbe, ils se font aussi drôles qu’on aime les suivre de mésaventures en mésaventures. Avec eux, Nicolas Pariser ose même tirer quelques cordes improbables, qui ajoutent un peu plus d’intérêt à l’ensemble, donnant un autre aspect à son film. Bref, c’est vraiment très bien, et le duo est soutenu par une petite bande de comédiens (Léonie Simaga, Rüdiger Vogler Thomas Chabrol) qui, si on peut leur reprocher des rôles qui auraient mérité d’être plus développés, sur l’ensemble, là encore, ça fonctionne bien.

« Le film citant aussi bien le cinéma de Mocky, que quelques films noirs, et même « Pauline détective« . »

Enfin, si le film a des séquences en trop, et que son rythme n’est pas toujours au meilleur, « Le parfum vert » surprend de par son ton, qui donne dans le film noir. Nicolas Pariser utilise à bon escient tous les codes du film noir dans sa mise en scène, ce qui donne à ce « … parfum vert » une ambiance et une allure rétro qui nous entraîne directement dans son intrigue.

De plus, c’est avec plaisir que le réalisateur, comme toute bonne intrigue d’espionnage, nous fait voyager, ainsi, ici, on ira de Paris à Budapest en passant par Bruxelles. L’intrigue est plutôt bien tenue, les ambiances se mélangent bien et derrière ça, on se plaira aussi à voir quelques références et inspirations savoureusement distillées au fur et à mesure, le film citant aussi bien le cinéma de Mocky, que quelques films noirs, et même « Pauline détective » (celle-là fallait l’oser et elle passe génialement). Notez que l’ambiance noire est aussi décuplée grâce à sa très plaisante BO signée Benjamin Esdraffo, qui retrouve le réalisateur après « Alice et le Maire« .

Ce troisième film pour Nicolas Pariser est une jolie réussite, qui navigue aisément entre le film noir, le film d’enquête, de complot et d’espionnage. Ajoutions à cela un soupçon de comédie tout à fait mesurée, une histoire qui a de l’intérêt et de l’idée, comme ce mélange de film noir avec les codes du film noir, alors que l’intrigue est très actuelle, voire même un poil critique, quand le film fait de la politique. Ajoutons aussi ses acteurs et ce bon duo de personnages qu’on aime beaucoup suivre dans ce complot qui les dépasse. Bref, Nicolas Pariser surprend et derrière ça, avec ce nouveau film, il se pose comme un réalisateur sûr, dont on attend avec curiosité la prochaine aventure.

Note : 15/20

Par Cinéted

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