août 10, 2022

Entre la Vie et la Mort – La Vérité sur mon Fils

De : Giordano Gederlini

Avec Antonio de la Torre, Marine Vacth, Olivier Gourmet, Fabrice Adde

Année : 2022

Pays : Belgique, France, Espagne

Genre : Thriller

Résumé :

Leo Castaneda est espagnol, il vit à Bruxelles, où il conduit les métros de la ligne 6. Un soir, il croise le regard d’un jeune homme au bord du quai. Des yeux fiévreux de détresse, un visage familier… Leo reconnait son fils Hugo, lorsque celui-ci disparait tragiquement sur les rails ! Leo qui ne l’avait pas revu depuis plus de deux ans, va découvrir qu’Hugo était impliqué dans un braquage sanglant. Il va devoir affronter de violents criminels pour tenter de comprendre les raisons de la mort de son fils.

Avis :

Né au Chili, Giordano Gederlini est un cinéaste français qui travaille énormément en Belgique. Après des études à la Sorbonne, le jeune Giordano Gederlini se dirige vers le cinéma et commence à réaliser quelques courts ici et là. Très vite, il réalise un premier long-métrage en 2002, « Samouraï« . Si sa carrière en tant que metteur en scène a du mal à s’imposer, une autre facette de lui le met bien plus sur les rails, scénariste. Entre deux films, Giordano Gederlini écrit ou coécrit et ainsi, on retrouve son nom sur des films comme « L’Envahisseur » de Nicolas Provost, « Les misérables » de Ladj Ly, « Tueurs » de François Troukens et Jean-François Hensgens ou encore le superbe « Duelles » d’Olivier Masset-Depasse.

Posant sa caméra à Bruxelles, « Entre la vie et la mort » est le quatrième film que Giordano Gederlini réalise et après la comédie, le cinéaste s’essaie au polar sombre, avec cette histoire de vengeance certes assez basique et déjà vue, mais derrière ça, qui reste efficace. Jouant sur plusieurs fronts à la fois, jouant volontairement la carte du mystère au départ, « Entre la vie et la mort » est un film plaisant, qui se laisse suivre avec intérêt, notamment parce qu’il est tenu d’un côté par une jolie mise en scène et de l’autre, il est aussi et surtout tenu par un casting de choix, dont un Antonio De La Torre qui tourne en français.

Leo Castaneda est espagnol et vit à Bruxelles où il est chauffeur de métro. Un soir comme un autre, alors qu’avec sa trame de métro, il s’apprête à entrer dans une station, il voit son fils se jeter sous les rails de son métro. Léo n’avait pas revu son fils depuis deux ans. Très vite, Léo va apprendre que son fils est lié à un braquage qui a mal tourné et alors que la police le soupçonne et le suit, Léo se met sur la trace des assassins de son fils.

Le polar est un genre qui est assez rare dans le paysage du cinéma pour que lorsqu’on en voit un arriver dans nos salles de cinéma, il pique notre curiosité. « Entre la vie et la mort » est un film qui donne le ton d’entrée de jeu. Ainsi, le film de Giordano Gederlini sera sombre, torturé et il tiendra une histoire tragique. Giordano Gederlini y développe une lumière grisâtre et sans vie et dans sa mise en scène, « Entre la vie et la mort » peut se vanter d’avoir un très joli cachet pour lui. Le film de Giordano Gederlini oscille très bien entre une bonne mise en place des éléments de son intrigue, un mélange entre enquête sur plusieurs fronts, menée par différents personnages, et une histoire de vengeance qui, on l’imagine bien, nous emmènera vers un affrontement final assez intense.

Toujours du côté de la mise en scène, « Entre la vie et la mort » est un film riche en idées et en technique. D’un côté, Giordano Gederlini respecte bien les codes du polar, et nous offre ce que l’on est venu chercher, et de l’autre, le réalisateur ose quelques idées qui vont être intéressantes, comme plusieurs séquences vues à la première personne, au travers d’une caméra dissimulée. Ça nous immerge d’un coup, et en plus d’être justifiées, ces séquences sont très bien pensées. Enfin, comme prévu, le film nous offre aussi de bons affrontements, des idées pour mettre en images ces derniers et un final assez fort, même s’il reste aussi comme on l’avait prévu. D’ailleurs, c’est peut-être là le principal défaut de ce film.

Si Giordano Gederlini nous réserve quelques surprises, notamment concernant sa scène d’ouverture, pour le principal de son intrigue, cette dernière, même si elle fonctionne bien, on ne peut pas vraiment dire qu’elle soit originale. « Entre la vie et la mort« , c’est une intrigue qu’on connaît déjà, et si elle peut de temps à autre s’écarter de ce qu’on a déjà vu, très vite, elle revient sur les sentiers que d’autres ont déjà emprunté, ce qui fait que le film livre peu de surprise en termes d’intrigue. En un sens, on sait déjà comment tout ceci va se finir, avant même qu’on le film ait vraiment commencé et c’est dommage, car ce manque d’originalité gâche, entre guillemets, un peu la fête. Oui, je dis entre guillemets, car comme je le disais aussi, le film demeure malgré tout efficace et hormis le côté déjà vu, Giordano Gederlini arrive à nous entraîner dans cette histoire de vengeance.

Une vengeance qui est orchestrée par un excellent Antonio De La Torre, qui pour le coup quitte l’Espagne pour jouer en français et l’acteur est comme toujours diablement bon et convaincant dans la peau de ce père mutique et avide de vengeance. « Entre la vie et la mort » nous offre aussi un bon rôle pour Marine Vatch qui incarne une inspectrice de police bien décidée à éclaircir toute cette histoire. On trouvera aussi un Olivier Gourmet assez fatigué en chef de la police, quant aux deux bads guys, Nessbal et Tibo Vandenborre, même s’ils apparaissent assez tardivement, ils ont sacrément de la gueule.

« Entre la vie et la mort » est donc un bon petit polar. Certes, ce n’est pas le film de l’année, ni même l’intrigue de l’année, mais entre son côté déjà vu et ses qualités, Giordano Gederlini livre un film bien fait, et surtout un film efficace qui malgré tout sait nous entraîner dans cette histoire de vengeance. Ainsi, parmi toutes les sorties de la semaine, « Entre la vie et la mort » mérite bien qu’on s’y arrête, ne serait-ce que pour le fait de trouver un polar français (et belge), genre qu’en fin d’année, on pourra à coup sûr compter sur les doigts d’une main.

Note : 14/20

Par Cinéted

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