octobre 24, 2020

Hush – Pas un Bruit

Titre Original : Hush

De : Mike Flanagan

Avec Kate Siegel, John Gallagher Jr., Michael Trucco, Samantha Sloyan

Année: 2016

Pays: Etats-Unis

Genre : Horreur, Thriller

Résumé :

Une écrivain sourde et muette se retrouve séquestrée dans son chalet par un tueur aussi sadique que déterminé…

Avis :

On parle souvent de déclin du cinéma d’horreur au cinéma. La faute à des comportements insupportables dans les salles, mais aussi à une qualité qui ne va pas en s’améliorant. Outre les suites et autres spin-off sans réelles surprises, on a droit à des phénomènes de mode qui durent un temps et qui usent un concept jusqu’à la corde. On pourra retrouver les films de possession en version found-footage, les films gothique à la Hammer mais en plus moderne, ou encore les démons farceurs d’Insidous. Bref, si le film d’horreur ne connait pas la crise financière, il connait une crise de qualité et beaucoup de personnes commencent en les bouder en salles, pour ne pas voir une daube et encore moins se taper une flopée de débiles prenant ça pour un roller coaster où il faut faire chier tout le monde. Néanmoins, le film d’horreur ne connait pas la crise de la VOD ou de Netflix et de nombreux métrages sortent un peu dans l’ombre pour le plus grand plaisir des amateurs de genre, qui peuvent se repaître en toute tranquillité devant chez soi. Et Pas un Bruit en fait partie.

Sorti courant 2016 directement en VOD sans passer par la case cinéma, Pas un Bruit possède deux atouts pour lui, son réalisateur et son pitch initial. En premier lieu, on va noter que c’est Mike Flanagan qui est derrière le film, le coscénarisant avec l’actrice principale et le réalisant. On lui doit des films assez intéressant comme Absentia, The Mirror, ou encore la préquelle de Ouija, qui avait réussi l’exploit d’être meilleur que l’œuvre originale. Un homme qui aime donc le genre et qui le montre une fois de plus avec ce film. Mais nous ne sommes jamais à l’abri d’une mauvaise surprise ou d’un faux pas, et sans être mirobolant, avec Pas un Bruit, le réalisateur arrive à tenir le spectateur en haleine avec du déjà-vu. En effet, le pitch de départ est intrigant pour une seule raison, le handicap de son héroïne. Ecrivaine sourde et muette, une jeune femme va se faire agresser chez elle par un homme qui a tous les atours d’un psychopathe. Sorte de Home Invasion intimiste, Pas un Bruit n’a pas d’originalité pour lui, et pourtant, il va faire le taf.

Très rapidement, l’accent est mis sur la surdité de son personnage principal. Mike Flanagan s’amuse à arrêter les sons quand il montre les activités de son héroïne afin de bien montrer son handicap. Il joue alors sur les bruits anodins, nous montrant à quel point le bruit est omniprésent dans notre vie et que cette absence de son est perturbante. Cependant, très vite, on va se rendre compte des limites que cela impose. Elle doit toujours voir son agresseur, elle doit se débrouiller pour lui brouiller les sens afin de garder un avantage sur lui, mais le problème, c’est que tout cela est très peu exploité dans le métrage. Elle a beau avoir un handicap, cela pourrait presque se voir comme une force. Alors oui, c’est un message plutôt positif, pour dire que les personnes en situation de handicap sont finalement comme nous, mais dans le métrage, cela tient plus de la note d’intérêt que du vrai ressort scénaristique. Sauf à la fin, mais là aussi, c’est un peu gros.

Fort heureusement pour nous, ce n’est pas n’importe qui qui est derrière la caméra. Malgré un scénario rabâché de multiples fois, Mike Flanagan arrive à maintenir une tension constante et cela tient en peu de choses. Tout d’abord, le film est très court (moins d’une heure vingt), et il rentre directement dans le vif du sujet pour ne plus jamais nous lâcher. Ensuite, sa gestion de la tension est impeccable. Malgré la minceur du scénario, le réalisateur va essayer de tout le temps nous raconter quelque chose, nous montrer quelque chose ou faire monter une tension déjà bien haute. Alors oui, ça ne renouvèle pas le genre et ça n’invente rien. On peut même penser à des films comme Don’t Breathe de Fede Alverez, mais ça marche et c’est tout ce qu’on lui demande. Enfin, le dernier point relativement agréable de ce métrage, c’est qu’il est parsemé de quelques effets gores pas dégueulasses (enfin si, mais vous m’avez compris), rajoutant du même coup une réelle violence. Le tueur n’est pas là pour rigoler et il veut à tout prix tuer cette femme, quitte à la faire souffrir un maximum.

Néanmoins, le film n’est pas exempt de défauts. S’il recycle pas mal de choses issus de divers Home Invasion, il utilise de grosses ficelles pour créer de l’empathie entre l’actrice principale (qui est toute mimi) et le spectateur. On aura droit à la sempiternelle relation amoureuse compliquée qui se déroule sur Skype et qui n’apporte rien à l’histoire, hormis le fait qu’elle sera toujours toute seule pour s’en sortir. On aura aussi une fin qui est très téléphonée et qui empêche de rentrer à 100% dans le film, malgré quelques fulgurances scénaristiques jouant avec le métier de l’héroïne, mais c’est l’espace de deux minutes, ce qui est trop peu. Enfin, le tueur n’est pas du tout charismatique. Non pas que John Gallagher Jr. soit mauvais, mais il possède un physique passe-partout et il ne va faire en sorte de devenir un boogeyman marquant. C’est juste un tueur lambda qui vient se faire plaisir en chassant de la donzelle, mais il reste anecdotique, voire transparent et c’est dommage pour un tueur qui doit être implacable.

Au final, Pas un Bruit n’est pas un mauvais, on pourrait presque dire bien au contraire. Le film de Mike Flanagan s’avère efficace car il est rythmé et parfaitement maîtrisé du début à la fin. On regrette simplement qu’il n’invente rien et reprenne les codes de n’importe quel Home Invasion, sans autre talent qu’une belle mise en scène nerveuse. En l’état, il s’agit d’une petite production Blumhouse honnête, maîtrisée, et qui fait le taf, ce qui est déjà pas mal en ces temps de vache maigre horrifique.

Note : 13/20

Image de prévisualisation YouTube

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.