septembre 27, 2022

Hors de Portée

Titre Original : Out of Reach

De : Leong Po-Chih

Avec Steven Seagal, Ida Nowakowska, Agnieszka Wagner, Matt Schulze

Année : 2004

Pays : Etats-Unis, Pologne

Genre : Action

Résumé :

William Lancing est sans nouvelles d’Irina, une orpheline polonaise avec qui il entretenait une correspondance. Pour cet ex-agent de la CIA, il n’y a pas de doute : l’adolescente est en danger. William se rend en Pologne et constate que l’orphelinat qui l’hébergeait cache un vaste réseau de prostitution….

Avis :

Avec quelques années de recul, il est plus facile d’appréhender le déclin d’une carrière telle que celle de Steven Seagal. Incapable de s’affranchir de son image de héros « zen » auquel rien ne résiste, l’acteur est resté ancré dans un style vieillissant. Les clichés véhiculés sont devenus un standard et, par la même occasion, un prétexte pour enchaîner les bobines sans intérêt, pour ne pas dire d’une nullité consommée. Après un détour par l’Asie avec Un Aller pour l’enfer et Clementine, il effectue son retour en Europe de l’Est, patrie des productions peu coûteuses, peu inspirées et peu engageantes. Comme le présente grossièrement Hors de portée, le cadre est également un endroit propice aux trafics d’êtres humains et d’enfants…

Même si l’on ne s’attend pas à un scénario aux ambitions démesurées, l’intrigue joue sur des ficelles éculées pour avancer le nœud du problème. Le postulat de départ a de quoi interpeller par cette correspondance entre un ancien agent du CSA, devenu ermite adorateur des animaux blessés à ses heures perdues, et une jeune orpheline polonaise. Admettons ce concours de circonstances où un parrainage international donne lieu à une indéfectible amitié. Il n’en demeure pas moins que la suite de l’histoire débouche sur un camouflet laborieux et lénifiant quant aux implications escomptées. En d’autres termes, le propos reste verbeux pour mieux dissimuler la vacuité qui le caractérise.

Là où l’on aurait pu attendre un discours sur l’exploitation infantile sous couvert du protectorat d’institutions publiques, on doit se contenter d’une vague allusion pour justifier les investigations du principal intéressé. Aussi étonnant que cela puisse paraître, Steven Seagal s’essaye surtout au travail d’enquêteur avant de s’attribuer le rôle de donneurs de baffes et de leçons de vie dont lui seul a le secret. Certes, ses compétences lui permettent d’avancer en terrain hostile sans défaillir. Pour autant, on a droit qu’à de trop rares incursions explosives. Il faut se contenter d’une fusillade dans une maison close, de malheureux affrontements et un combat final ridicule, aux vagues relents de chanbara caricaturé ; pose à l’appui.

Essentiellement habitué aux téléfilms de seconde zone, Po-Chih Leong démontre son peu d’implication et d’enthousiasme à travers une succession de séquences creuses et guère entraînantes. Les conversations sont inintéressantes au possible, tandis que les éléments déclencheurs pour permettre de progresser s’avèrent prévisibles et dénués de fondement. On songe, entre autres, à ces messages codés et dissimulés avec plus ou moins de soins par la jeune Irena. Il est d’autant plus amusant que l’antagoniste principal, dont le charisme est resté en dehors du champ de la caméra, a pleinement conscience de leur existence et ne fait rien pour les contrer. Sans doute croit-il en la supériorité de ses capacités physiques et intellectuelles.

Au regard de ces considérations, le spectateur n’échappe guère aux invraisemblances et autres maladresses narratives propres à ce type de productions. Il est toujours effarant de constater qu’une telle simplicité puisse receler autant d’idioties et d’incohérences. Au-delà des prétextes évoqués précédemment, on néglige les implications internationales, les enchères des nantis ou les commanditaires derrière des soldats, dorénavant devenus mercenaires. Cela sans compter l’ingérence d’une agence secrète. Au lieu d’insuffler une tension supplémentaire, sa présence ne fait qu’accentuer la bêtise ambiante qui émane de ce film.

Au final, Hors de portée semble avoir un titre prédéterminé pour délaisser son public dès les premières images. Au vu de l’introduction et de l’épilogue, tous deux inutiles, Steven Seagal tente de renouer avec son personnage « écolo-zen » de Terrain miné ou Menace toxique. Il en ressort néanmoins une figure fatiguée et poussive qui se contente d’occuper le champ de la caméra avec indolence. L’intrigue multiplie les longueurs et les errances narratives tout en occultant la dynamique censée animer un film d’action. L’ennui persiste même à travers des moments où la tension devrait atteindre son paroxysme. Cela sans oublier des confrontations soporifiques et mal amenées. Il en découle un DTV médiocre et limité à plus d’un égard.

Note : 07/20

Par Dante

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