décembre 7, 2022

Don Juan

De : Serge Bozon

Avec Tahar Rahim, Virginie Efira, Alain Chamfort, Damien Chapelle

Année : 2022

Pays : France

Genre : Comédie, Musical

Résumé :

En 2022, Don Juan n’est plus l’homme qui séduit toutes les femmes, mais un homme obsédé par une seule femme : celle qui l’a abandonné…

Avis :

Au rayon des cinéastes français à l’univers très particulier, on trouve Serge Bozon, comédien qui s’est fait une petite place en tant que réalisateur. Le premier film de Serge Bozon, on le trouve en 1997 avec « L’amitié » et depuis, le metteur en scène n’a cessé d’offrir un cinéma qui ne ressemble à aucun autre. De « Mods » à « France » en passant par « Tip Top » sans oublier « Madame Hyde« , Serge Bozon développe un univers à la fois farfelu et sérieux.

Après s’être attaqué à une sorte de relecture de « L’étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde » en 2018, voici que Serge Bozon fait son retour sur les écrans, et cette fois-ci, il va s’amuser à réinterpréter « Don Juan« .

Drame teinté de comédie musicale, « Don Juan » est un film qui donnait envie de s’y arrêter pour son grain de folie, pour son idée et bien évidemment pour son flamboyant casting, Virginie Efira (que plus rien n’arrête) et Tahar Rahim. Malheureusement, cette nouvelle incursion dans le cinéma de Serge Bozon ne va pas porter ses fruits et s’il est clair que la proposition de cinéma est intéressante, ce « Don Juan » n’arrive pas à charmer. Soporifique, snob, et partout assez risible, cette énième histoire d’amour qui tourne en rond n’aura procuré aucune émotion, et ça, malgré une Virginie Efira excellente (comme toujours !).

Don Juan est sur le point de se marier avec la femme qu’il aime par-dessus tout, Julie. Malheureusement pour lui, Don Juan ne verra personne venir à la mairie ce jour-là. Dévasté et dans l’incompréhension la plus totale, Don Juan se met à voir celle qu’il aime partout. Toute femme a les traits de sa Julie…

Le cinéma de Serge Bozon, comme je le disais, est un cinéma très particulier. Vous savez, c’est le genre de cinéma auquel on est sensible, ou pas du tout, et pour mon cas, j’ai bien peur d’entrer dans la deuxième catégorie, et ce « Don Juan » fut un véritable calvaire à suivre.

Partant avec plein de bonnes idées, comme le fait de réinventer le mythe de Don Juan qui n’est plus le parfait séducteur, mais un homme brisé par un amour perdue, ou encore l’idée de faire virer le personnage dans l’obsession, le poussant à voir son amour, ou du moins le visage de son amour, dans l’importe quelle femme, pouvait apporter quelque chose de très intéressant et même de touchant. Or, très vite, à ces idées-là vont se greffer tout un tas d’autres qui vont alourdir ce « Don Juan« , au point qu’il en devient même très agaçant à suivre.

La première chose qui frappe et dérange, c’est cette idée de comédie musicale. Là encore, l’idée est intéressante, mais ici, ça ne fonctionne pas du tout. Pire encore, on a la désagréable impression de tomber en sinistrose, tant les paroles sont difficiles et la façon de chanter est sans rythme et à la limite de l’audible. De plus, si Tahar Rahim est un immense acteur, il trouve là l’une de ses limites. Franchement, le film sombre parfois dans le ridicule, mais un ridicule qui s’aventure dans le snobisme, tant son réalisateur, au travers de ses idées de mise en scène, au travers de l’ambiance de son film, au travers de son intrigue, donne la sensation qu’il fait un cinéma pour lui, pour se plaire à lui. Après, comme je le disais, tout est une question de sensibilité et peut-être bien que ce « Don Juan« , sa fausse poésie, sa fausse mélancolie, et son faux drame, peut en séduire plus d’un.

Quoi que j’en doute, car il faut ajouter à cela un manque cruel de rythme face à un film qui ne cesse de traîner pour ne rien raconter. Si on trouvera quelques bonnes scènes, notamment au début avec cette idée d’obsession et de plusieurs Virginie Efira partout et tout le temps, là encore, ça ne fonctionnera qu’un temps, car très vite, le film part ailleurs, et l’histoire d’amour qu’il veut nous raconter ne va faire que tourner en rond, avec du « Je t’aime moi non plus »… Le tout bien souvent en chansons… Restera toutefois une belle photo et des cadres, tout comme le format de l’image, qui sont intéressants et beaux.

Dernière couche désagréable, son casting, qui hormis Virginie Efira, pour le reste, ils arrivent tous à se faire très désagréable. On sera aussi surpris de ne trouver aucune émotion, malgré les drames qui se jouent dans ces histoires. Personnages et comédiens ne seront ni tristes, ni drôles et l’on n’aura qu’une envie, c’est de les quitter au plus vite. C’est dire ! La palme de l’horripilance revenant à Alain Chamfort, qui en plus de lire son texte, tient un personnage qu’on a bien du mal à comprendre.

Ce nouveau Serge Bozon fut une expérience périlleuse des plus désagréables. Agaçant dans sa façon de faire, agaçant dans son intrigue, mal tenu par ses comédiens, même si toutefois Virginie Efira est la seule qui s’en tire, et au-dessus de ça, une lenteur qui nous emporte dans les bras de Morphée… Bref, il n’y a rien qui va et comme dirait un grand poète, « – Le Titanic a coulé et même Kate Winslet n’a pas survécu… ». Dommage, vraiment dommage !

Note : 06/20

Par Cinéted

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