juillet 19, 2024

Resurrected

De : Paul Greengrass

Avec David Thewlis, Lorraine Ashbourne, Tom Bell, Tony Capstick

Année : 1989

Pays : Angleterre

Genre : Drame, Guerre

Résumé :

Un jeune soldat, laissé pour mort lors de la guerre des Malouines qui oppose le Royaume-Uni à l’Argentine, réapparait soudain…

Avis :

Après avoir fait ses études à Cambridge, Paul Greengrass devient journaliste et s’intéresse particulièrement au conflit entre L’Angleterre et l’Irlande. Ses premiers pas en tant que réalisateur, il va les faire au milieu des années 80 en travaillant sur la série documentaire « World in action » (dont il est l’un des producteurs aussi), pour laquelle il réalise deux épisodes. Et c’est avec ce petit bagage que le journaliste Greengrass se laisse tenter par le cinéma en réalisant un premier film en 1989.

Avec son bagage de journaliste, pour son premier film, Paul Greengrass ne va pas choisir un sujet des plus faciles, puisqu’il va s’inspirer d’une histoire vraie, pour parler de la guerre, de ses traumatismes, et plus loin encore, d’une sorte de tribunal médiatique et personnel autour d’un jeune homme qui fait une soudaine réapparition après avoir été déclaré mort. Drame intimiste porté par un tout jeune David Thewlis, « Resurrected » est une bonne découverte qui, si elle tient quelques maladresses, pose déjà les bases du cinéma de réalisateur, qui arrive à nous tenir avec interrogation, quant aux événements qui se sont passés pour que ce jeune soldat disparaisse. Bref, un premier film totalement méconnu, qui vient de sortir chez nous, chez Doriane Films, qui soit dit en passant a fait une jolie restauration du film.

Angleterre, 1982, Kevin Deakin est un jeune soldat qui est mort au combat en Argentine, pendant la guerre des Malouines. Enfin, ça, c’est ce que tout le monde croit, car après sept semaines de disparition, le jeune homme réapparaît. Il dit avoir passé sept semaines en montagne, perdu. S’il revient au pays en héros, et malgré une enquête de l’armée qui va dans son sens, très vite la presse le soupçonne d’avoir déserté. Un doute qui s’installe aussi parmi les hommes de son régiment et bientôt ce doute va laisser place à de la violence.

Réalisateur de films comme « Bloody Sunday« , « La mort dans la peau« , « Green Zone« , « Captain Phillips » ou encore « Vol 93« , c’est donc à la toute fin des années 80 que Paul Greengrass propose son premier film. Un premier film qui, comme je le disais, contient bien déjà beaucoup des bases du cinéma de Paul Greengrass.

« Resurrected » est un film qui s’inspire d’une histoire vraie, celle d’un jeune soldat laissé pour mort sur le champ de bataille en 1982 et qui va réapparaître sept semaines plus tard. Cette réapparition va véhiculer avec elle beaucoup de questions et très vite les soupçons de désertion vont commencer à apparaître. Tenu par un bon scénario, avec ce premier long, Paul Greengrass brasse beaucoup de sujets qui vont être tous intéressants. La guerre, ou du moins l’après-guerre, y est abordée avec ses traumatismes, et l’impact que ces derniers peuvent avoir dans une vie. Comment se réinsérer normalement après les champs de bataille ?

Puis avec cette histoire précisément, le réalisateur questionne aussi bien la notion de courage que celle d’une sorte de tribunal en dehors des cours de justice. Un tribunal qui a son avis arrêté et qui se fiche finalement de la vérité. Si le réalisateur tient ce doute sur tout le long de son film, et malgré des longueurs, « Resurrected » va peu à peu nous entraîner vers une confrontation évidente au sein même du corps de l’armée. Une confrontation violente, et foutrement intéressante, car lors d’un tribunal improvisé, cette confrontation est bien plus complexe qu’elle n’en a l’air. Paul Greengrass laisse exploser les frustrations, les peurs, les hontes et les traumatismes dans une scène qui ne va faire que se tendre.

On notera aussi que le réalisateur ne répond jamais à la question qui brûle nos esprits, le soldat Deakin a-t-il oui ou non déserté ? Au gré des éléments dispatchés pendant tout le film, chacun se fera son propre avis, et c’est bien mieux comme cela.

« Resurrected » est un film qui jouit d’une belle restauration, et même si parfois, il a un peu vieilli, notamment dans l’utilisation de ses flashbacks qui vont essayer de reconstituer les événements de cette nuit tragique, sur l’ensemble du film, « Resurrected » est un bon film qui nous tient bien. Bien sûr, tout n’est pas parfait, le début a vraiment du mal à se lancer et il est vrai qu’on y trouve des longueurs parfois, mais Paul Greengrass démontre déjà son talent pour la réalisation avec de bonnes séquences, et derrière ça, il sait bien tenir sa trame, pour nous amener vers ce final logique, évident et redouté à la fois.

Enfin, ce premier Greengrass est tenu par un tout jeune David Thewlis qui, dans le rôle de ce soldat paumé, est excellentissime. Il est d’ailleurs tellement bon, que finalement, on ne voit que lui dans ce film, ce qui est dommage, car « Ressurected« , hormis son final, ne tient pas vraiment d’autres personnages.

Totalement méconnu, ce premier film de Paul Greengrass est donc une bonne découverte. Certes, nous sommes encore loin des meilleurs Greengrass, mais pour une première proposition, le metteur en scène anglais s’en sort très bien, malgré les défauts de son film. Intéressant, tendu, touchant, et intelligent dans sa façon de ne nous laisser en conclure ce que l’on veut, « Ressurected » qui, je le répète, vient de sortir en DVD, mérite bien un petit coup de projecteur.

Note : 12/20

Par Cinéted

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