octobre 6, 2022

La Bible de Darwin – James Rollins

Auteur : James Rollins

Editeur : Pocket

Genre : Thriller

Résumé :

« Breslau, août 1945 »
Dans les décombres du IIIe Reich agonisant, un physicien allemand porteur des résultats de recherches ultrasecrètes menées pour Heinrich Himmler, le tout-puissant chef de l’ordre noir SS, fuit l’avancée soviétique.
« Aujourd’hui, quelque part dans l’Himalaya »
Au Népal, les moines d’un monastère bouddhiste ont été décimés par un mal inconnu. Sur place, Lisa Cummings, médecin, et Painter Crowe, agent de la Sigma Force, découvrent un pur cauchemar : les moines semblent avoir sombré dans la folie, le meurtre, et le cannibalisme.
« Au même moment, à Copenhague »
L’exemplaire de la Bible ayant appartenu à Charles Darwin doit être mis aux enchères et déchaîne une lutte meurtrière pour sa possession. Quel secret recèlent ces pages soigneusement annotées ? Et quel lien peut-il y avoir entre Darwin et un laboratoire troglodyte en Pologne, oublié depuis 1945 ?
Soixante ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, les monstres dont rêvaient d’accoucher les maîtres du IIIe Reich sont sur le point de voir le jour…

Avis :

Avec Sigma Force, James Rollins s’est avancé comme le digne héritier de Clive Cussler et de Tom Clancy. Entre aventures et thriller, ses histoires se distinguent autant par la pertinence de leur sujet respectif que par leur rythme. Preuve en est avec La Cité de l’enfer (ou Tonnerre de sable), ainsi que L’Ordre du dragon. Deux romans à la fois intéressants et distrayants. Troisième volet de la saga, La Bible de Darwin s’inscrit dans leur continuité en insufflant toutefois une note davantage sibylline, proche d’une tonalité irrationnelle dans l’exposition des faits et certaines séquences. L’occasion de se pencher sur un mystérieux ouvrage, censément détenteur du secret de l’évolution, voire de la vie elle-même. Rien que ça…

Comme à l’accoutumée, James Rollins instaure son intrigue avec force et description. L’incursion au cœur de l’Himalaya est aussi singulière que saisissante en de telles circonstances. La sensation d’isolement est de connivence avec la désolation et le climat d’étrangeté qui règne au sein du monastère. Cela étant, l’auteur tisse en parallèle les autres tenants de son histoire ; dans des contrées moins glaciales, voire plus exotiques. Si l’on effectue un bref détour à Washington, on s’immisce surtout aux Pays-Bas, ainsi qu’en Afrique du Sud. L’alternance entre les différents points géographiques, comme celle des points de vue, demeure équilibrée et bien construite pour étayer l’intrigue.

Certes, on retrouve toujours cette densité de texte et très peu de chapitres, mais l’architecture narrative et le style d’écriture rendent la lecture entraînante. Qu’il s’agisse de confrontations directes ou de fusillades, les séquences d’action sont bien menées et dépeintes avec technicité dans les coups portés. Cela vaut aussi pour l’évolution des personnages dans un environnement donné et leur manière de tirer parti du cadre. Les péripéties s’enchaînent et, même si l’ensemble demeure relativement attendu, sont parfaitement orchestrées. Au-delà de l’exercice littéraire et de la rigueur qu’il requiert pour maintenir l’intérêt sur le long terme, le présent roman remplit son office en matière de divertissement.

Entre deux affrontements, le récit se penche sur le fameux ouvrage de Darwin. Celui-ci permet de mettre le pied à l’étrier vers d’autres ramifications de la thématique principale. On songe aux théories évolutionnistes, ainsi qu’aux découvertes scientifiques relatives à la physique quantique. Dit comme cela, l’idée peut paraître absconses, voire imbuvable, pour un lectorat non averti. C’est sans compter les talents de conteur de James Rollins et sa capacité à vulgariser les aspects les plus complexes. Ce qui rend le tout non seulement intelligible, mais foncièrement intéressant dans ce que les propos suggèrent, eu égard à leur crédibilité.

On notera également l’intégration d’éléments propres aux expériences du 3e Reich pour soutenir la tension ambiante et fournir un fonds historique vraisemblable. En l’occurrence, il n’est pas question d’étayer des thèses conspirationnistes ou inhérentes aux penchants occultistes des nazis. L’intrigue les évoque subrepticement pour mieux appréhender le contexte, mais elles ne sont clairement pas centrales ni prioritaires. Afin d’entretenir la connotation mystérieuse avancée en amont, l’auteur trouve une résonnance particulière (sans mauvais jeu de mots) au fameux projet « Die Glocke », littéralement La Cloche. On s’éloigne alors des hypothèses associées aux OVNIS, ainsi qu’aux voyages dans le temps.

Au final, La Bible de Darwin se révèle une franche réussite en matière de thriller et d’aventures. Ce troisième opus de la Sigma Force se montre des plus convaincants dans les sujets abordés et sa manière de les développer. Le rythme reste soutenu. La progression fait preuve de constance, tandis que les propos tenus se distinguent par leur vraisemblance, même s’ils se présentent sous couvert du traitement fictionnel. Pour ne rien gâcher, le panel de protagonistes demeure toujours aussi sympathique à côtoyer. Dépaysant, distrayant, énergique, entraînant bien écrit… Les superlatifs ne manquent pas pour définir la qualité du roman de James Rollins.

Note : 16/20

Par Dante

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