novembre 30, 2022

Ultime Vengeance

Titre Original : Out for a Kill

De : Michael Oblowitz

Avec Steven Seagal, Michelle Goh, Corey Johnson, Tom Wu

Année : 2003

Pays : Etats-Unis

Genre : Action

Résumé :

Travis Burns, un professeur d’archéologie, effectue des fouilles à l’est de la Chine et y découvre l’existence d’un trafic de drogue organisé par des membres des fameuses Triades. Les autorités chinoises, étant convaincues que Travis est impliqué dans cette sombre affaire, le mettent en prison. Ce dernier va devoir prouver son innocence et aider au démantèlement de ce trafic.

Avis :

S’il ne constitue pas un cas unique dans l’industrie hollywoodienne, loin s’en faut, Steven Seagal a vu sa carrière décliner de manière abrupte au début des années 2000. La transition fut pour le moins brutale entre des films d’action basiques et néanmoins divertissants avec des DTV fauchés d’une médiocrité sans borne. Avant de se cantonner à des incursions mineures et paresseuses, l’acteur s’est vu affublé de clichés et autres stéréotypes inhérents au genre, notamment sa figure de trouble-fête pour les malfrats. Dès lors, s’immerger dans sa filmographie tient vraisemblablement du chemin de croix culturel, tant il enchaîne les navets avec autant de facilités qu’il brise les os de ses adversaires.

Auparavant, la collaboration Michael Oblowitz/Steven Seagal s’est soldée par L’Affaire Van Haken, méphitique long-métrage s’il en est. Ultime vengeance peut être considéré comme l’aboutissement d’une entreprise qui se complaît dans une nullité abyssale. La « quintessence » d’une déchéance totale où le moindre mouvement de caméra, la plus insignifiante réplique, relève de la bêtise humaine absolue. Dire que le scénario s’avance comme un prétexte est un euphémisme. Le simple fait que l’acteur principal joue un archéologue réputé prête à sourire, tout aussi crédible dans son personnage que dans la blouse blanche d’un chirurgien.

Il n’est pourtant pas question de s’immiscer dans le registre de l’aventure. Comme le titre le suggère, Ultime vengeance n’est autre qu’une vendetta à l’emporte-pièce où le protagoniste part en guerre contre les triades chinoises. Afin que les rôles soient clairement définis, l’introduction se pare d’un descriptif à la fois bref et ridicule. Celui-ci se penche sur la place qu’occupe chaque chef de clan et, cerise sur le gâteau, sur leurs penchants et passions en dehors desdites activités criminelles. Cela étant dit, la structure du film ressemble à un mauvais jeu d’arcade où Steven Seagal arpente des environnements aux antipodes pour combattre les mafieux et se confronter au « boss » au terme d’affrontements plus ou moins longs.

Outre le grand écart géographique entre la Chine, l’Europe et les États-Unis, les allers-retours qui s’ensuivent ne présentent aucune cohérence. De plus, les indices révélateurs pour faire progresser l’intrigue ne sont jamais avancés de manière explicite ou en de très rares occasions. Si cela n’a que peu d’intérêt, il est toutefois flagrant de constater une telle négligence, même en pareilles circonstances. Et ce n’est pas la ridicule énigme sur fond d’idéogrammes chinois et de citations tirées de L’Art de la guerre qui inverseront la donne ; tout comme cette pseudo-collaboration entre justicier et forces de l’ordre.

Le seul point positif est que l’action demeure presque constante. Les séquences se suivent avec frénésie. Ce qui semble faire écho à une mise en scène et un montage épileptiques. L’enchaînement des plans et les ralentis outranciers constituent autant de moments où l’on distingue un cadrage approximatif ou des incrustations calamiteuses. Mention spéciale à l’explosion d’un insert de caractères qui précède un passage où Steven Seagal se noie dans son chagrin derrière des flammes mal digitalisées. Quant aux combats, il s’agit sans doute d’un de ses seuls films où les chorégraphies font preuve de surréalisme. On songe, entre autres, à cet affrontement dans la boutique d’un coiffeur avec un ennemi qui emprunte la position du singe dans un délire indigne du wu xia pian.

Au final, Ultime vengeance est un navet déplorable, l’ultime confirmation que Steven Seagal doit se contenter d’une carrière de troisième zone. S’il paraît difficile de le concevoir, ce film est encore pire que L’Affaire Van Haken, déjà bien mal loti. Entre une histoire anémique, des personnages caricaturaux et une réalisation d’une indigence presque inédite, le métrage de Michael Oblowitz interpelle tant il est mauvais à tous les niveaux. Devant une telle décrépitude, on pourrait s’amuser à penser qu’il s’agit d’une allégorie de la situation de Steven Seagal face à Hollywood, mais non. Ultime vengeance est tout simplement navrant et déplorable.

Note : 03/20

Par Dante

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