octobre 6, 2022

Time Lapse

De : Bradley King

Avec Danielle Panabaker, Matt O’Leary, George Finn, Amin Joseph

Année : 2014

Pays : Etats-Unis

Genre : Science-Fiction, Thriller

Résumé :

Finn, Callie et Jasper, trois jeunes colocataires, découvrent le cadavre de leur voisin scientifique. En inspectant sa maison, ils tombent sur une mystérieuse machine qui semble chaque jour photographier leur propre salon 24h à l’avance. Excités par l’idée de pouvoir visualiser leur avenir, ils décident de tirer profit de cette découverte et de l’utiliser à des fins personnelles. Mais, leur soudaine réussite finit par éveiller les
soupçons et le trio se retrouve très vite plongé dans une spirale infernale. Parviendront-ils à en sortir indemnes ?

Avis :

Les anomalies temporelles, voilà un sujet qui plait énormément à Hollywood, et qui permet des films un peu bordéliques autour du temps. Voyage dans le passé, dans le futur, faille spatio-temporelle, répétition d’une journée, courte vision du futur, on trouve de tout dans ce domaine là et on peut dire que les films de science-fiction qui se joue du temps sont nombreux. Pour autant, peu ou prou ont marqué le spectateur. Si l’on excepte Retour le Futur ou le boursouflé Interstellar, les autres films qui se jouent du temps sont souvent destinés à de petites exploitations. On peut citer Detention, Predestination ou encore Time Lapse. Et ça tombe bien, parce que c’est ce dernier qui nous préoccupe entre ces lignes, jouant avec un futur proche, faisant perdre la notion de valeurs à un trio de jeunes adultes.

Photo ? Matons !

Premier et unique film, à ce jour, de Bradley King, Time Lapse raconte l’histoire de trois jeunes colocataires dans la galère qui vont découvrir, par hasard, que leur voisin d’en face est mort, et qu’il a mis au point un appareil photo gigantesque permettant de faire des clichés de un jour dans l’avenir. L’appareil étant dirigé vers le salon des trois jeunes gens, ils voient à chaque fois le cliché qui sera pris le lendemain à 20h précises. Dès lors, une idée se met à germer dans l’esprit de la bande. L’un veut gagner des paris sur les courses de chiens tandis que l’autre voudrait retrouver l’inspiration pour peindre se toiles. Enfin, la dernière y voit un moyen de se sortir de la galère et de pouvoir se mettre pleinement à l’écriture.

Sauf que les choses vont déborder lorsque l’appareil montrera des scènes olé-olé entre la fille du groupe et l’autre coloc qui n’est pas son petit ami. Croisement intéressant entre la science-fiction et le thriller, Time Lapse avait tous les ingrédients pour fournir une intrigue complexe mais possédant un twist final qui allait tout expliquer. On pense bien évidemment à Timecrimes, mais on sera loin de la maestria du film espagnol. Ici, le scénario va partir sur une base pour le moins grotesque, à savoir que les jeunes doivent impérativement refaire la photo découverte la veille, sous peine de ne plus exister après cela. Sauf que ça ne marche pas vraiment, puisque cette explication vient de la nana de la coloc, qui émet une hypothèse que tout le monde prend pour argent comptant. Cela est assez faiblard et on frôle souvent avec la malhonnêteté.

Pas de boucle, mais des embrouilles

Car sans cette obligation que se mettent les trois jeunes, les problèmes auraient pu être évités sans aucun problème. Si les soucis pointent le bout de leur nez, c’est tout simplement parce que sur une photo, on voit deux jeunes gens s’embrasser, rendant l’autre jaloux, mais aussi parce qu’il y a la venue d’un mafieux qui veut récupérer de l’argent. Manque de bol, si le plus fragile des trois colocs ne l’appelle pas, ce type ne vient jamais foutre son nez dans les affaires de paris. Il y a vraiment quelque chose qui cloche dans l’écriture même du film, qui n’arrive pas à justifier le jeu autour du temps, et de cette pseudo-boucle qui ne sert à rien. De même que la tension monte au fil du métrage, on ressent une lassitude nous gagner. Cela vient du fait des stéréotypes des personnages, que l’on crame dès le départ.

Ici, on retrouve la jeune femme fragile amoureuse, mais qui cache bien son jeu. Le jeune homme torturé, amoureux, mais qui veut profiter de ces clichés pour retrouver de l’inspiration. Et le jeune déluré, qui voit là le moyen de gagner un maximum d’argent sur des paris, tout continuant à se droguer au calme. Bien évidemment, les tensions vont faire leur bout de chemin, et tout cela va mal se terminer sans que l’on soit secoué. L’histoire d’amour ne prend jamais vraiment, la faute à des personnages insipides, voire même détestables, comme cette fille cachottière (jouée par une Danielle Panabaker en sous-régime) ou encore ce camé qui ne pense qu’à sa gueule et fait plonger tout le monde. Même les bad guys sont d’une fainéantise crasse, avec une crapule tout en cliché et un homme de main chauve qui évoque, bien évidemment, l’Europe de l’Est.

Ne bougez plus !

Si son scénario nébuleux demeure juste une excuse pour faire monter la sauce entre les trois personnages centraux, le film ne bénéficie pas non plus d’une mise en scène inspirée. Ce qui caractérise le plus Time Lapse, c’est clairement son immobilisme. Bradley King se contente de deux décors, deux pièces dans deux maisons, pour filmer son histoire. Emprisonnés entre quatre murs, les protagonistes ne se déplacent pas, tout comme la caméra qui reste la plupart du temps fixe. Cela a pour effet de rendre l’ensemble statique et long, presque comme une pièce de théâtre. On a la sensation que les ambitions du cinéaste sont très fines et qu’il n’a pas envie de donner plus d’ampleur à son histoire. Certes, la taille de l’appareil et sa fixation au sol empêche tout mouvement, mais les personnages manquent de vie et d’énergie. De ce fait, on s’ennuie et ce n’est pas particulièrement beau.

Au final, Time Lapse est un tout petit film qui n’arrive pas à tenir son intrigue sur tout sa durée. Inutilement complexe avec des personnages qui se créent eux-mêmes leurs problèmes, Bradley King ne parvient jamais à s’extirper d’une situation ennuyeuse, qui se transmet même à sa mise en scène, immobile et peu inspirée. Bref, il en résulte un film amorphe, pénible et sans véritable enjeu. Dommage, l’idée de base était plutôt intéressante…

Note : 08/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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