mai 25, 2022

JD Miller – Afterglow

Avis :

S’il y a bien un genre un peu bâtard dans le monde du rock, c’est l’AOR. Cet acronyme veut dire Album Oriented Rock, ce qui, entre autres, permet de dire que le groupe fait du rock, mais pas trop fort, avec quelques trémolos. Et généralement, on sait que le groupe va parler d’amour, ou de relations amoureuses. Bref, un genre sirupeux, mou du genou et pour lequel on peut avoir une aversion particulière. Si le genre provient principalement des Etats-Unis, d’autres pays ont pris ce style à bras le corps, comme la Suède, d’où provient JD Miller. Fondé en 2010, le groupe sort son premier album en 2014 chez Rambo Music (oui, on pourrait croire que c’est un label de dur, mais non…), puis signe trois ans plus tard chez Mighty Music avec World War X (toujours un mot un peu tendu). Afterglow est leur troisième effort.

Tout d’une illusion

Toujours chez Mighty Music, le groupe va tenter de faire illusion dès son démarrage. Inside a Dream commence avec une voix féminine puis quelques riffs assez rugueux qui vont surprendre. Manque de bol, dès que le chanteur commence à pousser, on se retrouve avec quelque chose en mid-tempo qui prend toute son intensité. On aura bien droit à un refrain un peu plus pêchu que le reste, mais ça reste calibré. Ce sera le même problème avec Game of Love, qui aura tout de même le mérite d’aller un peu plus loin dans l’aspect Hard. Mais là encore, on a l’impression de se faire flouer, la faute à un aspect très factice, que ce soit dans la voix ou dans les instrus. Pour preuve, tout semble transformer. La voix n’est jamais naturelle et tout est radoucit avec une sorte d’arrangement au clavier qui allège l’ensemble.

Alors oui, c’est un peu le but de l’AOR de ne jamais aller trop loin dans la virulence, ou dans les riffs percutants, mais là, on touche le pompon. Inception ne fera que confirmer ce côté calibré qui traine en longueur, se ponctuant, en plus, de chœur masculin dans le refrain, ce qui donne un aspect cheap désagréable. Reste alors Icarus, sorte d’anomalie dans l’album, qui lorgne vers le métal alternatif avec ses riffs, mais aussi vers quelque chose de plus Heavy/Power avec quelques assertions bien vues. Même le chant pousse un peu plus en pré-chœur, avant, par contre, d’entamer un refrain lénifiant et ennuyeux. Mais louons cette envie de fournir des riffs rugueux. Cela montre ce que le groupe est capable d’offrir. On a même droit à un solo ! Mais manque de bol, Light Your Fire va doucher nos espoirs et retombe dans un AOR typé 80’s ringard.

L’amour ringard

Ce qui a d’encore plus ringard que l’AOR, c’est finalement les thèmes abordés par le groupe, qui finissent par devenir redondant. L’amour, les relations amoureuses, le fait de tout faire pour celle que l’on aime. On finit par avoir la nausée tellement tout est mièvre du début à la fin. In the Afterglow dépasse les huit minutes et au bout d’un moment, on a envie de mourir. Le refrain est insupportable et surtout, on a l’impression d’avoir entendu ça des millions de fois de par le passé. Il suffit de se repasser certaines ballades de groupe de Heavy des années 80, et c’est plié. The Desire n’arrive pas à marquer de par son aspect fourre-tout. Burned Alive peut bien commencer par un solo, le titre manque d’impact. The Answer se perd dans un refrain détestable.

Quant à Devilstorm, c’est peut-être le pire titre de l’album avec un clavier qui donne envie de tout casser. Il est omniprésent et adoucit tout, faisant office de foire à neuneu. C’est terriblement mal venu, surtout dans le refrain qui perd en intensité. Enfin, Aubrun Skies lorgne du côté pop et c’est tout bonnement ni fait, ni à faire, sauf si on veut taper dans le tout-venant. Et ce n’est pas vraiment le but du rock.

Au final, Afterglow, le dernier album de JD Miller, est un effort qui n’enchante pas vraiment. On serait de mauvaise foi si on disait que c’était complètement nul, puisque techniquement, on ne peut rien reprocher aux musiciens. Cependant, entre l’aspect sirupeux de la chose, les arrangements qui adoucissent les riffs de gratte, ou encore les paroles d’un ennui total, on se retrouve face à un album destiné aux fans du genre, et ce n’est clairement pas notre cas. Donc ce n’est pas mauvais, mais c’est juste random as fuck.

  • Inside a Dream
  • Game of Love
  • Inception
  • Icarus
  • Light Your Fire
  • In the Afterglow
  • The Desire
  • Burned Alive
  • The Answer
  • Devilstorm
  • Auburn Skies

Note : 10/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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