janvier 28, 2022

Nos Plus Belles Années

Titre Original : The Way We Were

De : Sydney Pollack

Avec Barbra Streisand, Robert Redford, Bradford Dillman, Constance Forslund

Année : 1973

Pays : Etats-Unis

Genre : Romance

Résumé :

1937, États-Unis, deux brillants étudiants que tout oppose. D’origine modeste, Katie est une travailleuse acharnée, ardente pacifiste et militante communiste qui lutte sans cesse pour ses convictions. Issu d’une famille aisée, athlète accompli, Hubbell n’a pas de réelle conscience politique, charmeur et désinvolte, il excelle sans effort dans tous les domaines. Pour elle, tout est si sérieux. Pour lui, tout est si facile. Une admiration réciproque va grandir jusqu’à se muer en une irrésistible attirance. Mais tout ceci n’est que le début de leur histoire…

Avis :

Acteur de formation, Sydney Pollack est l’un des cinéastes américains les plus importants des années 70 et 80. S’il commence à réaliser dans les années 60, c’est vraiment sur la décennie suivante qu’il livre des films qui resteront dans l’histoire du cinéma américain. Ainsi, à la volée comme ça, on peut citer des films comme « Propriété Interdite« , « On achève bien les chevaux« , « Jeremiah Johnson« , « Les Trois jours du Condor« , « Out of Africa« , « Tootsie« , ou encore un peu plus « récemment », « La firme« .

Parmi le nombre important de collaborations, bien souvent, quand on pense au cinéma de Sydney Pollack, on pense au duo Pollack/Redford, qui s’étale sur près de trente ans avec huit films, dont certains font partie des piliers de la filmographie de l’un, comme de l’autre.

Quatrième film pour le duo donc, « Nos plus belles années » est une très belle œuvre qui suit une magnifique histoire d’amour entre deux acteurs aussi beaux qu’ils vont être bouleversants. Fresque romanesque, si l’intrigue, dans son déroulement, reste très classique et pile comme on pouvait s’y attendre, ça n’aura pas empêché « Nos plus belles années » de faire fondre les cœurs pendant presque deux heures de film qu’on ne voit tout simplement pas passer.

États-Unis, 1937, Katie et Hubell sont à la fac et tout les oppose. Lui vient d’un milieu aisé, et elle d’un milieu modeste. Lui est l’un des playboys de la fac, elle est une militante communiste acharnée. Ces deux jeunes gens vont alors se rencontrer, s’admirer et puis ils vont s’aimer. De la faculté à ces retrouvailles d’après-guerre, de New York à Los Angeles, des fulgurances de leur couple aux engueulades, et en toile de fond de leur histoire d’amour, l’Amérique et ses changements.

Huitième film pour Sydney Pollack, « Nos plus belles années » est un film assez étonnant, malgré une trame qui va résonner comme classique et convenue. Oui, en ce qui concerne cette belle et grande histoire d’amour, on ne peut pas dire qu’on va être surpris par son fil rouge. Pourtant, malgré ça, « Nos plus belles années » est un film superbe qui nous entraîne sans aucun mal et avec beaucoup de tendresse et d’émotions dans la vie d’un couple sur une vingtaine d’années.

Ce qui fait la richesse de « Nos plus belles années« , c’est d’un côté la beauté et la force de ce couple de cinéma qui marque les esprits, et de l’autre la richesse de son scénario, qui dans sa toile de fond, nous fait passer de la fac à l’après-guerre, pour aller jusqu’à cette époque du maccarthysme qui chassera ceux qui ont d’autres opinons.

Magnifiquement écrit, magnifiquement romancé, « Nos plus belles années« , comme je le disais plus haut, est une fresque qui à travers cette histoire d’amour, aussi belle qu’intense, raconte très bien les États-Unis des années 30 aux années 50. Ainsi, politique, après-guerre, le nouvel Hollywood, communisme, conservatisme, opinons publics, chasse aux sorcières… Bref, le scénario est plein de relief et Sydney Pollack sait rendre le tout captivant.

Toujours du côté du scénario, si l’histoire d’amour reste très simple, elle n’en demeure pas moins superbe. On se plaît à suivre cette rencontre, cette « re-rencontre », puis cet amour qui grandit, même si l’on sait très bien où les deux personnages vont aller. Si l’histoire fonctionne aussi bien, c’est aussi grâce à Barbra Streisand et Robert Redford qui sont tous deux magnifiques, dans des rôles que tout oppose et qui malgré tout, le film ne cesse de rassembler. Il y a tellement d’amour et d’admiration qui coulent entre ces personnages. Personnages qui sont sublimés encore un peu plus par la façon que peut avoir Sydney Pollack de les filmer, qui place sa caméra quelque part entre amour, nostalgie, regrets et nuances.

D’ailleurs, lorsqu’on parle de la caméra de Sydney Pollack, « Nos plus belles années » peut se vanter sans mal d’être l’une des plus belles œuvres de son metteur en scène. Là encore, l’idée de fresque est terriblement poussée et soutenue, avec deux heures d’un film qui ne cesse d’évoluer et de traverser les époques et les lieux. Ainsi, la reconstitution est impeccable et étonnante, la direction artistique est un petit chef-d’œuvre à elle tout seule, la photographie est à tomber à la renverse (d’autant plus que la restauration de l’édition qui vint de sortir chez Wild Side est parfaite). Le rythme est géré à la perfection, il n’y a aucun temps mort dans cette histoire, le film passant d’une époque à une autre, d’un événement à l’autre avec une facilité folle. Bref, si l’on ajoute à cela une superbe composition signée Marvin Hamlisch, « Nos plus belles années » mérite bien son statut de classique du cinéma américain.

Malgré son côté classique dans sa romance, avec « Nos plus belles années« , Sydney Pollack livre là un très bon et surtout très beau film qui nous fera passer deux heures aussi magiques que magistrales. À voir pour sûr !

Note : 15/20

Par Cinéted

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