novembre 30, 2021

Eiffel – La Tour de la Romance Infernale

De : Martin Bourboulon

Avec Romain Duris, Emma Mackey, Pierre Deladonchamps, Alexandre Steiger

Année : 2021

Pays : France

Genre : Drame

Résumé :

Venant tout juste de terminer sa collaboration sur la Statue de la Liberté, Gustave Eiffel est au sommet de sa carrière. Le gouvernement français veut qu’il crée quelque chose de spectaculaire pour l’Exposition Universelle de 1889 à Paris, mais Eiffel ne s’intéresse qu’au projet de métropolitain. Tout bascule lorsqu’il recroise son amour de jeunesse. Leur relation interdite l’inspire à changer l’horizon de Paris pour toujours.

Avis :

Martin Bourboulon est un petit réalisateur français qui est en train de gagner en importance. Fils du producteur Frédéric Bourboulon, le jeune Martin commence sa carrière en tant qu’assistant-réalisateur eu début des années 2000. C’est aussi à la même époque qu’il commence à faire ses propres réalisations avec quelques courts-métrages. Par la suite, il s’oriente vers le petit écran, entre publicité et fiction pour « Les Guignols de l’info« . Son premier film sort en 2015, et il rencontre un franc succès, puisqu’on parle de la comédie « Papa ou Maman« . Le film rencontre d’ailleurs un tel succès qu’une suite est immédiatement mise en chantier et sortira un an plus tard. Par la suite, il faudra alors attendre cinq ans avant de revoir un film de Martin Bourboulon. Et le réalisateur, pour son troisième long-métrage, fait son retour avec un film à gros budget.

Le projet d’ »Eiffel » remonte à la fin des années 90. Caroline Bongrand, la scénariste, en a écrit un premier scénario qu’elle a proposé à droite et à gauche, et au fil des années, des noms aussi divers que Luc Besson, Ridley Scott, Christophe Barratier ou Olivier Dahan se sont montrés intéressés, avant de jeter l’éponge. Finalement, après presque vingt ans de réécriture et recherche de producteur, c’est donc Martin Bourboulon qui « hérite » du projet.

1886, Gustave Eiffel vient de gravir l’un des sommets de sa carrière en concevant l’armature. Célèbre et reconnu, on lui propose alors d’inventer quelque chose pour l’exposition universelle de Paris en 1889, mais Eiffel n’est pas emballé par cette idée, lui préférant de très loin la construction et le développement du métro. Tout va alors changer lorsqu’il croise dans un dîner son amour de jeunesse.

Aussi étrange que cela puisse paraître, « Eiffel » de Martin Bourboulon est le premier film à s’aventurer sur la construction de la Tour et plus largement à s’aventurer à faire le portrait de son concepteur, Gustave Eiffel.

Alors certes, le film reste somme toute sympathique à suivre, et au-delà de ça, « Eiffel » nous réserve son lot de belles scènes, de belles reconstructions, et de belles plongées dans le Paris de la fin du XIXe siècle. Mais malheureusement, là où l’on attendait un film qui abordera la construction du célèbre édifice, ce dernier est assez peu abordé. Si Martin Bourboulon abordera bien quelques-uns des problèmes et quelques-unes des techniques que l’ingénieur français aura utilisé, notamment pour éviter que la Tour s’enfonce du côté scène, pour le reste, « Eiffel » se pose comme une histoire d’amour impossible sous fond de construction de la Tour Eiffel et cette romance prend bien trop de place.

Certes, le couple est beau à l’écran (même si l’on peut avoir des doutes sur le temps qui a passé sur eux, surtout pour Emma Mackey, qui en vingt ans ne prend pas une seule ride…), mais leur histoire, on l’a déjà vu mille fois, et elle se fait sans grande saveur, ni grande surprise. Osons dire qu’elle est même un peu chiante tant elle est téléphonée et prévisible. Et ce sentiment est bien dommage, car entre ces moments d’amour, dès que le film revient à son premier sujet, la construction de la Tour, là, il se fait très intéressant, d’autant plus que Martin Bourboulon nous a sorti le grand jeu pour son métrage. Du côté de sa mise en scène, « Eiffel » a une jolie dimension, et parfois même, ses images sont impressionnantes.

Puis le film, lorsqu’il s’occupe de sa Tour, fourmille de petits détails intéressants, comme des schémas, la pression aux pieds de la Tour, les axes, les petits mécanismes pour faire baisser ou relever l’édifice, ou encore la révolte des Parisiens qui s’occupent du projet, trouvant que ce dernier défigure la ville… Bref, il y a vraiment de quoi intéresser, surtout que le peu qui est raconté de ce côté-là du film est bien raconté, mais voilà, « Eiffel » retombera toujours dans cette histoire d’amour, et cette ligne, réalisateur et scénaristes la tiendront jusqu’au bout.

Si la romance prendra trop de place, elle sera cependant bien tenue par ses comédiens, avec un Romain Duris excellent en Gustave Eiffel, notamment là encore dans les scènes de construction. On trouvera une Emma Mackey talentueuse, qui sort de « Sex Education » pour montrer une nouvelle facette. Et derrière eux, on trouvera aussi un Pierre Deladonchamps presque glaçant, dans un rôle déjà vu qu’il tient à merveille. Par contre, si le trio est très beau, on regrettera que le film ne nous offre pas vraiment plus de personnages que cela.

« Eiffel » est donc un film qui se laisse gentiment regarder. C’est même un film devant lequel on passe un bon moment, mais malgré ça, le film de Martin Bourboulon demeure une déception, car il se pose comme une histoire d’amour sur fond de construction de la Tour Eiffel, alors qu’explorer les problèmes que rencontre Eiffel, le voir créer des techniques, inventer des révolutions, s’aventurer bien plus sur le chantier aurait été plus intéressant. Bref, tout ce qui a fait que la Tour a pu se dresser aurait été plus intéressant que cette romance lambda qu’on a déjà vu et revu.

Note : 11/20

Par Cinéted

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