janvier 16, 2022

Cursed

De : Wes Craven

Avec Christina Ricci, Joshua Jackson, Jesse Eisenberg, Judy Greer

Année : 2005

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Un loup-garou perdu dans Los Angeles infecte trois adolescents et bouleverse leur vie. Ceux-ci doivent désormais abattre le monstre pour espérer changer leur destin.

Avis :

Wes Craven était un réalisateur qui pouvait offrir le meilleur comme le pire. Il n’y avait pas, ou peu, de demi-mesure avec lui, et ses films étaient soit adulés, soit détestés, que ce soit par la presse spécialisée ou le public. Néanmoins, Wes Craven aura marqué de son empreinte indélébile le cinéma d’horreur, en créant pas moins de deux figures incontournables du genre, Freddy Krueger pour Les Griffes de la Nuit, et Ghostface pour la franchise Scream. Mais on lui doit aussi La Dernière Maison sur la Gauche, ou encore La Colline a des Yeux, deux films qui ont choqué à l’époque, et qui ont bénéficié d’excellents remakes. Malgré tout, la fin de carrière du réalisateur est assez rude, avec de nombreux échecs, voire même des films maudits qui souffriront d’une production chaotique et d’une distribution qui le fut tout autant. Cursed fut certainement la pire expérience du cinéaste.

Scream, mais avec des loups

Avant de rentrer dans le vif du sujet, il faut comprendre pourquoi ce film a autant de défauts. Car même si à l’époque, Wes Craven est en perte de vitesse, il doit faire face à une production chaotique. En plein tournage, les producteurs décident de réécrire plus de la moitié du script. Cela entrainera un différend artistique avec une partie des acteurs, qui n’hésiteront pas à quitter le navire. Ainsi, Mandy Moore, Illeana Douglas, Robert Forster et Corey Feldman furent remerciés, et Skeet Ulrich décide de partir de son plein gré. Il faut donc changer tout le casting et refaire un nouveau film avec ce qu’il reste de budget. Un choix qui va détruire complètement le cinéaste et son projet de film, qui va devenir… Scream, mais avec des loups-garous avec la place des tueurs masqués. Pour autant, malgré un an de retard, Wes Craven ne baisse pas les bras.

Ici, nous allons suivre une jeune femme qui bosse pour la télé à Los Angeles. Elle se rend compte que son copain est un peu stressé par une exposition de statues de cire et alors qu’elle est sur la route avec son frère, elle percute un animal et entraine un accident. En tentant de sauver une jeune femme prise au piège dans sa voiture, frère et sœur se font blesser par un loup-garou et ils vont vite se rendre compte que leur corps change. Elle devient plus sexy et sûre d’elle. Lui va en profiter pour en plus se faire harceler au lycée. Mais cette malédiction a un prix et frère et sœur décident de trouver qui est à l’origine du problème pour arrêter ses transformations incontrôlées. Sur cette base, Wes Craven et Kevin Williamson vont tisser une intrigue qui pourra se transposer à n’importe quel slasher des années 2000.

Loup, loup, où es-tu ?

Il est très compliqué d’aborder les faiblesses du scénario, quand on sait comment s’est gérée la production du métrage. Cependant, force est de constater que ce n’est pas le point fort du métrage. La trame est très classique, l’enquête piétine un temps, puis les révélations s’enchainent à la toute fin pour découvrir un type qui s’amuse à transformer les gens pour son bon plaisir. Le fil rouge est cousu de fils blancs et rien ne viendra retenir notre attention. Si ce n’est quelques passages écrits à la truelle où l’humour prend le dessus sur la tension pour des raisons absolument débiles. Le coup du loup-garou qui fait un doigt d’honneur, mettant sa vie en danger, parce qu’on dit du mal de son physique, c’est tout simplement surprenant. Et ce n’est pas le seul moment gênant et malhabile du métrage, qui s’amuse aussi sur l’orientation sexuelle d’un des personnages.

En fait, le principal problème de Cursed, c’est qu’il ne possède pas d’équilibre entre sa volonté de faire peur et ses accès d’humour plombants. De plus, les personnages ne sont pas vraiment attachants, renouant avec des clichés un peu pénibles. Christina Ricci est la sœur qui remplace la mère et devient forte par la force des choses. Jesse Eisenberg est le garçon mal dans sa peau qui se fait harceler et qui va profiter de son pouvoir pour régler des comptes. Joshua Jackson est le type trouble qui semble cacher quelque chose. Judy Greer est la nana insupportable qui pense que tout lui est dû. Bref, on se retrouve avec une brochette de protagonistes qui flirtent avec les clichés et le mauvais goût. Milo Ventimiglia en gay refoulé est l’un des personnages les plus détestables du métrage. Dès lors, difficile de ressentir quelque chose pour le film en lui-même.

La pelle de la forêt

D’un point de vue technique, il est clair que le film souffre de quelques scories, notamment dans ses effets visuels. Si les loups ne sont pas moches, et que Wes Craven fait appel à des costumes et du maquillage plutôt que des CGI qui vieillissent mal, on trouvera quelques fausses notes, notamment au début, lorsque le loup happe la jeune femme dans la bagnole, avec une mâchoire en plastique qui se tord. On sent que le film fait des économies sur certains points. Mais le réalisateur ne se bride pas pour autant, avec un final qui présentera des plans intéressants, comme Jesse Eisenberg au plafond, ou encore un meurtre de fin sanglant. On notera une photographie propre et un segment dans un palais des miroirs qui aurait mérité une séquence un peu plus longue. On voit qu’il y a du potentiel, mais tout cela est gâché par un script indigent.

Au final, Cursed est un film qui porte bien son nom. Après une production maudite et un gros retard accumulé, Wes Craven ne rattrapera jamais le coup et délivre un film malade et tout chétif. Sorte de réécriture de Scream avec des loups-garous, Cursed manque d’un peu de tout pour véritablement nous combler. Pour autant, malgré tous ses défauts, le film reste attachant, notamment grâce à son casting, impressionnant aujourd’hui, et à une patte visuelle reconnaissable, qui manque cruellement au cinéma de genre d’aujourd’hui.

Note : 06/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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