novembre 30, 2021

Thérèse Desqueyroux

De : Claude Miller

Avec Audrey Tautou, Gilles Lellouche, Anaïs Demoustier, Catherine Arditi

Année : 2012

Pays : France

Genre : Drame

Résumé :

Dans les Landes, on arrange les mariages pour réunir les terrains et allier les familles. Thérèse Larroque devient Madame Desqueyroux ; mais cette jeune femme aux idées avant-gardistes ne respecte pas les conventions ancrées dans la région. Pour se libérer du destin qu’on lui impose, elle tentera tout pour vivre pleinement sa vie…

Avis :

Grand réalisateur français, Claude Miller, c’est quarante-cinq ans de cinéma et pas moins de dix-sept films tournés, dont quelques petits chefs-d’œuvre, comme « Garde à vue« , qui est de manière personnelle, le premier film qui me vient en tête dès que l’on parle de Claude Miller. Alors qu’il vient de mettre en boite « Voyez comme ils dansent« , un petit film passé inaperçu, Claude Miller se lance dans l’un de ses rêves de cinéma, faire l’adaptation de « Thérèse Desqueyroux » de François Mauriac, roman qu’il avait lu alors qu’il était étudiant, et dont il avait toujours gardé en tête l’idée d’en faire une adaptation. Très malade au moment du tournage, Claude Miller aura réussi à terminer sa réalisation et son montage, avant de tirer son ultime révérence quelques mois plus tard.

Pour son dernier film, Claude Miller nous plonge au cœur de la France des années 20, pour nous raconter le destin de « Thérèse Desqueyroux », une jeune femme dont les conventions de l’époque et autres mariages arrangés étaient très loin de lui convenir. Intéressant d’un côté, « Thérèse Desqueyroux » est aussi un film duquel je ressors partagé, car si sa reconstitution est sublime, son ambiance pesante à souhait et ses acteurs parfaits, je dois dire aussi que cette histoire, et surtout le personnage de Thérèse, ont un peu de mal à trouver le cheminement et se faire touchant. Du coup, ce dernier Claude Miller, même s’il est loin d’être désagréable, résonne comme une belle, voire même très belle, déception.

France, dans les années 20, au cœur des Landes, la jeune Thérèse Larroque épouse Bernard Desqueyroux, le frère de sa meilleure amie. Si le mariage est beau, et le couple sublime, ce mariage est surtout un arrangement. Si les premières années de ce mariage peuvent convenir à la jeune femme, très vite, Thérèse se sent comme étouffée par ce mari aimant les traditions familiales et la chasse. Ne sachant comment donner un attrait à sa vie, Thérèse va alors se laisser tenter par une idée assez étrange et criminelle…

Dernier film de Claude Miller, « Thérèse Desqueyroux » est donc un film duquel je ressors assez partagé, car s’il se pose comme une petite merveille dans son esthétisme, je dois aussi dire que dans ce qu’il m’a raconté, malgré de très belles qualités, le film de Claude Miller est aussi lent, long et voire même ennuyant à certains moments.

Cet ennui ressenti est dérangeant si je puis dire, car outre le fait d’être dérangé par le fait de s’ennuyer, ce qui est agaçant, c’est que l’intrigue en elle-même a vraiment de quoi se faire intéressante. D’ailleurs, elle l’est sur une très grande partie d’elle-même. Ainsi, dans la description de son époque, dans les mœurs, les arrangements, les traditions, les relations entre les personnages ou encore les décisions du personnage de Thérèse, tout comme son sentiment d’étouffements et de mort à petit feu, est intéressant. Claude Miller dresse un beau tableau de cette époque-là. Mais derrière ça s’échappe un sentiment, ou plutôt une attente, celle que le film commence vraiment et surtout qu’il nous prenne par les sentiments et les émotions, et ça, ça n’arrive pas. Aussi intéressant soit-il, « Thérèse Desqueyroux » donne la sensation d’être figé, un peu à l’image de son personnage qui finalement est sans vie. C’est donc de là que s’échappent ces longueurs, et même si sur l’ensemble, « Thérèse Desqueyroux » est très loin d’être désagréable à regarder et suivre, il demeure une déception, assez longue à suivre.

Ce sentiment est bien dommage, car Claude Miller nous offre-là, un beau cinéma. Un cinéma qui nous plonge parfaitement et avec détails dans la France d’entre les deux guerres. Visuellement, le film est magnifique. Que ce soient les décors, les costumes, la musique de Mathieu Alvado, ou encore les cadres choisis par Miller, « Thérèse Desqueyroux » démontre tout le savoir-faire de son réalisateur. Un réalisateur qui arrive aussi à très bien amener ses acteurs là où il le souhaite. Le couple Audrey Tautou/Gilles Lellouche est superbe, Anaïs Demoustier est incroyablement lumineuse, ceux qui incarnent les parents sont sublimes, notamment Catherine Arditi, puis il y a Stanley Weber, merveilleux en amant de rêve.

Bref, « Thérèse Desqueyroux » a vraiment de très bons et très beaux arguments, il demeure simplement que dans sa mise en scène et son montage, Claude Miller n’arrive pas à insuffler de la vie, livrant un film qui traîne souvent en longueur, qui ne creuse pas vraiment le mal-être de cette femme et dans son ensemble, le film se fait bien lisse, et finalement très académique.

Ainsi, ce dernier film de Claude Miller est en demi-teinte, beau, magnifique même d’un côté, et ennuyant de l’autre. « Thérèse Desqueyroux » a tous les atouts d’un film magnifique. Malgré l’ennui que j’ai pu ressentir à certains moments, je ne regrette pas de m’y être arrêté, car ce petit et dernier cru de Claude Miller a de très beaux arguments, et ne serait-ce que pour sa reconstitution, l’esthétisme de ces cadres ou encore la beauté de ses acteurs, « Thérèse Desqueyroux » mérite bien qu’on y fasse un petit arrêt.

Note : 12/20

Par Cinéted

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