novembre 30, 2021

Light of Day

De : Paul Schrader

Avec Michael J. Fox, Joan Jett, Gena Rowlands, Michael McKean

Année : 1987

Pays : Etats-Unis

Genre : Drame

Résumé :

Frère et sœur, Joe et Patti font partie d’un groupe de rock. Joe s’efforce de créer un climat apaisé au sein de sa famille, tandis que Patti est en conflit avec sa mère.

Avis :

Immense réalisateur américain, après une carrière prolifique dans les années 70 en tant que scénariste, Paul Schrader est passé à la réalisation en 1978 avec « Blue Collar« . D’emblée, le réalisateur a attiré l’œil sur son cinéma et s’en est suivi plusieurs années de grâce, avec des films tels que « Hardcore« , « American Gigolo« , « La féline » ou encore « Mishima« . Avec son cinéma, Paul Schrader se pose comme un observateur de la société américaine.

Après avoir fait un tour au Japon pour raconter le célèbre écrivain Yukio Mishima, Paul Schrader est de retour en Amérique avec l’un de ses films les moins connus, « Light of day« . Sorti en 1987 et assez difficilement trouvable aujourd’hui (franchement, j’ai eu de la chance de mettre la main sur un DVD), « Light of day » suit un frère et une sœur qui ont des rapports conflictuels dans leur famille. Chronique familiale teintée de rock des années 80, « Light of day » n’est pas un grand film de Paul Schrader, mais à bien des regards, il se pose comme un film intéressant à découvrir. Puis en bonus, le film jouit d’une BO génialement rock des eighties qui nous en met plein les oreilles.

Amérique, Cleveland dans les années 80. Joe et sa sœur Patti ont monté un groupe de Rock et ils aimeraient beaucoup vivre de leur musique. Si Joe est quelqu’un d’apaisé qui travaille dans une usine et qui essaie tant bien que mal de faire tenir sa famille unie, sa sœur Patti est bien plus rebelle, et elle est aussi en permanence dans le conflit, notamment avec sa mère, qu’elle ne supporte pas. Entre concerts dans de petites salles, dîners familiaux qui virent souvent au désastre, le plaisir de jouer de la guitare devant un public, et le fils de Patti dont il faut s’occuper, Joe fait ce qu’il peut, jusqu’au jour où un drame arrive…

Connu aussi sous le titre « Blue electric« , « Light of day » de Paul Schrader est un film qui a son petit charme et malgré un côté un peu longuet ainsi qu’un final assez abrupt, arrivant d’un coup, « Light of day » est plaisant à découvrir.

Comme il a l’habitude de le faire, Paul Schrader pose encore une fois sa caméra pour filmer l’américain lambda. Ici, Schrader y filme les rêves, le travail, les relations familiales, la difficulté, mais aussi la simplicité de la vie. Bref, il livre une petite chronique de famille qui au fur et à mesure qu’elle se tisse, cette dernière arrive à se faire touchante et intéressante.

Ce qui est intéressant avec ce film, c’est la simplicité de son scénario. « Ligt of day« , c’est la chronique familiale qui ne cherche pas à être autre chose. Paul Schrader nous plonge dans l’intimité de ses personnages et il en peint des portraits assez nuancés, qui décrivent la jeunesse des années 80. On retrouvera alors tout ce qui fait le charme de cette époque, les sorties, les copains, les groupes qu’on monte, les concerts, les looks, puis ces espoirs d’une vie meilleure. « Light of day » offre une belle relation entre un frère et une sœur. Une relation complexe, faite de prises de tête, de passion, puis d’un amour, d’égoïsme d’un côté et d’abnégation de l’autre, dans l’espoir que ce dernier réussisse. Bref, même si « Light of day » ne tient pas de grands moments de cinéma, et il ne se fait pas aussi marquant d’un « Hardcore » par exemple, on se plaît à suivre ce frangin et cette frangine de scène en scène et de dîner en dîner. Puis il y a ce final, où une certaine forme de réalité vient les rattraper et fait basculer le film dans l’émotion. Une émotion pas toujours très juste, avec des ficelles de scénario plutôt faciles, mais l’intention est là et l’on se laisse gentiment attraper.

On se laisse attraper car Paul Schrader a réuni un joli casting assez étonnant dans son genre, mais ce dernier a sacrément du charme et surtout au-delà de ça, les acteurs tiennent bien leurs personnages. « Light of day » est ainsi l’occasion de trouver Michael J. Fox en jeune intègre, plein de rêves et qui s’évade la nuit venue dans de petites salles de concerts pour jouer de la guitare et s’éclater. Pour la sœur de la famille, Paul Schrader a eu l’idée d’offrir le rôle à Joan Jett et l’ex chanteuse des Runaways compose un joli personnage. Un personnage un poil agaçant dans sa rébellion, mais qui arrive à faire son cheminement et finalement, elle se fait touchante, notamment parce que le film offre une belle relation entre elle et sa mère, qui est tenue par l’immense Gena Rowlands. On notera dans ce casting des rôles plus ou moins importants pour des acteurs comme Jason Miller, Cherry Jones (j’adore cette actrice qui est bien trop méconnue), Michael McKean ou encore Michael Rooker qui tient un bar.

Si le film a des coups de mou et se fait assez facile et abrupt dans sa conclusion, ce Paul Schrader méconnu demeure une bonne petite découverte. Paul Schrader pose un regard tendre et intéressant sur cette chronique familiale, et même si on ne tient pas un grand cru, à bien des arguments (scénario, acteurs, BO terrible faite pour l’occasion), « Light of day » mérite qu’on s’arrête dessus, et même qu’on le sorte de l’ombre dans lequel il se trouve.

Note : 13/20

Par Cinéted

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