novembre 30, 2021

Cartaventura – Vinland

Fiche Technique :

Création : Thomas Dupont et Arnaud Ladagnous

Illustrations : Guillaume Bernon et Jeanne Landart

Joueurs : 1 à 6

Durée : 60 minutes

Type/Public : Exploration, Ambiance/Familial

Mode de Jeu : Coopératif

Age : 10 ans

Mécaniques : Choix narratifs

Première Parution : 2021

But du Jeu :

Cartaventura : Vinland partez chez les Vikings sur les traces de l’explorateur Erik le Rouge en 998.
Arriverez-vous à prouver l’innocence de votre père ? Prendrez-vous la mer vers les terres de l’ouest ou commanderez-vous votre colonie au Groenland ? Resterez-vous fidèle aux dieux nordiques ?

Règles :

La saga des Cartaventura est un jeu un peu particulier, dans le sens où il n’y a pas de livret de règles. En effet, pour la première partie, il faudra suivre les instructions des premières cartes qui permettront dès lors de comprendre les rouages du jeu. Ainsi, on ouvre la boîte, on laisse le tas de cartes comme il est et un joueur pioche la première carte du paquet.

Dès lors, un premier choix va devoir être fait. En fonction de ce choix, les joueurs vont alors retourner la carte, ou prendre une ou plusieurs cartes dans le tas comme indiqué. Un peu comme un Livre Dont Vous Etes le Héros, chaque choix amène sur un chemin différent et ne permet pas d’explorer toutes les pistes. Quelques subtilités viennent tout de même mettre un peu de piquant dans le jeu.

En effet, en fonction des choix, certaines cartes ont des effets plus ou moins permanents. Ici, on aura droit à des dieux qui viendront nous donner des faveurs, permettant de se sortir de situations compliquées. On pourra aussi récolter quelques objets qui seront utiles plus tard. Enfin, certaines cartes viendront construire un plan sur la table, permettant de voir l’évolution de l’histoire, et surtout le voyage effectué par notre héros.

Les règles sont donc assez simples, et elles consistent à choisir entre deux choix pour avancer narrativement dans l’histoire et tenter de trouver les cinq fins possibles.

Avis :

Il ne faut pas se leurrer. Avec son petit prix et son petit format, Cartaventura – Vinland ne peut être qu’un « petit » jeu. Mais certaines expériences ludiques ne se mesurent pas à la taille de la boîte, mais bel et bien aux mécanismes et au renouvellement dudit jeu. Est-ce le cas ici ? On souffle le chaud et le froid.

En premier lieu, le fait qu’il n’y ait pas de livret de règles est plutôt une bonne chose. On apprend très rapidement les rouages en jouant, et avec des premières cartes explicatives succinctes et très bien expliquées. Comme dit précédemment, on est face à un Livre Dont Vous Etes le Héros matérialisé sous forme de cartes. Chaque choix va faire retourner ou piocher des cartes et faire perdre des points de vie aux joueurs ou alors prendre un chemin vertueux. C’est simple, direct et on plonge rapidement dans l’univers.

Cependant, le jeu va vite trouver ses limites. Déjà dans le nombre de joueurs. Si on peut y jouer à six (ou plus), il n’y a pas d’interactions entre les joueurs. C’est du coopératif, on doit juste s’entendre pour faire le bon choix. Et plus on est de joueurs, moins on va voir les cartes, et moins cela va être ludique. Deux joueurs semblent être un bon compromis. Pour autant, le mécanisme va vite se faire redondant. On n’aura le choix qu’entre deux possibilités à chaque fois, et on aura tôt fait de mourir rapidement en perdant tous ses dieux. Cela génère de la frustration, surtout quand il faut tout recommencer depuis le début (comme un bon vieux LDVELH des familles et de la belle époque). Le jeu fait donc la part belle à la narration et au hasard, ce qui risque de frustrer les amateurs d’Escape Game qui ont envie d’avoir des indices avant de se lancer. De ce fait, trouver les différentes fins peut gonfler plus qu’autre chose et on ne pourra s’attarder que sur une seule finalité.

Mais il serait un peu hypocrite de dire que le jeu est raté, ou tout du moins qu’il ne tient pas toutes ses promesses. Outre le format et le prix, Cartaventura – Vinland reste un petit jeu d’ambiance et ça, on ne peut pas le lui enlever. Les illustrations sont superbes, avec des aquarelles splendides, et le fait de poser des cartes sur la table afin de créer un plan renforce le côté exploration. De plus, on retrouvera quelques éléments historiques, avec notamment le christianisme qui arrive en force, et qui va nous pousser à faire des choix cornéliens, notamment sur le prosélytisme ou le refus de se convertir. Ainsi, on aura droit à quelques moments qui rappelleront aux amateurs de séries des passages dans Vikings ou Last Kingdom.

Au final, Cartaventura – Vinland est un jeu imparfait, mais qui essaye de trouver une nouvelle façon d’aborder la narration de façon ludique. Sorte de LDVELH en format carte, le jeu peut se targuer d’avoir de superbes illustrations et de bien utiliser son thème jusqu’au bout. On regrettera cependant l’aspect rigide des règles, qui ne poussent qu’à faire un choix entre deux possibilités, et qui se veut dirigiste à travers plusieurs fins disponibles dont la mort est souvent l’issue la plus empruntée. Bref, un petit jeu sympathique, mais qui ne dépasse jamais son statut, et c’est bien dommage.

Note : 12/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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