décembre 10, 2022

Querelle

De : Rainer Werner Fassbinder

Avec Brad Davis, Franco Nero, Jeanne Moreau, Laurent Malet

Année : 1982

Pays : Allemagne, France

Genre : Drame

Résumé :

Le Vengeur vient d’accoster à Brest. Sur le pont, l’équipage s’affaire aux dernières tâches avant de descendre à terre. Parmi eux, Querelle, beau marin à l’immense pouvoir de séduction, ne laisse pas insensible son supérieur, le lieutenant Seblon. Dans le plus grand bouge de la ville, au milieu de la nébuleuse interlope du port, Querelle retrouve son frère Robert. D’étranges rapports de haine et d’amour lient les deux hommes. Fasciné par Lysiane, la maîtresse de Robert, Querelle doit cependant se soumettre au désir de Nono, le tenancier du bordel…

Avis :

Immense réalisateur allemand, Rainer Werner Fassbinder fait partie de ces cinéastes qui ont, dans les années 60/70, révolutionné le cinéma allemand. Il faut dire que le réalisateur, qui eut une très courte carrière, puisqu’il décès à l’âge de trente-sept ans, laisse derrière lui une œuvre assez impressionnante, qui se compose de pas moins de vingt-cinq films. Vingt-cinq films qui sont autant de métrages qui continuent aujourd’hui à faire de nouveaux adeptes.

Pour ma part, j’ai souvent entendu parler du cinéma de Fassbinder et ça fait des années que je veux m’y arrêter sans jamais passer le pas et ça y est, c’est enfin fait, je me suis lancé dans mon premier Rainer Werner Fassbinder, et très étrangement, je commence par la fin de sa carrière, puisque « Querelle » est son dernier film. D’ailleurs, Fassbinder ne l’a pas vu, puisqu’il est mort en plein montage de ce film.

Culte de chez culte dans la communauté homosexuelle, tenant une affiche aussi fascinante que scandaleuse, tenant des influences qui peut rappeler le travail de Tom Of Finland, « Querelle » est un film qui m’a totalement laissé de marbre. Rainer Werner Fassbinder nous entraîne dans un film assommant, soutenu par une intrigue qui n’a ni queue, ni tête. Et plus l’intrigue se dévoile, plus les personnages se dévoilent et plus finalement, on se demande où le réalisateur veut en venir. Finalement, à ma très grande déception, l’heure quarante-huit qu’a duré « Querelle » m’en a paru le double.

Port de Brest, le Vengeur vient d’accoster. À son bord, les marins s’affairent. Parmi eux, Querelle, à peine la trentaine, est un jeune homme très beau qui tient un pouvoir de séduction immense. Le jeune homme est la fascination de son supérieur, et plus largement, il ne va cesser de créer le désir malgré lui. Ainsi donc, une fois à terre, Querelle va être l’objet de toutes les convoitises…

Long, plat, bordélique, épuisant, cliché, monotone, mais surtout et j’ai reviens, bordélique, cette première incursion dans le cinéma de Rainer Werner Fassbinder est une sévère déception. Il est vrai que le film est esthétiquement superbe, tenant un côté volontairement kitschouille assez hypnotique. Fassbinder livre un travail magnifique du point de vue de l’éclairage, des décors et des costumes génialement kitschs et clichés, de la musique ou encore dans la façon qu’il peut avoir de filmer ses personnages. Il y a beaucoup de plans qui ont hanté mon esprit après ma séance, tant le metteur en scène allemand a réussi à capturer quelque chose de très particulier et unique dans la façon d’icôniser ses personnages et notamment Franco Nero qui est d’un érotisme de tous les instants.

Mais voilà, si la mise en scène dans sa recherche d’esthétisme est folle, c’est bien tout ce que j’ai pu trouver à « Querelle« , car pour le reste, et surtout l’histoire que va nous raconter le cinéaste, le film a bien eu du mal à ne pas m’ennuyer. Si l’on pourrait passer au-dessus du côté contemplatif et la lenteur, la « platitude » de sa mise en scène, le plus dérangeant avec « Querelle« , c’est que finalement, cette histoire de marin qui est l’objet de tous les désirs finit par n’avoir aucun sens. Jamais le film n’arrive à nous tenir en haleine, tant cette intrigue part dans tous les sens. Pèle mêle, aux alentours de scènes, on trouvera dans « Querelle » des meurtres, du désir, des relations homosexuelles, des relations hétérosexuelles, des viols, des bagarres auxquelles on ne croit pas une seule seconde et plus largement qu’on ne comprend pas.

On trouvera des bars avec des hommes en cuir, un tenancier qui s’envoie tout ce qui bouge, Jeanne Moreau qui s’ennuie, des marins qui s’affairent sur un pont, des dialogues assez vulgaires et des relations entre les personnages qui arrivent comme un cheveu sur la soupe et puis du sexe et encore et toujours du sexe, mais point d’émotion, de poésie, d’amour, non, ici, le sexe est cru, bestial, cliché et même incompréhensible. Bref, je me suis accroché, espérant que « Querelle » finalement se poserait comme un puzzle dont il faut attendre d’en rassembler toutes les pièces pour enfin en voir l’ensemble et être touché, ou pris dans ses filets, mais rien à faire, plus les scènes et les interactions entre les personnages se dévoilaient, et plus « Querelle » se posait comme pénible et long, très long.

Restera alors des scènes, des idées et des plans hypnotiques qui me viendront directement en tête. Je ressors donc très déçu et surtout très ennuyé de ce premier Rainer Werner Fassbinder, qui hormis, finalement, un Franco Nero hypnotique et très érotisé, n’aura rien su éveiller en moi. Peut-être en attendais-je trop et peut-être faudrait-il que je m’y attarde une seconde fois, afin de le regarder avec un autre œil, mais là, de but en blanc, je n’en ai clairement pas envie.

Note : 07/20

Par Cinéted

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