novembre 30, 2021

Doro – Forever Warriors Forever United

Avis :

Au début des années 80, à Düsseldorf, va naître un groupe qui va faire pas mal de bruit, Warlock. Le groupe cartonne dès son troisième album, True as Steel, et va vite devenir une référence dans le monde du Heavy. Ce groupe va devoir changer de nom en 1987 pour devenir Doro, la faute à des histoires de droit et reprenant dès lors le prénom de la chanteuse. Doro va alors devenir, au fil des années une référence dans le monde du métal. A un tel point que la frontwoman se fera renommer The Metal Queen. Aujourd’hui, Doro continue son petit bonhomme de chemin. A 57 ans, la chanteuse a toujours la forme et a même sorti en 2018 le premier double album de la formation, Forever Warriors, Forever United. Avec une poignée d’invités et vingt-cinq titres, on pouvait s’attendre à un retour en force. Vraiment ?

Le premier titre, All for Metal, est une véritable ode au rassemblement et à fêter dignement la musique extrême dans une bonne fosse des familles. C’est fédérateur, la voix de la chanteuse se pose parfaitement sur les riffs incisifs et globalement, ça donne envie de bouger dans tous les sens. Cependant, on verra aussi un gros défaut dans ce titre, il ne prend pas de risque. Le groupe se contente du minimum syndical dans la construction du morceau et on sent bien que tout l’album sera du même acabit. Et ce n’est pas Bastardos qui viendra nous dire le contraire. Si la chanteuse rend hommage à Lemmy Kilmister de Motörhead, on reste dans quelque chose de très conventionnel et qui ne sort pas vraiment des rangs du Heavy classique. Alors certes, c’est bien fichu et ça donne une pêche d’enfer, mais ça ne sort jamais de sa zone de confort.

Néanmoins, il faut dire que dans ce premier album, on retrouve quelques morceaux qui tachent un peu plus que d’autres. Turn it Up balance bien la sauce sur les riffs, tout comme Blood, Sweat and Rock’n’Roll qui sont taillés pour la scène et qui possède une énergie salvatrice. Ces titres sentent la poudre, la gomme de pneu sur le goudron et on se laisse facilement emporté par ces mélodies endiablées. On peut aussi citer If I Can’t Have You – No One Will, en duo avec un certain Johan Hegg de Amon Amarth. Entre growl graveleux et chant féminin, le titre tient la route et offre une autre facette de Doro, qui peut se permettre d’être un peu plus virulent et de mieux rentrer dans le lard. Tous ces titres sont plutôt réussis, mais on peut aussi évoquer ceux qui le sont moins, notamment les ballades qui sont très fades.

Love’s Gone to Hell est un titre de feignasse, mais qui n’est même pas à la hauteur de Black Ballad, un morceau presque pénible, où la chanteuse répète inlassable la même chose, sur une rythmique pauvre et déjà entendue des centaines de fois. Ce premier album n’est donc pas exempt de défauts, mais à la rigueur, il tient mieux la route que le second, qui laisse beaucoup trop de place au mélo et suit parfois le même chemin que le précédent. A titre d’exemple, Résistance est un titre fédérateur qui lance la machine, comme le fut All for Metal. Pour la suite, ce sera moins réjouissant. On aura droit à quelques titres mélo un peu pénibles, comme It Cuts so Deep ou encore 1000 Years, des titres qui manquent d’énergie, de verve et qui restent, encore une fois, dans une structure classique et sans réelle saveur.

Alors tout n’est pas à jeter dans ce deuxième effort. Certains titres sont redoutables et très efficaces dans leur rythmique. A titre d’exemple, Lift me Up fonctionne très bien dans son refrain. Living Life to the Fullest est aussi un titre qui comporte un riff qui est puissant et très mélodieux. Si le titre reste ultra formaté, il marche à la perfection. On peut aussi citer Fight Through the Fire, qui est peut-être le titre le plus énervé de tout le double album. Un excellent titre qui risque fort de faire bouger les nuques lors de futures prestations scéniques. Comme on peut le voir, tout n’est pas mauvais, ou basique. Mais il réside aussi dans l’album des fautes de goût impardonnables, comme la reprise de Caruso qui est abjecte et ne sert strictement à rien. A noter aussi des paroles pas terribles qui tournent toujours autour de l’amour du métal…

Au final, Forever Warriors, Forever United est un double album qui n’est pas mauvais en soi, mais qui reste trop calibré. Certains morceaux sortent du lot, il y a une belle énergie qui se déploie de temps à autre, mais globalement, on reste dans ce que Doro propose depuis des années et ça manque cruellement de prise de risque. Néanmoins, à plus de cinquante ans, on ne peut que saluer la vitalité de Doro, qui continue à vibrer pour le métal et n’a pas usurpé son statut de Metal Queen.

  • All for Metal
  • Bastardos
  • If I Can’t Have You – No One Will feat Johan Hegg
  • Soldier of Metal
  • Turn it Up
  • Blood, Sweat and Rock’n’Roll
  • Don’t Break my Heart Again
  • Love’s Gone to Hell
  • Freunde Fürs Leben
  • Backstage to Heaven feat Helge Schneider
  • Be Strong
  • Black Ballad
  • Bring my Hero Back Home Again
  • Résistance
  • Lift me Up
  • Heartbroken feat Doug Aldrich
  • It Cuts so Deep
  • Love is a Sin
  • Living Life to the Fullest
  • 1000 Years
  • Fight Through the Fire
  • Lost in the Ozone
  • Caruso
  • Tra Como E Coriovallum
  • Metal is my Alcohol

Note : 13/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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