novembre 29, 2021

Approaching the Unknown

De : Mark Elijah Rosenberg

Avec Mark Strong, Luke Wilson, Sanaa Lathan, Charles Baker

Année : 2016

Pays : Etats-Unis

Genre : Science-Fiction

Résumé :

Un astronaute américain est envoyé sur Mars pour y vivre.

Avis :

Certains acteurs aiment se mettre en danger dans des films indépendants où ils pourraient exploser dans des rôles à contre-emploi. Certains « action hero » ont voulu s’essayer au drame pour montrer qu’ils étaient aussi des acteurs à part entière. D’autres grands acteurs attendus dans des blockbusters ont voulu prendre des risques dans de petits films. C’est par exemple le cas de Mark Strong, qui entre deux Kingsman et un Grimsby, a eu l’envie de se laisser tenter par un tout petit film de science-fiction, Approaching the Unknown. Réalisé et écrit par Mark Elijah Rosenberg, dont c’est le premier film, ce métrage indépendant de science-fiction raconte comment un homme veut révolutionner la science en partant sur Mars avec une machine de son invention, un réacteur qui transforme la terre en eau. Mélange de philosophie, de drame et de SF, que vaut réellement ce tout petit film ?

L’ennui vient en voyageant

Le scénario du film est très simple. On va y suivre un astronaute américain qui a réussi à inventer une machine révolutionnaire capable de transformer la terre en eau potable. Dès lors, vivre sur Mars semble être une possibilité. Il décide alors de partir en solo pour installer sa machine et il sera rejoint trois semaines plus tard par une autre astronaute. Malheureusement, voyager plus de deux cents jours en solitaire apporte son lot d’introspection et de questionnement sur la nature de sa mission et sur ce qu’il représente pour les autres. Mi-délire philosophique mi-thriller spatial, Approaching the Unknown manque le coche, la faute à un script bien trop long et à une absence toute relative de vrai questionnement sur l’Homme et sa nature. On sent que Mark Elijah Rosenberg a de l’idée et souhaite aborder son film de la manière la plus crédible possible, mais il oublie l’aspect divertissant.

Ainsi donc, le film ne sera qu’une longue succession de répétitions, avec un astronaute qui fait du rameur, qui se douche, qui s’occupe de sa machine, qui écrit ses pensées, qui fait quelques visio-conférences et qui va perdre pied petit à petit. Voulant à tout prix montrer la redondance d’une telle mission, et le poids qu’elle porte sur les épaules d’un homme sain d’esprit, le réalisateur se perd dans une démarche de cinéma d’auteur qui oublie qu’il faut du contenu pour susciter de l’intérêt. Si l’astronaute perd pied en même temps qu’il cherche ses mots pour écrire son livre, on n’a pas l’impression de voir la coquille se briser. Il traine sa carcasse sur le vaisseau avant de se saborder lui-même en trafiquant son machine une fois de trop. Le côté survival aurait pu prendre le pas, mais c’est là que le réalisateur décide de partir dans un délire métaphysique.

Qu’est-ce qu’on est serré au fond de cette boîte

Avec un tel film, ou tout du moins avec une telle volonté de faire dans la philosophie ou le métaphysique, on aurait pu croire que le film allait nous faire poser des questions. Sur notre nature, sur l’exploration spatiale, sur l’être humain en règle générale, mais il n’y aura rien de tout cela. Enfermé dans son vaisseau, l’astronaute va tourner en rond et se voir comme une sorte d’élu, de super-héros à qui on a donné une mission divine. Son projet de vivre sur Mars et de créer une colonie va constamment prendre le dessus sur l’humilité de l’homme. Même s’il reste terriblement humain dans ses activités, il ne semble pas avoir de doute et l’échec ne lui est pas permis. Un échec qui pourrait le mener à sa perte, refusant tout retour sur Terre, puisqu’il a visiblement tout vu sur cette planète.

Cela va poser un gros problème, l’absence d’empathie pour un être égoïste et égocentrique. De ce fait, on va rapidement s’ennuyer comme cet astronaute et même lorsqu’il rencontre d’autres personnes, on n’arrive pas ressentir quelque chose. Et c’est dommage car lorsqu’il arrive sur la station pour se ravitailler, il va rencontrer deux autres astronautes qui sont mystérieux, inquiétants et qui semblent être au bout du rouleau. Un petit côté thriller s’installe alors, présentant deux hommes en perdition qui ne comprennent pas le délire d’aller vivre seul sur Mars. On ressent de la détresse, et même une menace, mais qui ne prendra jamais corps, laissant en suspens des thématiques qui auraient pu être intéressantes, comme le poids de la solitude ou la vacuité des voyages spatiaux, au lieu de prendre soin de notre Terre. Il ne faudra pas y voir un pamphlet écologique dans ce film, bien au contraire.

Premier film

Approaching the Unknown est le premier film de Mark Elijah Rosenberg et cela ne se sent pas trop. En effet, le jeune réalisateur fait preuve d’un certain culot sur certains plans, notamment sur les images spatiales qui sont très belles. Les mouvements de caméra sont relativement lisses et le choix de faire tournoyer, lentement, la caméra donne un aspect particulier à certaines images de l’espace. On regrettera simplement une fin de film qui lorgne trop du côté de 2001 l’Odyssée de l’Espace de Stanley Kubrick. Ici, la fin est quasiment la même, appelant à un certain délire métaphysique mais qui ne prend pas. C’est là que l’on voit la différence entre un grand cinéaste qui donne du sens à ses images et un autre qui se contente de copier. Quant à Mark Strong, il reste convaincant mais n’apporte pas de surplus à l’écriture de son personnage, restant neutre et sobre.

Au final, Approaching the Unknown est un film de science-fiction vain et ennuyeux. Le jeune réalisateur essaye de faire un film intelligent et sobre, mais il pète plus haut que son cul et n’arrive pas à donner un vrai fond intéressant à son métrage. Huis-clos souvent pénible et parfois prétentieux, on ne peut pas dire que l’on passe un bon moment devant ce film, qui s’étire à l’infini, comme l’espace. Et si le plus intéressant dans une expédition n’est pas forcément la destination, mais le voyage, ici, on a l’impression d’être dans un bouchon sur l’A7 en plein mois de Juillet. Et ce n’est pas agréable.

Note : 05/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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