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Robinson à Pékin - Lavisqteam.fr
septembre 21, 2021
BD

Robinson à Pékin

Auteurs : Eric Meyer et Aude Massot

Editeur : Urban Comics

Genre : Récit de vie

Résumé :

En atterrissant à Pékin le 5 septembre 1987, le journaliste Eric Meyer n’aurait jamais imaginé rester sur place plus de quelques mois.

Pourtant, plus de trente belles années séparent ce jeune homme curieux et débordant d’entrain de l’homme qui nous raconte aujourd’hui son histoire. Celle d’un coup de foudre pour une culture aux antipodes des codes occidentaux, d’une vie semée d’embûches mais d’autant d’émerveillements.

Avis :

Parmi les pays qui suscitent un intérêt à la fois culturel et politique, la Chine se place en pole position. Très fermé, mais voulant aussi ressembler aux pays d’Occident, la Chine a une histoire très particulière et un rapport à l’humain et à la politique qui est très particulier. Fasciné par cette culture, Eric Meyer, journaliste, est parti là-bas en 1987 pour couvrir un premier article, pensant rentrer assez vite en France. Sauf que trente ans plus tard, il réside toujours dans l’Empire du Milieu et continue son travail de journaliste plus ou moins indépendant. En s’associant avec Aude Massot, Eric Meyer décide d’adapter son roman Robinson à Pékin en bande-dessinée et le résultat est plutôt croustillant. Fourmillant de détails et bourré d’humour, ce support favorise les histoires courtes, tout en montrant l’évolution du pays.

En substance, la bd raconte l’arrivée tumultueuse d’Eric Meyer en Chine, avec toutes les difficultés que cela impose en termes de légalisation, de papiers et de logements. Le régime politique à la fin des années 80 est assez obscur et on va vite voir que les étrangers sont vus d’un mauvais œil. Le journaliste raconte sa colocation avec un journaliste étranger, puis les difficultés qu’il va avoir pour trouver un logement. On y voit aussi le traitement différent avec une monnaie différente pour les étrangers. Eric Meyer va passer son quotidien au peigne fin, en racontant les soirées privées, les travaux sur son appartement ou encore la venue de sa femme, qui tomber enceinte là-bas. Tous ces petits riens vont faire que l’on ressent de l’empathie pour le journaliste et qu’il semble faire fi de tous les problèmes qui l’entourent.

D’ailleurs, cette bonhommie transpire sur quasiment toutes les planches, et sur presque tous les sujets, du moins les personnels. Pour autant, Eric Meyer n’oublie pas de raconter le côté sombre de la Chine et notamment ses répressions. La fin de la BD parle bien évidemment de la révolte des étudiants et des tueries sur la place Tian An Men. Un climat de guerre s’installe alors et on sent que le journaliste se sent en danger. A un tel point qu’il envoie sa femme enceinte à Hong-Kong pour qu’elle soit plus en sûreté. Les sujets graves prennent alors plus d’ampleur, montrant une facette encore plus sombre de la Chine et du communisme. A cela, il faut aussi ajouter une qualité de vie qui ne s’améliore pas pour les chinois, n’ayant droit qu’à des produits de mauvaise qualité et des aliments qui ne sont pas forcément conservés dans les meilleures conditions.

Ainsi, malgré le côté un peu humoristique, on retrouve de la gravité et du sérieux. Tout cela est savamment mis en images par Aude Massot. La dessinatrice arrive très bien à combiner l’aspect chaud et drôle du début avec la tension froide de la fin, affichant un climat de guerre relativement violent. D’ailleurs, les corps sanglants prendront plus de place, au grand désarroi d’un journaliste qui veut couvrir les évènements tout en ne se mettant pas en danger. L’autre efficacité du dessin réside dans une sorte de candeur qui pourrait presque dénoter avec cette Chine pas forcément riche, méfiante et toujours à l’affût de potentiels espions. Mais cela apporte un regard plus apaisé, plutôt bienveillant, sur un pays en constante mutation, qui souhaite finalement vivre comme les pays capitalistes.

Au final, Robinson à Pékin est une BD relativement surprenante. Derrière ses atours de « reportage », ou témoignage, sur la Chine des années 80/90, le récit déroule des anecdotes assez drôles, tout en racontant un fond important, une mutation progressive d’un pays en proie à une révolte dormante. Entre humour joyeux et répression sanglante, la BD monte crescendo pour mieux nous cueillir et nous raconter un pays qui n’a pas fini de nous étonner, en bien comme en mal. Il en résulte donc un ouvrage singulier mais intéressant, surprenant dans le catalogue de chez Urban, mais qui offre un point de vue et une plume parfois piquante. A découvrir.

Note : 15/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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