juin 22, 2021

Saint Narcisse

De : Bruce LaBruce

Avec Félix-Antoine Duval, Tania Kontoyanni, Andreas Apergis, Jonathan Emond

Année : 2021

Pays : Canada, Luxembourg, Belgique, Mexique

Genre : Drame

Résumé :

Dans les années 1970, à la mort de sa grand-mère, le jeune, beau et narcissique Dominic trouve des lettres qui contredisent la version selon laquelle sa mère serait morte en couches. S’ensuit sa quête pour la retrouver vivante, habitant au fond des bois avec la jeune et mystérieuse Irène. Des liens étranges et forts se nouent entre ces trois-là, mais les découvertes de Dominic ne s’arrêtent pas en si bon chemin puisqu’il découvre aussi qu’il a un frère jumeau identique, Daniel, prisonnier d’un monastère et surtout des griffes d’un prêtre qui ne lui veut pas que du bien…

Avis :

Dans le paysage du cinéma, Bruce LaBruce est un auteur résolument à part. Imposant un univers lourd, et surtout loin des conventions, Bruce LaBruce s’intéresse toujours à l’homosexualité de près ou de loin, proposant des films de tous genres qui ont pour but de bousculer les habitudes des spectateurs et dans une certaine mesure, ça fonctionne, puisque le metteur en scène canadien tient depuis trente ans maintenant et il a même son public.

Quatre ans après l’anonyme « The Misandrists« , film que Bruce LaBruce a tourné en Allemagne, le cinéaste est de retour chez lui pour évoquer en quelques sortes le mythe de Narcisse. Comme tout film de Bruce LaBruce, il faut savoir où l’on met les yeux et ce « Saint-Narcisse« , qui fait partie de la sélection 2020/2021 du Festival Chéries-Chéris, était l’un des films qui donnait le plus envie de s’y attarder, et malheureusement, le film s’est posé comme une belle déception. Foutraque, ambigu, confus, amateur, dérangeant, « Saint-Narcisse » peine à raconter son intrigue et finalement, c’est l’ennui qui guette. Dommage.

Dans les années 70, Dominic, un très beau garçon d’une vingtaine d’années, vit avec sa grand-mère. À la mort de cette dernière, Dominic découvre que sa mère, qu’il croyait morte en lui donnant la vie, est bel et bien toujours vivante. Le jeune homme se lance donc dans des recherches et très vite, il arrive à la retrouver. Mais ces retrouvailles vont amener des surprises que Dominic n’aurait jamais pu imaginer.

Quatorzième film pour le scandaleux Bruce LaBruce, « Saint-Narcisse » est un film duquel je ressors complétement perdu et rare auront été les films qui m’auront laissé ce sentiment-là. Si l’idée de départ est intéressante, un jeune homme qui se découvre une mère toujours vivante, alors qu’il la pensait morte, synopsis qui aurait pu faire emprunter d’autres sentiers à son réalisateur, nous entraînant dans un drame qu’on espérait touchant, le résultat sera tout autre, et entre déception et ridicule, comme je le disais, je ressors de « Saint-Narcisse » totalement perdu.

S’il faudra laisser à cette œuvre une belle interprétation notamment de la part de Félix-Antoine Duval qui tient un rôle qui est loin d’être évident. S’il faut aussi laisser à son réalisateur l’audace d’emprunter des chemins qu’on n’aurait pas imaginé, notamment dans l’ambiance quasi-mystique de son film, ce qui donne un cachet intéressant à l’ensemble, même si jamais cette même ambiance n’arrive à s’imposer et surtout convaincre vraiment. Pour le reste, « Saint-Narcisse » est un film bien compliqué à plus d’un titre.

La première chose qui vient en tête, c’est ce scénario qui en voulant revisiter le mythe de Narcisse, ce jeune homme qui, voyant son reflet dans l’eau, en tomba amoureux, Bruce LaBruce livre une intrigue qui n’a ni queue, ni tête. Une intrigue qui part dans tous les sens. Une intrigue qui aborde le mythe de Narcisse, qui parle de famille, avec cette mini enquête pour retrouver une mère. Une intrigue qui ira chercher aussi du côté de l’église, avec un prêtre quasi-possédé, et un frère qui ressemble comme deux gouttes d’eau au héros. Cette intrigue crée des histoires d’amour et des désirs qui font que tous les personnages se tournent autour. Il y a bien des idées qui sont intéressantes, mais l’ensemble est bordélique, oublie la cohérence et la crédibilité et surtout, certains pans de cette intrigue sont finalement assez risibles et l’on a vraiment beaucoup de mal à y croire. Bruce LaBruce oublie de développer ses personnages, ce qui fait que son histoire, qui est déjà bien compliquée comme ça, finit par tomber à l’eau, étant plus catastrophé par ces personnages que touché.

S’ajoute à cela une mise en scène qui frôle l’amateurisme. Certes, il y a un certain cachet qui se dégage de l’ensemble, et l’idée de frôler parfois le film d’horreur pour cette « histoire-là » est intéressante, puis au-delà de ça, le film, à certains instants, tient de belles scènes. Des scènes qui fonctionnent seules, mais noyées dans l’ensemble, noyées dans ce montage approximatif, dans cette photographie étrange et fade, dans ce non-rythme et plus largement dans cette histoire, ces seuls moments de jolie poésie ne suffisent pas et comme je le disais, c’est l’ennui qui gagne du terrain.

Je ressors donc déçu de ce nouveau LaBruce. « Saint-Narcisse » a des idées intéressantes, il a un cachet, étrange certes, mais il est là, et là encore ça peut être intéressant. Le film est aussi tenu par un acteur charismatique, qui s’en sort plutôt bien, au vu de son personnage et surtout de cette histoire. Mais voilà, tout ceci n’aura pas suffi à ne pas me perdre face à cette intrigue qui a tendance à partir dans tous les sens. Une intrigue qui laisse le sentiment très étrange de ne rien raconter, tout en racontant quelque chose. Bref, c’est du Bruce LaBruce, il faut entrer dedans, certains aimeront, pour sûr, et d’autres passeront complétement à côté, pour ma part, vous l’aurez compris, c’est tristement la deuxième option.

Note : 07/20

Par Cinéted

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