juin 22, 2021

Gojira – Fortitude

Avis :

Fondé à la toute fin des années 90, c’est dans les années 2000 que Gojira prend son nom définitif, à cause de Roland Emmerich qui dépose Godzilla comme une marque déposée. Il en faudra plus pour déstabiliser le groupe qui va, à force de démos et d’obstination, pouvoir faire son premier album et devenir une référence dans le monde. Aujourd’hui, Gojira n’a plus rien à prouver à qui que ce soit. Groupe français qui cartonne le plus à l’étranger, il n’aura pas fallu longtemps à Fortitude pour dominer tous les charts et les plateformes de streaming musicales. Septième effort des landais, il fat suite à Magma qui avait un tantinet déçu les fans, car trop simple et peut-être trop direct. Du moins, pas forcément dans la veine Death Technique qu’arbore le groupe habituellement. La donne change-t-elle avec ce nouvel album ? Très certainement.

Le skeud débute Born for One Thing qui, d’après les dires de Joe Duplantier, sera le premier morceau à être joué sur scène. Et on peut dire que ça met l’ambiance d’entrée de jeu. Nerveux, puissant, jouant constamment avec les nuances du groupe, on fait face à un très gros morceau. Du pont plutôt aérien à son final dantesque et d’une rare lourdeur, le groupe revient en grande forme et met les points sur les i. D’autant plus qu’avec ce titre, on retrouve l’esprit Gojira dans le jeu des guitares et ses sons si caractéristiques des français. Bref, si tout l’album est de cet acabit, ça risque d’envoyer du lourd. Autre point fort, cela donne terriblement envie d’aller à la suite. Et c’est Amazonia qui nous cueille encore une fois.

Toujours autant engagé dans les paroles, le groupe parle cette fois-ci de la déforestation de l’Amazonie, mais aussi de ces peuples tribaux qui habitent la forêt et se retrouvent sans habitat. Plus mélodique que le titre précédent, la violence reste toujours aussi âpre et permet de bien faire passer le message. On trouvera aussi quelques assertions d’instruments folkloriques d’Amérique du Sud et on retrouvera aussi un petit côté « Sepultura » de la belle époque, ce qui n’est pas pour nous déplaire. Another World, quant à lui, aura un côté un peu plus féminin dans sa mélodie. Plus doux mais tout autant engagé, la formation d’Ondres tente une approche plus Prog et fait encore une fois mouche avec une rythmique envoûtante et une atmosphère très particulière. Alors certes, c’est moins percutant que les deux précédents titres, mais ça reste un ouvrage particulier et très réussi.

Par la suite, après ces trois morceaux que l’on connaissait déjà grâce à divers clips pour vendre l’album, le groupe délivre des titres inédits. Hold On ouvre le bal, avec son introduction tout en douceur et sa rythmique tribale à la batterie. Mario s’en donne encore une fois à cœur joie sur ce titre et c’est avec un plaisir que l’on rentre dans le morceau qui ne fait que monter crescendo. Quant à New Found, le morceau est clairement là pour défoncer à grands coups d’épaules la fosse lors de futurs concerts. Le titre, dépassant les six minutes, frappe fort et délivre une énergie sans commune mesure. C’est à travers ce titre que l’on va ressentir le manque de scènes du groupe. Comme dit dans une interview, cet album est pensé pour la scène, et New Found en est l’exemple type.

Fortitude marquera une pause au sein de l’album. Très calme, il arbore des chants tribaux pour annoncer le titre The Chant, qui sera un tournant au sein de l’album. Plus doux, porté par un chant clair, le titre sera une parenthèse envoûtante, bien que parfois un peu longue et répétitive. Cependant, l’aspect fédérateur des chants, les riffs tout de même assez lourds mais addictifs font que le morceau passe tout seul et s’avère être une franche réussite. Par la suite, le groupe renoue avec le côté Death surpuissant qui le caractérise. Sphinx tabasse très fort et renoue avec un Gojira de la belle époque (on pense bien évidemment à L’Enfant Sauvage). Into the Storm confirmera cet élan de violence, avec notamment un Mario déchaîné à la batterie, qui blaste à tout va. Les deux derniers morceaux seront très différents, à l’image de The Trails, tout calme, et Grind, ultra virulent.

Au final, Fortitude, le dernier album de Gojira, est une franche réussite. Plus poussé que Magma, trouvant un équilibre entre les anciens albums et les plus récents, les français démontrent plus que jamais leur talent et leur ouverture d’esprit. Toujours engagé, toujours aussi précis dans leur musique et leur mélodie, doté d’une production de dingue qui permet au quatuor de s’exposer, ce dernier album prouve plus que jamais que Gojira est un grand groupe, digérant leurs références et créant un univers à part. Bref, il est fort à parier que l’album sera dans les meilleures choses écoutées de cette année.

  • Born for One Thing
  • Amazonia
  • Another World
  • Hold On
  • New Found
  • Fortitude
  • The Chant
  • Sphinx
  • Into the Storm
  • The Trails
  • Grind

Note : 17/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.