octobre 6, 2022

Le Casanova de Fellini

Titre Original : Il Casanova di Federico Fellini

De : Federico Fellini

Avec Donald Sutherland, Tina Aumont, Cicely Browne, Carmen Scarpitta

Année : 1976

Pays : Italie, Etats-Unis

Genre : Comédie, Drame

Résumé :

Au XVIIIème siècle, à Venise. Les rues, pontons et canaux sont animés par le traditionnel carnaval qui déploie les pompes d’une grande fête païenne. Giacomo Casanova, habillé en Pierrot, se rend à l’invitation que lui a fait parvenir une coquette et coquine religieuse. Leurs ébats érotiques sont observés par l’ambassadeur de France, De Bernis, amant de la nonne et voyeur complaisant. C’est le point de départ d’une série d’aventures galantes et sinistres racontées sans vergogne par le célèbre séducteur.

Avis :

Immense réalisateur italien, maître de cinéma, Federico Fellini est une institution à lui tout seul. Il faut dire qu’en cinquante ans de carrière, le cinéaste a laissé derrière lui une œuvre monumentale, qui ne cesse chaque année de faire de nouveaux adeptes au travers de ressorties, rediffusions ou autres rétrospectives. Pour ma part, je ne suis pas encore un familier du cinéma de Fellini, puisque ce « … Casanova … », est ma quatrième incursion après « La Dolce Vita« , « La Strada » et « Amarcord« , et même si à travers ces films, et surtout l’un en particulier, « La Strada« , le cinéma du maître italien ait pu me décevoir, il reste surtout une très belle source de divertissement et de passion.

Giacomo Casanova est un homme né en Italie au XVIII e siècle qui marquera grandement les esprits. Casanova a eu mille et une vies, il fut tour à tour aventurier, violoncelliste, espion, bibliothécaire, diplomate, mais il est surtout connu pour être un grand séducteur qui a enchaîné les conquêtes. Avec une vie pareille, il était évident que le vénitien allait attirer hommes et femmes pour reraconter sa vie. Au cinéma, devenu un personnage, « Casanova » a été moults fois raconté et aujourd’hui, on s’arrête sur l’un des projets les plus pharaoniques qui lui fut consacré. Y songeant depuis plusieurs années, assez chaotique dans sa préparation, « Le Casanova de Fellini » est une œuvre démesurée et un projet un peu dingue qui, s’il se révèle trop long et pas toujours passionnant, demeure néanmoins incroyable et une formidable claque esthétique, sensorielle et visuelle.

Au XVIIIe siècle, à Venise, lors du traditionnel carnaval, Giacomo Casanova se voit donner un rendez-vous avec une religieuse plutôt coquine. Lors de ce rendez-vous secret, les exploits charnels de Casanova sont vus par l’ambassadeur de France, De Bernis. C’est le départ d’une aventure folle qui amènera Casanova un peu partout en Europe.

Fou, grandiose et fantasmagorique, voici les premières pensées qui me viennent à la sortie de ce « … Casanova de Fellini« . Immense film qui s’étale sur deux heures et demi, « Le Casanova de Fellini » est de ces films qu’on ne voit pas tous les jours. C’est une œuvre méticuleuse, détaillée et audacieuse. Une œuvre qui, même si elle tient ses défauts, marque durablement son spectateur.

Fantasmant Casanova, Federico Fellini s’est donc lancé dans un portrait du personnage qui n’est pas vraiment fidèle, d’où sûrement l’idée d’appeler son film « Le Casanova de Fellini« , histoire d’appuyer l’idée que le cinéaste met en scène, son « Casanova ». S’il est vrai que le film est trop long, tenant un rythme qui résonne parfois comme un accordéon. S’il est vrai que le metteur en scène n’arrive pas vraiment à nous captiver et nous tenir sur l’ensemble de son film, il n’en reste pas moins que malgré ses coups de mou, son « … Casanova … » est un film intéressant, surtout dans le portrait qu’il dresse de son personnage. Un personnage assez sombre qui est différent de l’image d’autres Casanova qu’on ait pu voir.

Puis, au-delà de ça, il émane quelque chose de l’ensemble qui fait qu’on reste sans difficulté devant, et mieux encore, Federico Fellini, entre deux coups de mou, arrive à nous divertir, nous amuser, et même parfois nous toucher. C’est entre mésaventures drôles et pathétiques, entre drame, séduction et rebondissements, que le réalisateur nous entraîne dans ces longues années de vie de son personnage et surtout sur « les routes » d’Europe, passant d’une cour à une autre. Si les mésaventures demeurent intéressantes, on notera toutefois une surprise dans le mauvais sens du terme, et ce « …. Casanova … », au vu de son personnage et de sa réputation, n’arrive pas à proposer un film aussi érotique ou romantique que son personnage l’inspire. Ce constat est très étrange, surtout quand on veut parler de Casanova. En fait, si le film est démesuré sur plein d’autres angles, il reste très sage et presque vague de ce côté-là. Pour compenser, entre guillemets, on se rattrape à Donald Sutherland, qui est aussi excellent qu’étrangement intriguant, se cachant sous le fond de teint et les perruques de ce cher Casanova. Si Sutherland est très bon, on regrettera toutefois que le film n’arrive pas à offrir d’autres personnages aussi marquants que Casanova.

« Le Casanova de Fellini« , comme je le disais, est un projet pharaonique et visuellement parlant, c’est une pure merveille. La mise en scène est aussi démesurée que raffinée et surtout, elle est pleine de détails. Costumes, décors, maquillages y sont grandioses. De plus, techniquement parlant, le film est sublime, offrant du grand spectacle, avec de grandes scènes, et un certain sens du romanesque. Sorti de l’imaginaire de Fellini, son film tient aussi un côté complétement fantasmé et irréel. Le réalisateur appuie sur ce côté-là, ce qui transforme son film en une expérience envoûtante. A contrario, comme je le disais plus haut, « … Casanova … » pêche dans son rythme et Fellini, malgré toute l’armada déployée, n’arrive pas toujours à nous passionner, livrant un film souvent bavard. Un film qui traîne et étire plusieurs de ses scènes, ce qui crée des longueurs. Heureusement, sur l’ensemble, Fellini arrive toujours à rattraper le ton et nous offrir souvent de quoi nous retenir et piquer nous curiosité et notre envie d’aller toujours plus loin, d’où cette idée de film en accordéon.

Entre défauts et qualités, « Le Casanova de Fellini » se pose comme une belle œuvre qui, si elle n’arrive pas toujours à être aussi grande qu’on l’imaginait, demeure démesurée, superbe et totalement singulière. « Le Casanova de Fellini » aurait mérité d’être plus court, et il aurait peut-être dû s’aventurer et exploiter d’autres sentiers, mais en l’état, cette vision du personnage par Federico Fellini est assez incroyable et au-delà de ça, le réalisateur nous offre toujours de quoi pousser et pousser l’expérience plus loin, jusqu’à son générique. Bref, moins grande que ce à quoi je m’attendais, je ne regrette cependant pas de m’y être arrêté.

Note : 14/20

Par Cinéted

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