mai 11, 2021

Karaté Kid

Titre Original : The Karate Kid

De : John G. Avildsen

Avec Ralph Maccio, Pat Morita, Elisabeth Shue, William Zabka

Année : 1984

Pays : Etats-Unis

Genre : Action

Résumé :

Daniel quitte le Texas pour s’installer avec sa mère en Californie. A l’école, ses nouveaux camarades de classe l’isolent et le persécutent. Comment faire face ? En se laissant aller à son tour à la violence ? A la haine ? Et ce vieux japonais plein de sagesse, fera-t-il de lui un champion de karaté ? Transformera-t-il sa vision de la vie ?

Avis :

Il est assez étonnant de voir à quel point John G. Avildsen a marqué les trentenaires et les quarantenaires d’aujourd’hui, et qu’il n’a pas forcément la reconnaissance qui lui est due. Il commence sa carrière comme assistant-réalisateur à la fin des années 60, mais il va clairement exploser en 1976 en réalisant le premier Rocky. Chef-d’œuvre inoubliable, vecteur d’une franchise qui continue aujourd’hui, John G. Avildsen ne va cesser de réaliser en changeant de style à chaque fois. Mais c’est en 1984 qu’il réussit un deuxième coup d’éclat, avec, encore une fois, un film sur un sport de combat, Karaté Kid. Plus léger que Rocky, mais non dénué de thèmes et d’intérêt, le film va être un énorme succès, au point de devenir une trilogie, puis une série et de se mettre au féminin avec Miss Karaté Kid.

Aujourd’hui encore, plus de trente ans plus tard, le film trouve une résonance particulière avec la série Cobra Kaï, véritable miracle télévisuel. Mais revenons 37 ans en arrière, et voyons si le film de John G. Avildsen tient toujours la route.

Daniel-San

Quand on s’arrête sur le scénario de Karaté Kid, ce n’est pas tant le côté action et combat qui prévaut, mais bel et bien les personnages, leur vie, leur passé et leur volonté d’avancer et de réussir. Ainsi donc, on va suivre Daniel, un jeune homme qui déménage en Californie avec sa mère et qui va très vite se faire des ennemis, dont Johnny Lawrence, un apprenti karatéka qui a les mêmes vues que Daniel sur une jeune fille. Leur rivalité va pousser Daniel à pratiquer le karaté, pour qu’il puisse se défendre. Il trouve alors comme sensei M. Miyagi, le gardien de son immeuble, qui pratiquait les arts martiaux il y a fort longtemps. L’affrontement entre Daniel et Johnny prendra alors place lors du tournoi des moins de 18 ans. Comme on peut le voir, le pitch ne tient pas vraiment sur les combats et l’action à gogo.

John G. Avildsen va prendre le temps de construire ses personnages et de brasser différents thèmes. Et les personnages, c’est clairement ce qui va être le plus important dans ce métrage. Daniel tient la place centrale. C’est un jeune homme bienveillant, empathique, qui va tomber amoureux de la mauvaise personne à cause de ses fréquentations. Battu, humilié et parfois même rejeté car considéré comme un looser, Daniel va se réfugier dans le karaté. Il apprend auprès d’un homme mystérieux, mutique, mais d’une grande générosité. M. Miyagi est un personnage lui aussi bienveillant, doux et qui se voit comme un père de substitution. Il conseille alors Daniel, lui apporte une sérénité, confiance en lui, tout en expliquant que la violence ne résout rien. Nous sommes face à deux personnages attachants, simples, et totalement crédibles. On peut se projeter à la place de Daniel, par exemple.

Antagonistes et lutte des classes

Si l’on doit trouver un petit point faible sur Karaté Kid, c’est sur les « méchants ». Si Daniel doit faire face à une bande de petites frappes amatrices de karaté, ils ne sont pas assez développés. Johnny Lawrence est un fils de bourge, mais il reste très souvent en retrait et demeure méchant parce qu’il est méchant. Il n’y a pas d’explications sur ses gestes, si ce n’est la jalousie et une arrogance innée. C’est dommage, car on le déteste, mais il reste juste une justification du combat final. Il en va de même avec son entraineur, John Kreese, dont on ne sait que peu de chose et qui aurait mérité un traitement plus profond. D’un côté, cela laisse de nombreuses pistes à explorer, ce que fera la série plus de trente ans plus tard, mais le film aurait gagné en épaisseur avec des méchants plus appuyés.

Cependant, la série se rattrape grandement sur la construction des personnages principaux, à savoir Daniel et M. Miyagi, mais aussi Ami. Le film apporte beaucoup de profondeur aux personnages, racontant ainsi des troubles passés. Le déracinement faire partie de ces thèmes, notamment chez Daniel qui change d’état, ou encore M. Miyagi, troublé par la guerre et ses pertes de repères, pensant souvent au Japon et sa femme et son fils disparus. Le film sait se faire touchant, tout en restant très sobre. On peut aussi parler de la lutte des classes, avec un Daniel pauvre, qui tombe amoureux d’Ami, dont les parents sont très riches. Le film évoque alors la possibilité de se mélanger, même si cela est vu d’un mauvais œil pour les bourgeois. Une lutte des classes qui continue aujourd’hui et qui est encore présente dans la série, plus de trente ans plus tard.

La posture du cygne

Ainsi donc, Karaté Kid n’est pas qu’un film sur le karaté ou les combats, même si le point d’orgue reste le tournoi et la confrontation entre Johnny et Daniel. John G. Avildsen reste très sobre dans sa mise en scène, mais offre de jolis moments et les combats demeurent lisibles. Si on passe très vite pour aller vers la finale du tournoi, il n’empêche que l’on va prendre un malin plaisir à voir tous ces gosses se mettre sur la couenne. Bien évidemment, la toute fin est très attendue et on ne sera guère surpris par le déroulé des évènements, mais il y a une chose à retenir, et elle provient de Johnny. Alors que John Kreese démontre toute sa méchanceté, Johnny donne le trophée à Daniel et le félicite, montrant alors un garçon plus intelligent qu’il n’y parait, et adoucissant son portrait.

Au final, Karaté Kid est un film intemporel. Il s’agit d’un métrage qui marche toujours aussi bien de nos jours, grâce à son travail profond sur les personnages, mais aussi sa volonté d’avoir du fond sur des problèmes de société. John G. Avildsen ne propose pas qu’un film sur le karaté, il propose un film sur les affres de la jeunesse, sur la lutte des classes et sur la force de la bienveillance. Il en résulte dès lors un film riche, attachant et qui n’a pas pris une ride. Bref, un film estampillé jeunesse, mais qui a tous les atours d’un grand film.

Note : 17/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.