octobre 18, 2021

Greta Van Fleet – The Battle at Garden’s Gate

Avis :

Il est assez étrange de voir comment certains groupes divisent les communautés rock. Si l’on devait choisir une formation récente qui soit plait énormément, soit se fait détester, Greta Van Fleet aurait la pole position. Fondé en 2012 autour des trois frères Kiszka, le groupe originaire du Michigan puise ses inspirations dans les années 70 et des groupes tels que Led Zeppelin, pour ne citer que lui. Et l’exemple n’est pas choisi au hasard car on assimile beaucoup la voix du chanteur à celle de Robert Plant. De ce fait, de nombreuses personnes estiment que Greta Van Fleet n’est qu’un ersatz des groupes de la belle époque. Une formation factice qui n’a pas d’identité et qui ne fait que de la resucée mal digérée. Est-ce pour autant un mal ? Ne doit-on pas plutôt féliciter ces quatre jeunes qui reviennent à un son pur, dénué de d’artifices modernes ?

The Battle at Garden’s Gate est le second album du groupe, qui fait suite au très gros succès de Anthem of the Peaceful Army, sorti en 2018, et le groupe était attendu au tournant. Alignant pas moins de quatre titres sur les réseaux sociaux, ce second effort laissait présager le meilleur. Et autant le dire tout de suite, il s’agit-là d’un album qui gagne en maturité à chaque écoute, et qui risque fort de devenir un futur standard dans les années à venir. Tout commence avec Heat Above, qui va vite rentrer en tête. Long mais jamais ennuyeux, technique tout en restant très accessible, le groupe nous régale d’entrée de jeu avec un morceau costaud et sans aucune faille. On trouvera même une pointe de mélancolie dans cette sonorité pourtant engageante. Et que dire des prouesses vocales du chanteur, qui s’en donne à cœur joie sur la fin du titre.

Mais il ne faut pas réduire cet album à ce simple morceau. Car le groupe prouve, si besoin l’en est, qu’il est capable de faire des choses plus simples, et plus directs. A titre d’exemple, My Way, Soon est un excellent morceau Rock qui évoque les tournées et cette volonté de donner de l’énergie à son public. On retrouvera cette envie d’en découdre avec d’autres morceaux, comme Caravel ou l’excellent The Barbarians, deux titres successifs qui étalent tout le talent du groupe pour les mélodies pêchues, tout en gardant une certaine identité. Car oui, même si on retrouve du Pink Floyd dans certaines compositions, du Led Zeppelin, ou même du Free, Greta Van Fleet semble trouver sa voix, nous rappelant que malgré leur jeune âge, les quatre membres comptent marquer de leur empreinte le monde du rock. Et si ce n’était pas déjà fait ?

Car il ne faut pas se leurrer, mais quand un groupe cristallise les avis plus ou moins tranchés en son encontre, en bien comme en mal, c’est qu’il a quelque chose. Surtout quand il s’agit du second album ! Comment ne pas succomber à la montée crescendo et mémorable de Stardust Chords ? Comment en pas trouver une certaine grâce dans le démarrage de Light my Love, et cela malgré son côté sirupeux. Ou encore, comment ne pas applaudir devant la magnificence de Weight of Dreams qui clôture l’album ? Un morceau qui dépasse les huit minutes, qui fait preuve d’une véritable prouesse technique et qui se termine en apothéose avec un solo de dingue. Alors oui, tout cela évoque fortement le groupe de Robert Plant, mais force est de constater que ça marche à plein régime et que ce côté revival fait un bien fou.

Bien évidemment, comme tout album, il y a des failles dans ce nouvel album. Certains titres marquent moins que d’autres, comme par exemple Trip the Light Fantastic. Même si ça reste du très haut niveau, le titre manque peut-être de punch et le chanteur utilise trop ses vocalises dessus. Tears of Rain est une ballade assez classique et qui n’a pas vocation à rester en tête, ce qui est dommage car il y a de très bonnes choses dedans. Et enfin, on peut évoquer le très énergique Built by Nations, porté par des chœurs qui renforcent l’aspect Rock nerveux, mais le morceau n’a pas l’impact d’autres titres de l’album. Alors ce sont de menus défauts qui n’entachent en rien la grande qualité globale de ce second album, qui tape fort, très fort.

Au final, The Battle at Garden’s Gate, le second effort de Greta Van Fleet, est une véritable réussite. Revenant à des fondamentaux qui manquent cruellement dans le rock contemporain, les quatre américains prouvent qu’ils en ont sous la pédale et qu’ils n’ont pas fini de marquer le monde de la musique. Si les détracteurs n’y verront qu’un revival stérile et sans inventivité, d’autres y trouveront un groupe respectueux, talentueux et qui trouve son identité dans un rock qui évoque les années 70 à plein nez. Très clairement, on penche du côté de ceux qui pensent fortement que cet album va devenir un classique et que le groupe va largement perdurer dans le temps.

  • Heat Above
  • My Way, Soon
  • Broken Bells
  • Built by Nations
  • Age of Machine
  • Tears of Rain
  • Stardust Chords
  • Light my Love
  • Caravel
  • The Barbarians
  • Trip the Light Fantastic
  • The Weight of Dreams

Note : 17/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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