janvier 29, 2022

Kill Chain

De : Ken Sanzel

Avec Nicolas Cage, Ryan Kwanten, Enrico Colantoni, Anabelle Acosta

Année : 2019

Pays : Etats-Unis

Genre : Thriller

Résumé :

La vie de trois étrangers se retrouvent impliqués dans un conflit qu’aucun d’entre eux n’était préparé à affronter.

Avis :

Depuis un bon moment déjà, Nicolas Cage n’est plus que l’ombre de lui-même. Grand acteur à la filmographie impressionnante, le neveu de Francis Ford Coppola a bien réussi sa carrière dans les années 90. Que ce soit dans la comédie, le film d’action ou même la romance, Nicolas Cage fait partie du panthéon des acteurs qui ont bercé la jeunesse des presque quarantenaires d’aujourd’hui. Sauf que maintenant, l’acteur semble tourner un peu en rond, Hollywood lui ayant tourné le dos. Suite à des choix plus ou moins malheureux durant sa carrière, le comédien préfère faire de son métier une boulimie difficilement digérable. D’ailleurs, on ne retrouve le nom de Cage qu’à travers des DTV tout perrave ou quelques expériences qui font le buzz dans le mauvais sens du terme.

J’en veux pour preuve ce Kill Chain, thriller apathique qui tient sur un concept scénaristique, mais qui n’a pas les moyens de ses ambitions.

Le concept

Le parti pris de Kill Chain est assez simple à comprendre au bout d’un moment. Après une introduction fatiguée où Nicolas Cage va raconter une histoire à deux types étranges, on va rencontrer deux snipers qui se font la guerre. On suit tout d’abord un homme d’un certain âge qui va se faire descendre, puis ensuite suivre le deuxième sniper, qui récupère des diamants, qui va se faire buter par des flics, pour suivre par la suite les flics, etc… En fait, le titre du film donne l’élément même du concept, à savoir suivre une chaîne de rencontres où l’on délaisse celui qui se fait buter pour suivre soit le tueur, soit la personne qui était avec celui qui se fait buter. Un concept qui a tout pour être intéressant, si tant soit peu les personnages sont intéressants, ce qui ne sera pas du tout le cas.

Kill Chain, c’est donc une histoire de snipers qui veulent remplir un contrat pour empocher des diamants, qui vont se retrouver dans la poche d’un flic, puis dans celle de la nana du flic, mais qui les doit à sa patronne, une mac sans pitié. Comme un récit de rencontres à la Roule Galette (mais si, vous savez, cet album de jeunesse où un renard fait rouler une galette et rencontre plein d’autres animaux qui veulent lui bouffer sa galette !), Kill Chain accumule les personnages, les sur-explications pour convaincre de son concept et l’ineptie d’un final grotesque qui ne tient absolument pas la route. Tout le scénario tient sur son enchaînement, mais rien ne permet vraiment d’y prendre part, de ressentir une quelconque émotion, à cause de personnages superflus.

Le non-concept

Et c’est bien là (et ailleurs, mais on va y venir) que le film pose problème. Tous les personnages sont inutiles, pénibles et sans aucune caractéristique. Dès le départ, on nous met devant un vieux sniper un peu fatigué, dont la seule préoccupation semble être sa fille de quatorze ans qu’il n’a pas vu depuis un bail. On pourrait croire à un mélo pour nous toucher, mais cela est évincé en un coup de téléphone. Par la suite, le deuxième sniper est une crapule hispanique qui va se faire chopper par des flics corrompus. Là encore, les personnages sont imbitables. On aura droit à des engueulades, un règlement de comptes entre les deux flics, puis on va suivre le survivant auprès de sa bien-aimée. Des méchants arrivent, elle s’en sort et court dans l’hôtel de Nicolas Cage.

Et c’est à chaque fois le même déroulé, avec des personnages dont on ne connaîtra même pas les noms. Est-ce voulu ? Certainement. Pourquoi ? On n’en sait rien. Quoi qu’il en soit, entre la redite des séquences et l’aspect impersonnel des protagonistes, il sera difficile de ressentir la moindre empathie. D’autant plus que chaque personnage n’est là que pour remplir une unique fonction, faire passer le sac de diamants. Soit par vénalité, soit par amour, soit par inadvertance, mais chaque protagoniste n’a qu’un rôle et s’y tient comme un robot. Seul Nicolas Cage possède un personnage plus trouble, qui brouille les pistes et qui sera la clé de l’énigme. Une énigme peu complexe, dans laquelle son seul intérêt est de baiser une jolie jeune femme et de faire un gunfight neurasthénique sur la fin. Bref, peu de chose, et cela résume assez bien le film… peu de chose.

Problème technique

Le très gros défaut de Kill Chain, c’est aussi sa mise en scène, son éclairage, sa photographie, bref, tout ce qui touche à la technique. Car si on peut croire au concept de l’histoire, la mise en scène de Ken Sanzel sera catastrophique. La caméra bouge dans tous les sens. Il n’y a aucun savoir-faire dans les différents angles. Il n’y a pas de recherche pour faire un beau plan. Ici, on veut aller à l’essentiel, être au plus près des corps sur des situations qui ne l’exigent pas, et de ce fait, on se perd dans ce maelström de non-maîtrise. En plus de cela, le choix des couleurs sera malhabile, avec des saturations de bleu ou de vert qui n’iront pas avec les situations. En bref, d’un point de vue technique, le film est une calamité à regarder. Tout comme le jeu des acteurs, légèrement à la ramasse.

Au final, Kill Chain partait sur un concept intéressant, avec de l’idée, mais rapidement, le film tourne à l’eau de boudin. Entre des acteurs peu investis, une réalisation complètement à côté de ses pompes ou encore un scénario qui n’arrive pas à poser des personnages intéressants, on se retrouve face à un DTV sans saveur qui mise tout sur la présence de Nicolas Cage. Mais il ne sauvera pas le film, même si c’est lui qui s’en sort le mieux. On se doute que s’il a accepté ce job, c’est parce qu’il se tapait la jeunette de l’histoire. Triste fin.

Note : 04/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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