octobre 25, 2021

Lupin Partie 1

D’Après une Idée de : George Kay

Avec Omar Sy, Ludivine Sagnier, Clotilde Hesme, Nicole Garcia

Pays : France, Etats-Unis

Nombre d’Episodes : 5

Genre : Policier

Résumé :

Il y a 25 ans, la vie du jeune Assane Diop est bouleversée lorsque son père meurt après avoir été accusé d’un crime qu’il n’a pas commis. Aujourd’hui, Assane va s’inspirer de son héros, Arsène Lupin – Gentleman Cambrioleur, pour le venger…

Avis :

Grâce à Netflix, les amateurs de séries peuvent s’abreuver dans quasiment tous les pays. Si l’hégémonie américaine ne fait presque aucun doute, la plateforme de streaming a tout de même réussi à proposer d’autres shows provenant d’autres pays. Et le plus cocasse dans tout ça, c’est que bien souvent, les nouvelles séries qui cartonnent proviennent d’un autre pays que celui de l’oncle Sam. On peut citer en vrac Sex Education, qui vient d’Angleterre, la sur-côtée Casa de Papel d’Espagne ou encore Lupin qui provient de chez nous. Et oui, il est bien loin le temps de dire que la France, c’est Joséphine Ange Gardien. Aujourd’hui, grâce à Netflix (mais aussi Canal+), on peut tenter de produire autre chose que des drames pénibles ou des soaps pour la ménagère de plus de cinquante ans. Cependant, Lupin s’est vite attiré les foudres de certains téléspectateurs. Pourquoi ?

Dans l’ombre de Lupin

Il est compliqué de lister tous les défauts que certains imputent à la série. La plus dégueulasse étant la couleur de peau du héros. Certaines personnes pensent qu’Omar Sy n’a pas sa place dans la peau d’Arsène Lupin. Et ça tombe bien, puisqu’il ne joue pas Lupin, mais Assane, un jeune homme qui s’inspire des livres de Lupin pour commettre des cambriolages, et ici, venger la mort de son père. De ce fait, ceux qui trouvent qu’Omar Sy n’a pas sa place dans le show n’ont clairement pas regarder la série. Une série qui brasse de nombreux thèmes, dont celui de l’immigration et de sa place dans la société. Assane est un jeune homme bien éduqué, mais que l’on voit comme un voyou car il est noir. La série joue constamment sur l’image que renvoie la société, et notamment le fardeau d’une couleur de peau.

Assane, aussi bien enfant qu’adulte, va souffrir de sa différence, mais il va, petit à petit, en faire une force. Il va jouer des conditions sociales, des qu’en dira-t-on et des jugements raciaux pour se faufiler et remonter les strates de son enquête afin de trouver qui à piéger son père. En faisant ainsi, la série joue sur des codes assez intelligents et prônent la tolérance en démontrant l’imbécilité des préjugés et le racisme latent qui règne dans notre société. Au-delà de ça, on va aussi y voir une critique acerbe de notre justice et des puissants qui nous dirigent. Ici, le père d’Assane a été piégé par un riche homme d’affaires, pourri jusqu’à la moelle, mais qui est intouchable de par ses relations et son argent. La série pose alors une question essentielle : sommes-nous tous égaux face à la justice ?

De l’ombre à la lumière

Beaucoup reprochent aussi à la série de ne pas être réaliste et d’être percluse d’incohérences. Parce que les histoires d’Arsène Lupin sont toutes cohérentes et plausibles ? Le fait est que la série est relativement efficace dans son déroulement. Les cinq épisodes s’enchainent très vite et on ne peut reprocher à la série de vouloir entretenir un rythme effréné et de toujours ménager son suspens. L’intrigue, bien qu’assez simpliste, avec cet homme d’affaires irascible, reste rondement menée, avec notamment des policiers dépassés et un Assane qui na plus d’un tour dans son sac. Et c’est là qu’interviennent des personnages attachants et intéressants. Des personnages qui, en plus, relèvent des problèmes récurrents de notre société. A titre d’exemple, on peut parler de la journaliste qui s’est faite détruire pour son livre. Dénonçant ainsi la main mise des riches sur ce qui doit sortir ou non.

Mais on peut aussi citer l’ex-femme d’Assane, qui tente de comprendre les motivations de son ex-mari, dont on sent encore l’amour. Même chez les méchants, on ressent une volonté de travailler le background. La femme du principal antagoniste est par exemple à la fois touchante, subissant les crises de son mari, mais aussi insupportable dans ses secrets et ses non-dits. Par rendre tous ces personnages plus crédibles, plus épais, la série utilise des flashbacks plutôt efficaces, qui ne ralentissent pas le rythme et permettent de donner de l’épaisseur à tous ces personnages. Seuls les flics restent en peu en dedans, notamment celui qui est fan des œuvres de Maurice Leblanc, qui manque d’impact et de cohérence. Reste alors Dumont, le flic qui était chargé de l’affaire quand Assane était petit et qui est mal exploité, ressort pénible d’une intrigue qui peut piétiner.

L’ombre au tableau

Bien évidemment, tout n’est pas bon dans ces cinq premiers épisodes. Le quatrième traine un peu la patte. On aura beaucoup d’incohérences, ou tout du moins des moments qui sont tirés par les cheveux. On se posera des questions sur la plausibilité de certaines situations, qui semblent improbables, mais c’est aussi le jeu de toutes les séries. Qui peut dire que La Casa de Papel est crédible dans ses braquages ? Alors oui, sur Lupin, cela nous sort un peu de l’intrigue, et l’intrigue est bien trop simpliste pour vraiment nous marquer. Mais il n’en réside pas moins cinq premiers épisodes sympathiques au demeurant et sans grande prétention. Si ce n’est sur la réalisation, où Louis LeTerrier impose un œil particulier et une ambition peu commune pour une série française. La réalisation est propre, la photographie est belle, et sur ce point-là, on ne peut rien reprocher au show.

Au final, cette première partie de Lupin est plutôt sympathique. Certes, il ne faut pas s’attendre à trouver quelque chose d’exceptionnel ou de révolutionnaire. La série est assez lisse sur sa violence et son aspect enquête reste très linéaire. Cependant, les thèmes abordés, la qualité de la mise en scène et l’empathie que l’on va ressentir pour les personnages en font une série agréable, à défaut d’être extraordinaire. Et puis cinq épisodes, ça s’enfile vite et permet d’aller à l’essentiel, sans tomber dans des longueurs intempestives. Reste à savoir ce que nous réserve la suite des évènements.

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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