juin 23, 2021

Evanescence – The Bitter Truth

Avis :

Le groupe Evanescence se forme à la fin des années 90 autour de la chanteuse Amy Lee, mais l’histoire commencera vraiment au début des années 2000 grâce à un tube, Bring me to Life. Arpentant le chemin sinueux et sirupeux du métal gothique, le groupe se trouve une place de choix alors que des films comme Underworld cartonne. Le parallèle est vite trouvé et les adolescents un peu dark trouvent un bel exutoire. Le premier album, Fallen, cartonne, et Evanescence se retrouve sur le devant de la scène, même après leur deuxième album, The Open Door. Cependant, les choses se délitent dans les années 2010. Le groupe fonctionne moins bien, le gothique n’est plus à la mode et Evanescence peine à se resourcer. Et cela en prenant en compte les départs successifs de… tout le monde sauf Amy Lee.

Aujourd’hui, la chanteuse est le seul membre du groupe originel. Après une courte pause de six ans, Evanescence revient en 2017 avec Synthesis, un album aux consonances électro qui ne fait pas forcément de bruit. Néanmoins, le groupe n’a jamais vraiment lâché la scène, même durant la pause. Des coffrets et autres ressorties en vinyles et box viendront refaire penser au groupe pour qu’il ne tombe pas dans l’oubli le plus total. Ainsi donc, en 2021 arrive The Bitter Truth, le cinquième album studio de la formation, qui semble ne pas chercher plus loin que le métal gothique déjà éprouvé tant de fois. Mais nous ne sommes pas à l’abri d’une surprise, Evanescence ayant un talent inné pour les belles ballades à tendance dépressive et pour certaines compos simples mais efficaces. Est-ce le cas ici ? Oui et non.

L’album débute avec une introduction un peu timide qui renoue avec l’aspect électro de l’album précédemment, sorti en 2017. Puis survient alors Broken Pieces Shine, qui reprend le rythme de l’intro, avant de lâcher de gros riffs assez lourds. Fait presque surprenant pour Evanescence. Mais cela ne va pas vraiment durer. Dès que la chanteuse commence, les guitares s’effacent presque pour arriver à un refrain finalement random et le morceau restera très classique, peut-être trop. Ce n’est pas mauvais en soi, mais cela reste trop calibré pour vraiment marquer. On sent que le groupe veut se lâcher, mais il est bloqué par son aspect gothique/dépressif et c’est dommage. Il en va de même avec The Game is Over. Le morceau est sympathique, possède une ambiance plus nerveuse que le morceau précédent, mais cela reste enfermé dans un carcan trop connu.

Les riffs sont bons, on pourrait presque croire que le groupe va se lâcher, mais on reste finalement dans quelque chose de trop doux pour réellement marquer. Ce constat, on va le faire durant tout l’album. Ça chante bien, ça reste assez efficace sur un titre, pour détendre, mais à aucun moment on ne se sent impliqué dans le projet. Tout l’album baigne dans une sorte de facilité, une zone de confort qui ne fonctionne qu’un temps. Et c’est un peu triste de dire ça, car on sent que la formation en a sous la pédale, à l’image du très sombre Feeding the Dark, ou encore du plus dense Take Cover qui aurait pu faire sauter dans la fosse. Malheureusement, Evanescence choisit la facilité et ne propose rien de neuf. Pour ceux qui écoutent d’une oreille le groupe depuis ses débuts, rien n’a vraiment changé.

L’évolution n’est pas présente et c’est con. Car avec le talent d’Amy Lee, on pourrait avoir de grandes choses. D’ailleurs, on sent que le groupe reste dans une certaine facilité jusqu’à la structure même de l’album. On retrouve des titres un peu nerveux, mais pas trop, on essaye par moments de livrer quelques sonorités un peu plus dansantes, puis on nous balance une ballade touchante et tristounette. Far From Heaven et le My Immortal de l’album. De ce fait, on se rend bien compte que le groupe est dans la redite et ne cherche pas à faire autre chose. Si on peut sentir un frémissement sur Yeah Right, un peu plus pop que le reste, c’est bien trop timide pour vraiment satisfaire. Alors certes, l’album n’est pas mauvais, les fans y trouveront leur compte, mais on est en droit den attendre plus d’un tel groupe.

Au final, The Bitter Truth, le dernier album d’Evanescence, est à l’image du groupe. Les aficionados de la première heure hurleront de plaisir, quant à ceux qui aiment vraiment le rock et le métal, ils diront que c’est anecdotique. Sans jamais sortir de sa zone de confort, le groupe propose une nouvelle galette sans réelle saveur, avec des paroles bienveillantes qui ne bousculeront rien et des mélodies finalement assez random. C’est d’autant plus dommage que l’on sent les guitaristes prêts à se donner un peu plus, mais le tout s’efface bien vite au profit de la voix d’Amy Lee. Bref, un album qui n’est pas désagréable, mais qui semble provenir des tréfonds des années 2000…

  • Artifact – The Turn
  • Broken Pieces Shine
  • The Game is Over
  • Yeah Right
  • Feeding the Dark
  • Wasted on You
  • Better Without You
  • Use my Voice
  • Take Cover
  • Far From Heaven
  • Part of Me
  • Blind Belief

Note : 11/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.